Les élèves recevront tous et toutes un carnet de bord pour le défi à remplir chaque jour.
Le défi 10 jours sans écran tire son origine d’une initiative lancée en 2003 par Jacques Brodeur, enseignant d’éducation physique québécois. Bien que le défi ait davantage gagné en popularité en Europe qu’au Canada, c’est par un article publié dans le journal La Presse qu’il est parvenu aux oreilles de l’École Émilie-Tremblay. « [Une enseignante] m’a approchée en janvier, parce qu’elle avait lu un article sur le projet, et elle disait que ce serait le fun pour faire à l’école », explique Cindy Breton, conseillère pédagogique et organisatrice du projet.
« Comme il s’agit d’un sujet très important pour moi, non seulement en tant qu’enseignante en petite enfance, mais aussi en tant que maman, j’ai décidé qu’on faisait le projet cette année ». Après quelques recherches, elle a donc présenté le projet au personnel. Le projet est rapidement accepté et se met en branle. Du même coup, Cindy Breton y intègre également le Programme Confluence, « Je travaille aussi avec Dawson dans mon métier, et je savais qu’il y avait une enseignante là-bas pour qui le sujet était aussi un intérêt, alors on s’est réunies. »
Qu’est-ce que c’est?
Cindy Breton précise que l’expression « sans écran » vise uniquement l’usage d’écrans à des fins récréatives (jeux vidéo, médias sociaux, télévision, etc.). « Si, par exemple, les parents ont besoin d’envoyer un courriel, ou d’utiliser leur cellulaire pour le travail, ils peuvent encore le faire. »
Chaque élève recevra un carnet de bord pour documenter ses accomplissements. « Pendant dix jours, les élèves collectionnent des points pour chaque fois où ils n’utilisent pas d’écran en allant à l’école, en revenant de l’école, avant et après le souper. Ensuite, il y a un bonus pour la participation du reste de la famille, parce qu’on veut vraiment conscientiser les parents et les inclure dans l’expérience. »
« Le personnel enseignant assurera ensuite un suivi quotidien afin de comptabiliser les points récoltés. Aucune récompense matérielle n’est prévue à la fin du défi. « On veut vraiment que ce soit un parcours personnel, qu’il n’y ait pas de motivation externe, mais que ça vienne d’eux », souligne Cindy Breton.
Conférence pour outiller les parents
Afin de préparer, de conscientiser et d’outiller les familles, Cindy Breton a organisé une conférence éducative. Cette présentation de l’organisme PAUSE a eu lieu le 27 avril dernier et était animée par Carolanne Campeau, conseillère en prévention des risques liés à l’usage des écrans.
La présentation a d’abord dressé un portrait de la problématique à l’aide de statistiques sur la dépendance, avant d’aborder les effets négatifs des écrans. Elle s’est ensuite tournée vers des stratégies de prévention et a proposé une série de conseils concrets pour relever le défi des 10 jours.
Cindy Breton rapporte que le taux d’inscriptions à la conférence était relativement élevé, signe d’un réel intérêt des parents. Plusieurs en effet y ont vu une occasion de mieux comprendre, d’encadrer l’usage des écrans à la maison et de prévenir les méfaits associés aux écrans.
Anne-Marie Leblanc, mère de deux élèves à Émilie-Tremblay, partage que la conférence est venue appuyer une réflexion déjà amorcée. « Mes enfants n’ont déjà pas beaucoup d’écrans, alors [la conférence] est venue confirmer les discussions que nous avions déjà eues en famille. »
Anne-Marie Leblanc, qui a assisté à la conférence du 27 avril pour « chercher l’avis d’un expert » dans le domaine de dépendance aux écrans chez les enfants, confirme que la session a « rempli ses attentes. »
Lutter contre une problématique d’actualité
Médecin de formation, Anne-Marie Leblanc affirme avoir déjà une base de connaissance sur les méfaits des écrans sur le développement des enfants. Elle souligne même que le défi s’aligne avec les priorités et les revendications actuelles au sein de l’École Émilie-Tremblay. « À l’école, on a un [comité techno avec les parents et les enseignants], et ça fait longtemps qu’on pousse contre ce problème et qu’on a envoyé des lettres aux ministères de la Santé et de l’Éducation pour ne plus avoir d’accès aux écrans ou à n’importe quel outil connecté à l’Internet dans toutes les écoles. C’est donc quelque chose de très important pour nous, et je trouve que le sujet de la conférence collait bien avec ça ». De son côté, Cindy Breton considère l’enjeu comme un véritable « problème de société. Il y a plusieurs années, on a intégré beaucoup de technologie dans les écoles et dans la vie des enfants, sans penser à leur développement, et maintenant, on se rend compte que ce n’est pas bon pour le cerveau. »
Objectifs
Cindy Breton explique que l’École Émilie-Tremblay souhaite que le défi sensibilise les élèves et leurs familles à la problématique des écrans et les aidera à développer des stratégies favorisant un usage plus sain des outils technologiques. « On aimerait leur faire voir qu’il y a plein d’autres choses à faire, qu’il est peut-être plus facile de dormir sans écran… On vise vraiment un meilleur bien-être des parents et des élèves dans le domaine ».
Il ne reste donc plus qu’à souhaiter bonne chance aux élèves d’Émilie-Tremblay et de Confluence, du 19 au 28 mai!
Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
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