le Vendredi 22 septembre 2023
le Jeudi 31 août 2023 7:45 Éducation et jeunesse

Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest : expérience réussie

Les Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest (JFCNO) ont rassemblé des jeunes de 14 à 18 ans vivant dans les provinces et les territoires du Nord et de l’Ouest canadien. — Photo : AFY
Les Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest (JFCNO) ont rassemblé des jeunes de 14 à 18 ans vivant dans les provinces et les territoires du Nord et de l’Ouest canadien.
Photo : AFY
Du 11 au 15 juillet derniers se sont tenus les tout premiers Jeux franco-canadiens du Nord et de l’Ouest (JFCNO) à Victoria. Quatorze jeunes d’expression française du Yukon ont participé à cette édition pour le moins spéciale.

Au total, plus de 200 jeunes de 14 à 18 ans et près de 50 personnes accompagnatrices étaient réunis pour cette première édition des JFCNO. Le Yukon, le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Nunavut ont toutes et tous répondu présent·e·s.

C’est en référence au Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest (PFCNO) que cette édition des JFCNO a été créée. À l’origine, les Jeux de la francophonie canadienne (JeuxFC) devaient avoir lieu en 2020, mais, avec la pandémie, ils ont été reportés puis définitivement annulés. Le but était donc de se détacher des JeuxFC, pour créer une édition de toutes pièces. « Les derniers JeuxFC étaient en 2017, et les prochains seront en 2025, c’est presque deux générations de jeunes qui auraient manqué les jeux », explique Virginie Saspiturry, gestionnaire jeunesse par intérim à l’Association franco-yukonnaise (AFY).

Pour la jeune femme, en participant aux JFCNO, « le but, c’était vraiment de continuer sa francophonie. Le Yukon est isolé par rapport au reste [du pays], alors de faire des voyages et des rencontres, c’est une expérience incroyable », affirme-t-elle.

Durant cinq jours complets, les jeunes ont donc participé à différentes épreuves, allant du sport à l’art en passant par des activités mettant de l’avant les qualités de leadership des participants et participantes.

Un début incertain

La décision de participer aux JFCNO avec la délégation du Yukon a été prise très tardivement. Virginie Saspiturry explique avoir été dans « le flou » un long moment, avec notamment des financements reçus tardivement. « Il y a beaucoup de choses qu’on ne contrôlait pas. On alternait entre bonnes et mauvaises nouvelles, donc beaucoup d’incertitude », avoue-t-elle. La jeune femme précise avoir eu une rencontre avec son équipe, afin de déterminer quel serait le nombre minimum d’inscriptions pour partir. « Je leur ai dit : “honnêtement, un jeune, et on part”. On était très en retard, et je me disais que les jeunes avaient déjà des plans pour l’été, mais au final, on a eu quatorze préinscriptions qui se sont transformées en inscriptions », ajoute-t-elle.

L’équipe d’improvisation de Vincent Bélanger était au nombre de 4, et Christophe Ballet était leur coach.

Photo : AFY

La Franco-Yukonnaise explique également que, pour cette édition-ci, les jeunes étaient mélangé·e·s entre provinces et territoires dans les équipes. « Je me demandais : “mais est-ce qu’ils vont aimer? Est-ce que ça va le faire?”, mais finalement, tout a fonctionné. »

Lorsque « défis » rime avec « solutions »

Bien que les débuts aient été durs, Virginie Saspiturry souligne tout de même le succès de l’événement. « Mon équipe était vraiment fiable, et elle m’a vraiment soutenue. En une semaine, on a tout sorti et on avait l’organisation », confie-t-elle. La jeune femme précise également qu’elle ne connaissait que la moitié des jeunes ayant participé aux JFCNO. Elle se réjouit notamment d’avoir accueilli cinq jeunes de l’immersion francophone dans la délégation du Yukon.

« On s’est tous donné·e·s à 300 % », ajoute-t-elle. Bien que les autres provinces et territoires aient eu plus d’inscriptions que le Yukon, pour la Franco-Yukonnaise, le Yukon « n’était pas ridicule ».

Du côté de deux jeunes de la délégation, Tyler Richard et Avery Kinsella, c’est l’arrivée à Victoria qui a représenté une certaine difficulté. « On devait prendre le bus à l’aéroport pour se rendre jusqu’à l’hôtel, mais il n’y avait pas assez de place pour nous, alors on a dû prendre les bus de ville », explique Tyler Richard, sourire aux lèvres. « C’était une aventure! Mais on a pu voir la ville », complète Avery Kinsella, elle aussi tout sourire.

Une expérience pas comme les autres

Finalement, c’est une édition forte en émotions qu’a vécu la délégation du Yukon. Tyler explique s’être fait des ami·e·s et avoir apprécié les activités offertes. Il affirme avoir beaucoup aimé le concert organisé par les JFCNO : « Il y avait un DJ et du rap en français aussi, alors il y avait quelqu’un pour tout le monde. » Il affirme qu’il participerait de nouveau à ces jeux si l’occasion se présentait.

De son côté, Avery Kinsella explique qu’avoir rencontré beaucoup de personnes de provinces différentes était une expérience hors du commun. L’adolescente qui étudie en immersion affirme elle aussi vouloir refaire les jeux si elle le peut. « J’ai pu rencontrer beaucoup de personnes comme moi [en immersion], c’était vraiment refreshing de voir les gens faire des choses même si on n’est pas francophones », conclut-elle.

Inez Canil, du peuple Inuit, a partagé une partie de sa culture avec la délégation du Yukon.

Photo : AFY

Virginie Saspiturry exprime quant à elle sa fierté. « Je n’aurais jamais pu rêver d’une équipe aussi performante. Ces jeunes peuvent briller et ont une maturité incroyable. Ils représentent le Yukon, et sont fier·e·s d’être francophones […] », assure la jeune femme, qui souligne également que le partage était au cœur des jeux. « On a rencontré Inez Canil, qui vient du Nunavut. Ça a vraiment été un coup de foudre, ça a de suite connecté avec nous », révèle-t-elle. Elle explique par la suite qu’Inez Canil, du peuple inuit, leur a partagé une partie de sa culture en expliquant la fabrication de bannock. « À la fin, on était tous en pleurs, on n’avait pas envie de se quitter. Inez nous a offert une de ses œuvres, celle qu’elle a faite pour les jeux, et je l’ai accrochée dans mon salon. C’est ça aussi les jeux, ce partage-là », conclut Virginie Saspiturry.

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