Chaque année, la campagne du mois de mai vise à informer la population sur les notions de consentement et de relations saines, à réduire les préjugés et la stigmatisation envers les survivant·es, à encourager les personnes touchées à demander du soutien et à rappeler que la prévention est une responsabilité collective.
La prévention ne consiste pas seulement à réagir après les faits. Elle consiste surtout à créer des environnements où le respect est normalisé, où les comportements problématiques sont dénoncés et où les jeunes apprennent le plus tôt possible que le consentement ne doit jamais être tenu pour acquis.
Des statistiques parlantes
Une telle prévention demeure essentielle, surtout lorsqu’on examine les chiffres, qui restent alarmants. Selon le gouvernement du Canada, environ une femme sur trois au pays a subi une agression sexuelle depuis l’âge de 15 ans. Les femmes sont presque quatre fois plus susceptibles que les hommes d’être victimes d’agression sexuelle.
Les femmes autochtones sont particulièrement touchées : 46 % d’entre elles ont vécu une agression sexuelle au cours de leur vie, comparativement à 33 % des femmes non autochtones.
Toujours selon le gouvernement fédéral, seules environ 5 % des agressions sexuelles sont signalées à la police au Canada. Chez les femmes âgées de 15 à 24 ans, plus de six femmes sur dix ont déclaré avoir vécu des comportements sexuels non désirés dans un lieu public.
Ces statistiques démontrent clairement l’importance d’un travail constant de prévention et d’éducation auprès de la population. Au Yukon, les réalités vécues rendent cette sensibilisation encore plus importante.
L’importance des organismes communautaires
Face à ces constats préoccupants, le rôle des organismes communautaires est indispensable afin de sensibiliser la population et prévenir les violences sexuelles.
Au Yukon, plusieurs organismes à but non lucratif ont pour mission de soutenir les femmes et de promouvoir la prévention des violences, notamment les Essentielles, le Centre des femmes Victoria-Faulkner et le Whitehorse Aboriginal Women’s Circle.
Ces trois organismes font partie de la Coalition des femmes du Yukon. Les Essentielles et le Centre des femmes Victoria-Faulkner collaborent depuis plusieurs années dans le cadre de nombreuses campagnes importantes touchant les droits et la sécurité des femmes, notamment lors de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, pendant la campagne des seize jours contre la violence fondée sur le genre, ainsi qu’au cours du Mois de la prévention des agressions sexuelles.
Nina Brandelik, directrice des Essentielles, souligne l’importance de cette mobilisation. « Une telle campagne est nécessaire. Si on la refait chaque année, c’est que le problème existe toujours et persiste. Le mois de la prévention permet de mettre en lumière cette problématique, de rappeler aux gens que les violences sexuelles existent et que des ressources sont disponibles pour aider et prévenir. »
Des ateliers pour sensibiliser le public
Afin de sensibiliser le public, plusieurs ateliers et activités sont offerts tout au long du mois de mai. Le 20 mai, les Essentielles ont tenu un kiosque à l’école CSSC Mercier destiné aux élèves. Les jeunes pouvaient participer à des activités ludiques et courir la chance de gagner des prix. « Le côté ludique aide à attirer l’attention des plus jeunes et permet ensuite d’ouvrir la discussion sur ces enjeux », explique la représentante de l’organisme.
Le 28 mai, un « dîner et dialogue » destiné aux parents cette fois, sera également organisé afin d’aborder l’éducation sexuelle des jeunes et les outils permettant de discuter du consentement et d’aborder le sujet avec les plus jeunes.
Le Mois de la prévention des violences sexuelles rappelle que la lutte contre ces violences concerne l’ensemble de la société. Au-delà des campagnes et des activités organisées en mai, le travail de sensibilisation doit se poursuivre toute l’année afin de bâtir des milieux plus sécuritaires et respectueux pour toutes et tous.
Grâce à la collaboration entre les organismes communautaires, ces initiatives permettent d’ouvrir le dialogue, de briser les tabous et de mieux outiller la population. Informer, écouter et soutenir les personnes touchées demeure essentiel afin de prévenir les violences sexuelles et de favoriser une culture du consentement et du respect.
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