le Mardi 16 juillet 2024
le Jeudi 1 juin 2023 4:21 Éducation et jeunesse

Une délégation de jeunes du Québec au sommet sur l’égalité des genres

La délégation de LOJIQ a assisté au sommet du Réseau Avenir égalitaire afin d’en apprendre plus sur les actions et les expériences des communautés nordiques en matière de lutte pour l’égalité des genres. — Photo : Laurie Trottier
La délégation de LOJIQ a assisté au sommet du Réseau Avenir égalitaire afin d’en apprendre plus sur les actions et les expériences des communautés nordiques en matière de lutte pour l’égalité des genres.
Photo : Laurie Trottier
Une délégation québécoise a assisté au sommet de l’égalité des genres, qui s’est tenu au Centre culturel Kwanlin Dün, à Whitehorse, les 17 et 18 mai derniers. Pour les quinze femmes aux profils variés, il s’agissait aussi de leurs premiers pas en sol yukonnais.

La délégation de LOJIQ a assisté au sommet du Réseau Avenir égalitaire afin d’en apprendre plus sur les actions et les expériences des communautés nordiques en matière de lutte pour l’égalité des genres.

Photo : Laurie Trottier

La délégation était soutenue par Les offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ), un regroupement favorisant la mobilité des Québécois·e·s. La veille du sommet, le groupe a rencontré des organismes francophones du territoire, dont l’Association franco-yukonnaise (AFY) et le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier.

L’inclusion au Nord du 60e parallèle

Pour la délégation, c’était surtout l’occasion d’en apprendre plus sur les actions et les expériences des communautés nordiques en matière de lutte pour l’égalité des genres. L’aspect intersectionnel des discussions du sommet a plu aux déléguées. « J’ai particulièrement aimé la discussion collective sur les droits reproductifs et l’accessibilité des produits menstruels. Il y avait une belle inclusion des enjeux [de la communauté LGBTQ2S+], de l’accessibilité et de l’approvisionnement dans des communautés éloignées et nordiques. C’était un panel intéressant et très inclusif », mentionne Catherine Meek-Bouchard, étudiante au doctorat en psychologie avec concentration de troisième cycle en études féministes à l’Université du Québec à Montréal.

Florence Bois-Villeneuve, traductrice, s’est dite touchée et honorée du partage d’expériences des gens présents. « C’est tellement généreux, de présenter sa vulnérabilité pour pouvoir avoir des discussions plus profondes, c’est vraiment beau à voir. »

Pour Justine Chénier, responsable des communications au sein du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), le sommet a dégagé des enjeux importants, notamment en matière de stratégie de résistance et de partenariats entre différents organismes.

L’égalité des genres, un enjeu féminin?

Si le sommet à Whitehorse a réuni plus de 200 participant·e·s, peu de personnes s’identifiant comme hommes étaient de la partie. Eve Line Lafond, chargée de projets en développement international pour LOJIQ et accompagnatrice de la délégation, affirme qu’aucune candidature masculine n’a été posée pour participer au sommet. « C’est plus difficile de trouver des hommes. On a à réfléchir à la façon de les inclure et de les sensibiliser », ajoute-t-elle, en précisant que l’homme fait partie de l’équation.

Pour des membres de la délégation, c’est l’éternel combat au sein de leurs organisations au Québec : « Ça remet encore une fois le fardeau de l’éducation sur les femmes. Il faudrait que les hommes se responsabilisent », soutient pour sa part Gabrielle Comtois, responsable à l’analyste des enjeux au RQCALACS.

Laura Lacroix, sexologue au Centre de prévention et d’intervention pour les victimes d’agression sexuelle, croit qu’une partie du problème réside dans le fait que les hommes qui s’impliquent dans ces causes ne sentent pas toujours que cette place leur revient. « C’est un travail collectif de comprendre comment impliquer les hommes », soutient cette dernière. Elle ajoute que le sommet s’adressait à des personnes qui étaient déjà convaincues de l’importance de l’égalité des genres, et qu’il aurait été intéressant d’aller rejoindre des personnes qui ne se sentent pas concernées.

Ramener les discussions au Québec

Le groupe dit avoir été agréablement surpris par plusieurs choses lors de sa visite au Yukon, qui s’est déroulée sous un soleil éclatant. Pour Eve Line Lafond, les élèves du Centre scolaire secondaire communautaire CSSC Mercier qui ont présenté leur club d’inclusion l’auront marquée : « Que des jeunes d’une école secondaire qui ont un comité inclusion viennent nous dire comment ça fonctionne et le fait que le Yukon oblige les écoles à mettre en place des initiatives, ça n’existe pas au Québec, c’est tout nouveau », affirme la chargée de projets.

Pour Catherine Maertens, coordonnatrice en relations gouvernementales et en recherche, les conversations entourant les réalités autochtones ont permis de mettre en lumière des expériences nordiques uniques : « L’emplacement mettait le bon ton pour ouvrir cet espace de discussion », souligne-t-elle. Plusieurs membres de la délégation estiment d’ailleurs que les organismes féministes au Québec, comme ailleurs au pays, manquent encore de diversité, et que cela affecte les interventions et l’agenda de ceux-ci.

« Il y a un examen de conscience très important à faire de l’invisibilisation des autres réalités », souligne Justine Chénier.

Entre 2021 et 2022, 2 172 personnes ont participé à des projets de LOJIQ, dans 43 pays différents.

IJL – Réseau.Presse  L’Aurore boréale