On aimerait parfois que les choses avancent plus vite. On aimerait atteindre nos objectifs en quelques jours ou en quelques semaines, mais parfois, on se rend compte (avec frustration) que certains prendront sûrement des années pour être réalisés.
C’est le cas de plusieurs enjeux concernant les francophones en situation minoritaire. Ces enjeux peuvent toucher les services à la personne, l’éducation, la culture, ou encore les médias. Ceux-ci prennent du temps et nécessitent de la vigilance et de la persévérance.
Peu importe la vitesse à laquelle on avance, l’essentiel est d’être en mouvement. Du chemin reste à faire, bien sûr. Mais dans un monde où l’on valorise souvent les résultats immédiats, il est parfois nécessaire de s’arrêter un instant pour reconnaître le chemin parcouru. Car célébrer les petites victoires, c’est aussi se donner la force d’aller plus loin.
Des avancées notables
Au Yukon et ailleurs, plusieurs initiatives témoignent de cette avancée tranquille, mais constante.
Des avancées porteuses d’espoir, comme l’application de la méthode Montessori aux personnes atteintes de troubles cognitifs ou qui vivent avec des maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer. Appliquée depuis plus de 40 ans dans de nombreux établissements de santé à travers le monde, la méthode Montessori-Alzheimer (MMA) repose sur des principes essentiels : offrir des choix aux patient·e·s, adapter leur environnement physique et social, et stimuler leurs capacités cognitives par des activités porteuses de sens.
Cette méthode porte ses fruits : les patient·e·s retrouvent une part d’autonomie, et, avec elle, l’estime de soi et le sentiment de dignité.
Notons également une avancée concernant la santé. La Coalition des femmes du Yukon, organisme s’efforçant de faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes, a envoyé une lettre ouverte en janvier dernier à la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Tracy-Anne McPhee, pour partager ses inquiétudes quant à l’inaction du gouvernement du Yukon concernant la gratuité des contraceptifs pour les Yukonnaises. Le gouvernement a finalement écouté son appel à l’action et a négocié un accord bilatéral avec le gouvernement fédéral pour fournir une assurance-médicaments universelle.
Reconnaître le chemin parcouru peut signifier également célébrer la contribution d’une personne à sa communauté. C’est le cas de Danielle Bonneau, qui a été choisie bénévole de l’année 2024, parmi une centaine d’autres personnes, lors du Gala des bénévoles. Cette dernière a été choisie pour sa générosité et son implication au sein des différents organismes francophones. Le gala, organisé un peu plus tôt dans le mois, est une façon de reconnaître l’engagement des bénévoles qui, à leur manière, font vivre la communauté franco-yukonnaise et entretiennent des liens entre ses membres et contribuent donc à sa pérennité.
Vigilance et engagement
Célébrons les avancées, mais restons vigilant·e·s. Restons mobilisé·e·s et exerçons le pouvoir qui est entre nos mains, celui de voter. Cette période électorale est l’occasion de questionner et d’interpeller les candidat·e·s en lice sur les enjeux qui nous tiennent à cœur.
Dans ce numéro, nous proposons plusieurs idées pour nourrir la réflexion et l’échange sur certains thèmes, comme l’éducation, la francophonie ou encore la santé.
Veillons également à ce qu’ils et elles respectent leurs engagements et leurs promesses électorales. Celle du gouvernement du Yukon, par exemple, d’assurer une assurance-médicaments universelle d’ici 2026. On aimerait peut-être que ça avance plus vite et qu’au territoire, les femmes aient accès gratuitement aux moyens de contraception, comme c’est le cas en Colombie-Britannique.
Veillons aussi à nos droits en tant que travailleur ou travailleuse. À ce sujet, le Jour de deuil est non seulement l’occasion de commémorer les personnes blessées ou décédées à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, mais tout simplement le droit de travailler en sécurité, de rentrer chez soi vivant et de reconnaître les blessures invisibles, telles que la douleur chronique et le stress.
Veillons à ce que les élu·e·s tiennent parole, défendent nos droits, et honorent le rôle qui leur a été confié. Les citoyens et citoyennes les élisent pour qu’ils ou elles deviennent nos porte-paroles.
Pour cela, en tant que citoyen·ne·s, aux côtés de nombreux organismes, travaillons de concert et jouons un rôle de vigie pour défendre et faire progresser nos droits. Alors certes, il reste du travail. Des revendications à faire entendre, des besoins à combler, des changements à provoquer. Mais il ne faut pas sous-estimer la puissance des petits pas. Ce sont eux qui, mis bout à bout, mènent aux grandes avancées.
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