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le Jeudi 15 mai 2025 8:00 Éditoriaux

Engagement

  Photo : Noah Dumaine
Photo : Noah Dumaine

« Engagez-vous, qu’ils disaient »! Cette phrase, tirée des bandes dessinées d’Astérix le Gaulois, vous est-elle familière?

En ce mois de mai, elle résonne plus que jamais, car l’engagement est visible partout! Ces jours-ci (est-ce les beaux jours qui les font rayonner?), les personnes engagées s’activent, luttent, défendent, campagnent, marchent… Ensemble.

Mai a commencé sur une note d’engagement avec de nouvelles personnes élues aux rôles de député·e·s, et avec l’annonce du nouveau premier ministre du Canada. Puis, il y a eu la Journée de la robe rouge, le 5 mai dernier. Une occasion pour les personnes et groupes alliés des Premières Nations de s’engager à leurs côtés pour demander réparation, et pour crier haut et fort l’injustice qui règne encore envers les peuples autochtones.

Pour les dates qui ont marqué l’engagement, citons aussi Mercier en fête, qui a eu lieu le 10 mai. Ce grand succès communautaire rassembleur s’est terminé avec la pièce des élèves du cours de théâtre, qui sont monté·e·s sur scène, bravant timidité et incertitude, parce qu’ils et elles s’étaient engagé·e·s à le faire. Citons aussi la campagne de sensibilisation contre les violences basées sur le genre, qui a lieu pendant le mois de mai.

Partout dans nos communautés, des bénévoles, des employé·e·s, des artistes, des jeunes, des ainé·e·s posent chaque jour des gestes concrets. Ils et elles s’engagent.

Mais que signifie réellement « s’engager »?

S’engager, ce n’est pas seulement dire oui. Ce n’est pas cocher une case, signer une entente ou faire un discours. C’est un début, certes, mais le vrai engagement commence après. Quand on choisit d’être là, quand on choisit de prendre de notre temps pour assister à une marche, à une cérémonie, à une activité ou à une réunion de conseil d’administration.

S’engager, c’est choisir de « faire ». De mettre nos bottines en mouvement, après que nos babines ont déclaré aller dans une direction.

S’engager, c’est souvent devoir « tenir bon ». C’est prendre position, et parfois, c’est aussi être mis·e à rude épreuve.

Bientôt, ce sera la saison des assemblées générales annuelles. En juin, presque tous les conseils d’administration de nos organismes – l’Association franco-yukonnaise, les Essentielles, la Fondation boréale, la Fabrique d’impro, la Société d’histoire – tiendront leurs AGA. C’est le moment où l’appel est lancé : qui veut s’engager? Ces rôles sont souvent discrets, invisibles, parfois même méconnus. Pourtant, ils sont essentiels. Sans bénévoles pour siéger aux conseils d’administration, il n’y aurait pas de gouvernance, pas de décisions, pas de projets. Notre communauté a besoin de ces personnes qui donnent de leur temps, de leur énergie, pour faire tourner la roue. Si l’idée de vous impliquer vous tente, sachez que vous serez accueilli·e, accompagné·e. Et, surtout, que vous ferez une différence.

Il y a aussi les engagements plus solennels. Ceux qu’on prend en politique, par exemple. Les élu·e·s au niveau fédéral ont des responsabilités envers les régions qu’ils et elles représentent. Dans ce journal nous vous proposons une entrevue avec Brendan Hanley, nouvellement réélu comme député du Yukon. Pour les francophones en situation minoritaire, ces engagements doivent se traduire par du financement stable, des lois qui protègent nos droits, et du respect envers nos réalités uniques. Le Yukon n’est pas un coin oublié du pays : c’est un territoire riche, vivant, et avec une francophonie vibrante!

S’engager, c’est aussi une responsabilité partagée dans le monde du travail. Quand on est employé·e, on s’engage à représenter son organisme, son entreprise, à être son ambassadeur ou ambassadrice. On s’engage à s’investir pour le faire rayonner, à prendre soin de notre mission autant que de nos collègues. L’engagement professionnel n’est pas un contrat froid : c’est une relation de confiance, une promesse mutuelle de faire de son mieux. Et ça, ça compte énormément dans les milieux communautaires comme les nôtres.

Il y a 18 ans, des francophones et leurs allié·e·s ont travaillé d’arrache-pied pour créer la Journée de la francophonie yukonnaise que nous célébrons aujourd’hui. Ce n’était pas facile. C’était un acte politique, communautaire, culturel. Cette journée est aujourd’hui une célébration. Mais elle est aussi un rappel : si nous avons une place, c’est parce que nous l’avons défendue. Si nous la gardons, c’est parce que nous nous y engageons. Ce soir sera d’ailleurs remis le Prix de l’engagement exceptionnel. Les personnes qui ont été mises en candidature, bénévoles ou employées, ce sont toutes des passionnées. Ce sont des gens qui ne comptent pas leur temps, qui ne comptent plus les efforts, mais qui continuent d’avancer, un pas à la fois, pour que notre communauté brille, grandisse, rayonne. Alors, à toutes les personnes nommées ou finalistes, je vous tire mon chapeau, de tout mon cœur, et je vous dis un gros merci.

Parce que l’engagement, ce n’est pas qu’un mot. C’est une manière de vivre ensemble, c’est croire en quelque chose, et c’est bâtir, ici, avec d’autres.

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