Tenues le 24, 25 et 26 mars, respectivement à Whitehorse, Haines Junction et Dawson, ces consultations communautaires avaient pour but de définir le modèle du futur campus francophone au Yukon, autour des formations et des formats d’apprentissage les plus adaptés aux réalités des participant.es (hybride, présentiel, bimodal).
Les rencontres ont été animées en français et en anglais par Annie Girard, consultante, et Maurice Chiasson, expert en gouvernance, sous forme de discussions et séances de réflexion. Ces deux personnes connaissent bien le Yukon, ayant déjà travaillé à des projets avec d’autres groupes communautaires francophones au territoire, dont la Commission scolaire francophone du Yukon et Les Essentielles.
Sophie Jacques, gestionnaire Formation à l’AFY, se dit très heureuse de la tournure des événements. « Nous avons eu 20 personnes participantes dans les trois communautés. Les échanges ont été qualitatifs et nous avons pu retirer beaucoup d’information. Les gens ont été très participatifs. Ils avaient beaucoup de choses à nous partager. Nous sommes très satisfaites des résultats qui en sont ressortis et des discussions que nous avons eues, du contenu ». Les organisatrices estiment d’ores et déjà qu’elles en retireront de bons résultats, mais sont pour le moment en attente des rapports de la part des consultant·es.
Trois communautés très différentes
« Nous avons choisi ces trois endroits parce que c’est là que nous avons les plus gros rassemblements francophones. Dawson avait aussi beaucoup de sens avec l’ouverture du Programme Confluence et pour garder cette continuité éducative en français et Haines Junction parce qu’il y a une grande communauté francophone là-bas aussi. C’est également les communautés qui ont le plus répondu au sondage en dehors de Whitehorse », a-t-elle ajouté.
Ces consultations font suite au sondage en ligne sur les besoins en formation en français qui s’est déroulé durant l’hiver. Trois-cent-douze réponses ont été reçues.
Sophie Jacques a trouvé intéressant de voir à quel point les réalités sont différentes à Whitehorse, Dawson et Haines Junction. « Les besoins ne sont pas les mêmes, que ce soit au niveau de la formation en français, au niveau de l’usage que les gens feraient d’un campus, de la manière dont ils veulent apprendre », mentionne la gestionnaire.
Un point en commun est qu’il existe un intérêt positif du public pour un campus, la formation continue et la formation postsecondaire en français. Plusieurs sujets ont été abordés durant les consultations, dont le type de formation souhaitée (créditée et non créditée), l’enseignement en ligne ou en présentiel, les thèmes que le public aimerait retrouver dans les formations et les services offerts sur le campus.
« Ça va vraiment nous aider à développer un campus et des programmes qui sont les plus utiles pour les territoires. Le présentiel a été beaucoup soulevé, donc les gens aimeraient vraiment avoir de la formation en personne plus qu’en ligne. C’est un point qui a été soulevé partout, par tout le monde. Les thèmes de formation sont très larges. L’année préparatoire est beaucoup revenue pour les étudiants qui terminent la 12e année, qui pourraient faire une année ici avant de devoir partir dans le Sud ou de rentrer à l’Université du Yukon », explique Mme Jacques.
Historique du dossier du postsecondaire au Yukon
Pour un petit rappel, l’Association franco-yukonnaise travaille au dossier de l’éducation postsecondaire en français au Yukon depuis le début des années 2000. Des études ont été menées pour mesurer l’intérêt à avoir des formations et des programmes en français.
En 2023, une étude de faisabilité visant à améliorer l’accès aux services postsecondaires en français au Yukon est réalisée et une des recommandations est de bâtir une collaboration panterritoriale.
En 2024, l’AFY, l’Association francophone du Nunavut et le Collège Nordique aux Territoires du Nord-Ouest ont signé une entente pour offrir des programmes et services postsecondaires et une formation continue en français dans les trois territoires nordiques.
Les prochaines étapes
Les données des consultations communautaires et des résultats du sondage au Yukon seront compilées et analysées. Une démarche similaire est en cours aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Les organismes francophones de ces territoires ont fait circuler le sondage et ont entamé une consultation de leurs communautés. Toutes ces données vont être analysées dans une optique panterritoriale. Les résultats de l’analyse globale seront présentés au Sommet sur l’apprentissage, qui aura lieu les 3 et 4 juin à Yellowknife et en ligne.
Les résultats vont servir de base au développement des programmes et du campus pour faire la sélection des formations continues à offrir aux adultes. L’espoir est que tout ce travail mènera à la création d’un campus physique.
L’AFY va également continuer le travail avec la consultante, Annie Girard, pour sélectionner les programmes en fonction des résultats qui seront sortis.
« Nous avons vu qu’il existe un intérêt, que ce soient des adultes ou des élèves du secondaire », conclut Mme Jacques.
IJL – L’Aurore boréale
Le présentiel a été beaucoup soulevé, donc les gens aimeraient vraiment avoir de la formation en personne plus qu’en ligne. C’est un point qui a été soulevé partout, par tout le monde.
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