le Mercredi 4 octobre 2023
le Vendredi 17 avril 2015 10:11 Société

Le mariage a encore la cote au Yukon

L'institution du mariage a encore la cote au Yukon. Photo : Pixabay.com
L'institution du mariage a encore la cote au Yukon. Photo : Pixabay.com

Françoise La Roche

En 1997, le Yukon enregistrait le taux le plus élevé de mariages au Canada, soit 7,5 par 1 000 habitants. En 2004, le taux a baissé à 4,9 par 1 000 personnes, et le Yukon partageait la 7e position avec le Manitoba et la Nouvelle-Écosse. L’institution du mariage a encore la cote ici comme ailleurs. Mais quelles raisons poussent les gens à se marier? L’Aurore boréale a interviewé quatre couples qui ont convolé en justes noces dernièrement. Parmi eux, trois sont des couples exogames composés de femme francophone et d’homme anglophone. La question du mariage a été abordée par les hommes dans ces trois cas.

L'institution du mariage a encore la cote au Yukon. Photo : Pixabay.com

L’institution du mariage a encore la cote au Yukon. Photo : Pixabay.com

Partenaires égaux et libres

Après deux ans de relation, Ketsia Houde a été prise de court lorsque son conjoint lui a dit que le mariage était fort important pour lui et qu’il ne voudrait pas avoir d’enfants avec elle sans se marier. « Pour moi, le mariage était une forme d’oppression du patriarcat pour dominer les femmes et les assujettir comme propriété de l’homme », explique Ketsia.

Elle a alors entamé une réflexion sur la signification du mariage dans les autres cultures. « Cela m’a permis de voir que le mariage a servi et sert toujours comme outil d’assujettissement. Mais que c’est aussi une cérémonie, un rituel qui existe depuis toujours ou presque, et qui peut aussi permettre de protéger les intérêts des femmes, pas seulement les dominer », a-t-elle découvert.

« J’ai découvert un monde de réflexion sur le mariage et le féminisme », poursuit-elle. « J’en ai conclu que le mariage pouvait être aussi une célébration de l’amour et d’un compagnonnage, d’un partenariat. J’ai donc analysé les rituels de la cérémonie et modifié les paroles et les gestes pour que cela rencontre mes valeurs. Je n’ai pas promis obéissance à mon mari et lui non plus. Nos vœux de mariage disent que nous célébrons cette union en partenaires égaux et libres. »

La famille, une valeur importante

Louise-Hélène Villeneuve, pour sa part, s’est toujours dit qu’elle se marierait si c’était important pour la personne avec qui elle accepterait de créer une famille. Ça l’était pour son conjoint. Une fois la décision prise, ils ont réfléchi à ce qu’ils voulaient qu’il ressorte de cet événement.

« Nous voulions prendre un engagement l’un envers l’autre devant nos familles et surtout devant notre communauté. On a aussi formulé nos propres vœux qu’on a partagés devant tous nos invités. Parmi les objectifs, il y a celui de s’engager à faire des efforts supplémentaires pour demeurer ensemble même lors des périodes sombres de notre union », explique Louise-Hélène.

« La famille est une valeur importante pour nous, » ajoute-t-elle. « Nous voulions créer une occasion pour nos familles de passer du temps ensemble et apprendre à se connaître. On a organisé des activités variées avant et après notre mariage pour permettre à nos proches de passer du temps ensemble. Nos parents et amis sont maintenant en contact et se connaissent mieux. »

Une promesse et un engagement

Après trois ans de vie commune, Pierre-Luc Lafrance et Marie-Pierre Vallée ont parlé d’avoir un enfant. C’est à ce moment qu’ils ont envisagé le mariage. « J’ai toujours su que j’allais me marier. Je n’en faisais pas une obsession, mais quand j’ai trouvé la bonne et comme elle aussi croyait au mariage… Pour moi, c’était normal de le faire, je savais que je voulais faire ma vie avec elle », dit Pierre-Luc.

Pour Marie-Pierre, le mariage était « une façon d’officialiser le fait que j’avais choisi Pierre-Luc et que je voulais passer le reste de mes jours avec lui. Au-delà de l’aspect religieux, il y avait toute la question de l’engagement et de l’action concrète pour montrer que j’avais fait un choix. »

Question pratique et symbolique

Russ Knutson a dû faire sa demande en mariage à Claudiane Samson quatre fois avant que celle-ci accepte. « Je me suis dit à la quatrième fois qu’il devait vraiment le vouloir », raconte Claudiane. « Moi, je n’envisageais pas de me marier. Pour Russ, ça fait partie de sa culture, c’est naturel. »

Les deux membres de ce couple ont chacun des enfants issus d’une union précédente. « Techniquement, ça simplifie beaucoup les papiers quand il y a des enfants de chaque mariage. Du point de vue légal et technique, du fait qu’on arrivait avec chacun nos biens et nos enfants, ça simplifiait les choses (de se marier) », explique Claudiane.

À cela, Russ ajoute : « C’était pour les enfants. Notre mariage créait une stabilité pour ces enfants qui ont des antécédents et des parents différents. On voulait créer une unité légale, mais aussi émotive pour qu’ils aient quelque chose de permanent dans leur vie. »

Claudiane et Russ ont échangé leurs vœux sous la structure d’un tipi avec leurs enfants, devant leur famille et leurs amis. « Le tipi était un symbole : c’est rond, chaque branche s’appuie sur les autres. Ça démontre qu’on n’est pas tout seul dans la vie et qu’on se solidifie ensemble », dit Claudiane.