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le Jeudi 23 avril 2026 7:58 Sciences et environnement

« Peu de marge de manœuvre » pour la saison des inondations

Le manteau neigeux était encore bien présent à Teslin le 6 avril. Teslin est une des communautés pour laquelle le gouvernement du Yukon a indiqué un risque de crues printanières plus élevé.  — Photo : Laurie Trottier
Le manteau neigeux était encore bien présent à Teslin le 6 avril. Teslin est une des communautés pour laquelle le gouvernement du Yukon a indiqué un risque de crues printanières plus élevé.
Photo : Laurie Trottier

L’importante accumulation de neige cette année au Yukon laisse présager une saison des inondations avec « peu de marge de manœuvre », selon Benoît Turcotte, professeur d’hydrologie à l’Université du Yukon.

Au moment d’écrire ces lignes, le risque de crues printanières était plus élevé pour les communautés de Teslin, Carmacks, Upper Liard, la vallée du Klondike et Ross River, selon le ministère de l’Environnement. Les informations en date du 1er avril indiquent que dix des onze bassins versants du Yukon présentent une accumulation de neige supérieure ou bien supérieure à la normale.

En fait, cette année au Yukon, il est plus facile de nommer les endroits où le risque d’inondations est moindre que l’inverse, souligne le professeur Benoît Turcotte. « À partir de maintenant, on ne veut pas de pluie, des journées sèches et venteuses et un gel la nuit », explique-t-il. Si le chercheur s’attend à des débordements ce printemps ou cet été, ça ne veut pas dire que ceux-ci mèneront à des inondations coûteuses. « Pour le risque d’inondations en termes de dommages, je regarde du côté de Whitehorse », précise M. Turcotte.

Une situation plus critique à Whitehorse

Des records météorologiques ont été battus tout l’hiver au Yukon, et le printemps s’est amorcé dans la même veine. Plusieurs endroits au territoire ont enregistré leur température du mois de mars la plus basse depuis que de telles données sont comptabilisées. Pendant ce mois, Whitehorse a également reçu environ trois fois plus de précipitations que la normale mensuelle, selon le Bulletin des relevés nivométriques et des prévisions du gouvernement du Yukon.

Benoît Turcotte, professeur d’hydrologie à l’Université du Yukon, est au territoire depuis huit ans. Selon lui, le risque d’inondations à Whitehorse est particulièrement préoccupant cette année.

Photo : Laurie Trottier

Avec un record de neige au sol et une fonte retardée, Benoît Turcotte est particulièrement inquiet pour la capitale yukonnaise. « La situation est plus critique que dans les années passées pour la vallée de Whitehorse », mentionne-t-il, en ajoutant que les cycles de gel et de dégel peuvent causer des problèmes, notamment en bloquant les gouttières. Il recommande aux propriétaires de surveiller leurs gouttières et de porter une attention particulière au trajet que parcourt l’eau lorsqu’elle ruisselle, pour pouvoir agir en conséquence.

Selon le gouvernement du Yukon, la débâcle du fleuve Yukon pourrait avoir lieu plus tard en raison du temps froid. Cependant, si le temps change rapidement et les températures chaudes s’enchaînent, cela pourrait faire augmenter le risque d’embâcles, soit des débordements causés par l’accumulation de blocs de glace qui forment un obstacle à l’écoulement de l’eau.

Des communautés à surveiller de près

À Teslin et à Carmacks, Benoît Turcotte indique que le risque d’une inondation en eau libre, soit l’augmentation significative du ruissellement au-delà de la capacité d’évacuation d’une rivière, est plus important qu’à l’habitude. « En regardant les chiffres, on s’est rendu compte que le débit à Carmacks est vraiment bien corrélé avec le niveau d’eau du lac Teslin », relate le chercheur. Le bassin versant de Teslin n’ayant pas énormément d’altitude, la neige est susceptible de fondre rapidement. « On n’est pas à l’abri d’une fonte rapide, avec pluie », ajoute M. Turcotte. Selon le chercheur, il est encore possible d’éviter les inondations dans ce secteur. Rappelons que Teslin a subi des inondations importantes en 2021 et en 2022.

Quant à la rivière Klondike, les données du ministère de l’Environnement indiquent que le manteau neigeux et le débit supérieur à la normale pourraient entraîner des crues printanières plus importantes cette année. « C’est une rivière qui peut réagir très rapidement à cause des pentes », soulève Benoît Turcotte, avant d’ajouter que tant le volume d’eau que la formation d’embâcles peuvent entraîner la montée des eaux à cet endroit. Ce dernier est surtout inquiet pour la communauté de Rock Creek, située à 20 km à l’est de Dawson, établie sur une plaine inondable. Il explique toutefois que le risque d’inondations causant des dommages à Dawson est normalement plutôt bas.

Les données du site sur les inondations du gouvernement du Yukon sont mises à jour chaque semaine. La version française est disponible quelques jours après la publication de la version anglaise. Des informations sur les mesures à prendre avant une inondation pour protéger les habitations y sont également partagées.

IJL – L’Aurore boréale

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