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le Jeudi 20 février 2025 7:43 Sciences et environnement

Soirées découvertes avec l’Institut des sciences du Yukon

Les recherches de Fabrice Calmels portent sur le pergélisol. Ses travaux permettent, entre autres, d’identifier le type de glace qu’on y retrouve afin de mieux prévoir comment le pergélisol pourrait se comporter s’il était exposé à un risque, comme la construction d’une route. — Photo : Michel Duteau
Les recherches de Fabrice Calmels portent sur le pergélisol. Ses travaux permettent, entre autres, d’identifier le type de glace qu’on y retrouve afin de mieux prévoir comment le pergélisol pourrait se comporter s’il était exposé à un risque, comme la construction d’une route.
Photo : Michel Duteau

Depuis bientôt 20 ans, l’Institut des sciences du Yukon (Yukon Science Institute, YSI) organise des présentations au Centre de la Béringie. Rendez-vous des amateurs et amatrices de la communauté scientifique locale, ces événements grand public constituent une occasion unique d’échange avec des chercheurs et chercheuses.

La mission de l’Institut des sciences du Yukon est d’encourager, de promouvoir et de soutenir localement l’avancement des connaissances scientifiques, incluant l’ingénierie, la médecine et les enjeux socioéconomiques. « On fait des présentations à caractère scientifique sur des sujets d’importance pour le Yukon », informe Jean-Paul Pinard, membre du conseil d’administration. Une dizaine de présentations sont offertes chaque année.

Le francophone mentionne que le groupe met de l’avant la recherche locale et reste à l’affût de la venue de professionnelles et professionnels de l’extérieur, lorsque des gens viennent sur place pour collaborer avec l’Université ou présenter à un congrès comme le Geoscience, par exemple. « Souvent, nos bénévoles réussissent à entrer en contact avec eux pour qu’ils viennent présenter », dit-il.

La biologie comme spécialité locale

« Dans les derniers mois, on a couvert la biologie, les oiseaux, les plantes, les insectes », explique Jean-Paul Pinard. Le 19 janvier dernier, par exemple, Kevin White venait présenter quelles stratégies les chèvres de montagne mettent de l’avant pour éviter de s’exposer aux avalanches. Lorsque c’est possible, des présentations sont aussi organisées à l’extérieur de Whitehorse. Kevin White a aussi présenté à Haines Junction dans le cadre des activités du YSI.

Jean-Paul Pinard est membre du conseil d’administration de l’Institut des sciences du Yukon et participe à l’organisation des soirées depuis près de 20 ans.

Photo : Michel Duteau

« Il y a un gars de Haines qui étudie les lynx et qui est venu présenter il y a quelques mois. C’était fascinant d’apprendre que certains individus suivis par télémétrie peuvent couvrir des distances de 2 000 à 3 000 kilomètres. Un lynx suivi par télémétrie est par exemple parti de Tok (Alaska) pour descendre dans Kluane, passer près de Whitehorse et enfin se retrouver aux Territoires du Nord-Ouest », ajoute Jean-Paul Pinard.

L’automne dernier, une présentation a aussi eu lieu sur les libellules du Yukon par Syd Canning, un scientifique de renom ayant déployé sa carrière au Yukon.

Le pergélisol : différents types de glaces aux conséquences spécifiques

La présentation du 9 février dernier a été donnée par le Dr Fabrice Calmels, directeur de recherche sur le pergélisol et les géosciences au Centre de recherche de l’Université du Yukon. Le francophone est venu exposer les résultats de ses recherches sur le pergélisol au Yukon et en particulier sur l’interaction de celui-ci avec les routes. À en juger par le nombre de questions posées par le public, ce sujet engendre un vif intérêt chez les gens du Yukon. « Notre objectif, c’est de toucher la population le plus largement possible, donc on met beaucoup d’emphase sur la vulgarisation », explique M. Calmels.

Fabrice Calmels a ainsi présenté deux exemples où la route de l’Alaska a été sévèrement affectée par la dégradation du pergélisol dans les dernières années. Il a aussi pu exposer les mesures de mitigation déployées. Dans un premier cas, les gens empruntant la route de l’Alaska à l’ouest de Whitehorse auront remarqué des travaux majeurs, où la route a été carrément déplacée. C’est qu’un effondrement majeur s’est formé sur les berges de la rivière Takhini, menaçant de s’étendre et d’emporter la route. Dans un autre cas, des thermosiphons ont été installés le long de la route près de Beaver Creek, afin de refroidir le pergélisol et d’en assurer la stabilité.

Les présentations de l’Institut des sciences du Yukon visent à partager l’information et à encourager des discussions. Pour se tenir au courant des présentations à venir, il suffit de s’inscrire sur le site Web de l’organisation pour recevoir l’infolettre.

Le pergélisol, entre stabilité et vulnérabilité

Étant gelé en permanence, le pergélisol est d’une grande stabilité. Avec l’installation d’infrastructures comme des routes ou en enlevant la forêt pour ouvrir des terres agricoles, le pergélisol peut en revanche être mis à risque. Heureusement, des mesures de mitigation existent pour prévenir sa dégradation.

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