Le Bureau du défenseur de l’enfance et de la jeunesse du Yukon offre des services bilingues. Anya Braeuner, représentante en défense des droits, et Ian Cooper (sur la photo) peuvent fournir des services en français aux enfants et aux jeunes.
« Nous sommes responsables devant les enfants », résume Annette King, défenseure de l’enfance et de la jeunesse du Yukon.
Le Bureau du défenseur de l’enfance et de la jeunesse du Yukon s’assure que les droits des enfants sont respectés, en suivant la Loi du Yukon et les droits reconnus par l’ONU.
Le Bureau a aussi pour rôle d’examiner les problèmes plus larges dans le gouvernement et l’éducation, pour faire entendre la voix des enfants et des jeunes et protéger leurs droits à tous les niveaux.
« Tous les niveaux du gouvernement sont tenus d’appliquer les droits détaillés dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Et notre bureau est un organisme de surveillance chargé de veiller à ce que cela se produise. La surveillance s’apparente davantage à un rôle de chien de garde. Le gouvernement ne peut pas nous dire quoi faire, mais nous pouvons lui dire quoi faire », nuance Mme King.
Quel rôle joue le bureau?
Annette King insiste sur le fait que le bureau n’est pas un prestataire de services, mais veille plutôt à ce que les services soient fournis.
« Notre service principal est la défense directe, ce qui signifie que nous représentons l’enfant ou le jeune auprès des services gouvernementaux. Cela peut consister à assister à une réunion avec un enfant, à partager son point de vue dans le cadre d’une décision prise. Cela peut être l’examen des dossiers d’un ministère pour s’assurer que les opinions, les droits et les intérêts de l’enfant ont été respectés », complète Anya Braeuner, représentante en défense des droits.
Le bureau joue un rôle de défense systémique. « Nous pouvons décider de procéder à un examen systémique si nous estimons qu’il existe une tendance, une répétition de problèmes individuels », explique Mme Braeuner. « Si nous constatons une répétition de problèmes, il est évident que nous avons des enfants qui présentent des situations similaires. Et nous avons le pouvoir de lancer un examen sur ce qui manque et de formuler des recommandations sur ce qui devrait être mis en place ou ajusté. Ensuite, nous assurerons le suivi de ces recommandations, de leur mise en œuvre. »
Un outil a été mis en place l’année dernière pour suivre les progrès de la mise en œuvre des recommandations que le bureau a faites au gouvernement. « Ainsi, ils acceptent certaines recommandations et nous assurons le suivi de leur mise en place. Nous déterminons si nous sommes satisfaits ou non, et nous identifions les points sur lesquels nous devons continuer à militer », précise Mme Braeuner.
Le bureau offre des services bilingues et diverses ressources dans les deux langues, comme des affiches sur les droits de l’enfant pour les écoles où l’organisme se rend sur invitation.
Études et rapports
Deux examens systémiques sont en cours : l’examen de la mise en œuvre de la politique sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les écoles, demandé par le ministre de l’Éducation, et une étude portant sur la façon dont un divorce ou une séparation affecte les enfants et les jeunes. Cette étude devrait se terminer cet automne.
« Depuis quelques années, nous avons également déclaré que nous suivons de près et que nous allons nous occuper davantage des enfants que nous qualifions d’enfants seuls, sans domicile fixe, qui ne peuvent pas rentrer chez eux ou qui ne veulent pas rentrer chez eux », ajoute Mme King.
Le bureau a également développé des outils, en collaboration avec des superviseur·e·s et des analystes politiques du gouvernement, des Premières Nations du Yukon lorsque le gouvernement décide d’élaborer de nouvelles politiques, de nouvelles procédures ou des lois. « Ce sont des outils qui les guident sur ce qu’ils doivent prendre en compte dans leurs décisions ou dans les mesures qu’ils vont prendre et prévenir les impacts négatifs sur les enfants », informe Anya Braeuner.
Le bureau collabore également avec les Premières Nations du Yukon. « Nous sommes tenus de les informer si nous défendons les droits d’un de leurs citoyens, sauf si la famille s’y oppose ouvertement », précise Mme King.
Tous les rapports ne sont pas publics. Le gouvernement du Yukon a le droit de demander que certaines études ou certains rapports soient confidentiels. « Un seul rapport doit obligatoirement être rendu public, le rapport annuel », informe Mme King.
Pour elle, la loi devrait inclure la publication des rapports afin que tout le travail réalisé par l’organisme puisse être justifié. « Nous avons reçu le soutien des ministères pour publier certains de nos rapports, et c’est ainsi qu’ils ont été publiés, mais si les ministères avaient voulu bloquer leur publication, ils auraient pu le faire, car nous n’avons pas ce pouvoir, ce qui nous prive de notre indépendance », dit-elle.
Elle ajoute « qu’il y a donc beaucoup plus de travail que nous faisons et que nous n’avons pas publié, mais les plus importants ont été rendus publics. »
Qui peut contacter le bureau?
Les principales sources de référence sont les parents et les professionnel·le·s. « Si l’enfant nous dit qu’il ne veut pas que ses parents soient impliqués, mais d’autres adultes ou toute personne qu’il estime être de son côté, nous les impliquerons, informe Annette King.
« Dans l’idéal, nous travaillons avec les parents, car ce sont eux qui connaissent le mieux les enfants, ou une tante, par exemple. Beaucoup d’enfants qui nous sont envoyés ne vivent pas avec leurs parents », constate-t-elle.
« Tout le monde peut donc nous appeler pour signaler un cas, puis nous évaluons si cela correspond à notre mandat. Si cela ne correspond pas à notre mandat, mais qu’il s’agit d’un problème qui concerne les enfants, qui ne relève pas des services du gouvernement du Yukon ou qui ne concerne pas un enfant en particulier, mais les enfants en général, nous pouvons tout de même informer de manière informelle les ministères de la nature du problème et de l’inquiétude qu’il suscite, mais tout est anonyme ou confidentiel », assure-t-elle.
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