Charlie-Rose Pelletier
Charlie-Rose Pelletier
Charlie-Rose est chargée de projet en Égalité des genres à l’organisme féministe Les Essentielles.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Le féminisme, pour moi, c’est une manière éthique de voir le monde. C’est l’égalité des genres. Je pense que c’est la solution à beaucoup de problèmes et d’enjeux sociaux qu’on vit en ce moment. Le féminisme a changé ma vie, ça a mis des mots sur des choses que je ressentais et que je voyais dans ma communauté, dans ma famille. Je pense que c’est une lentille qui nous permet l’égalité de manière concrète.
As-tu un modèle féminin?
J’aime Kimberlé Crenshaw. C’est une grande inspiration féministe parce que c’est elle qui a théorisé l’intersectionnalité et elle est encore super active aujourd’hui, c’est une professeure d’université. Elle a fait beaucoup pour le mouvement féministe afro-américain.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
C’est une journée importante parce que c’est un rappel que les luttes qui ont été faites pour avoir des droits ne sont pas acquises. Ce sont des droits pour lesquels il faut toujours lutter. C’est aussi une journée pour les organisations, pour les mouvements féministes, pour poursuivre cette lutte qui est continue, et pour souligner le fait que, pour moi, ce n’est pas une fête des Mères. C’est une journée où je me remémore que ces droits ne sont pas acquis et qu’il y a des gens qui luttent encore depuis des années.
Mirana Ravalomanda
Mirana Ravalomanda
Mirana est responsable de la communication à la Commission scolaire francophone du Yukon.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Je parlerais plus d’humanisme que de féminisme. On parle souvent des droits de la femme, mais je dirais le droit de l’humain de manière générale sans distinction.
As-tu un modèle féminin?
J’ai deux modèles féminins : Michelle Obama et ma mère.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
Je dirais que c’est un moment dans l’année où la femme est mise de l’avant, plutôt les manquements en matière de droits par rapport à la femme.
Cette journée est importante dans le sens où on pourrait mettre en avant non seulement les choses à améliorer en matière de droits pour les femmes, mais aussi le droit de dire non sur pas mal de choses que ce soit le mariage forcé ou le fait d’avoir des enfants, par exemple. C’est quelque chose d’important pour moi.
Mélodie Simard
Mélodie Simard
Mélodie est membre du conseil d’administration des Essentielles depuis 2021. Elle vit au Yukon de façon permanente depuis 2017.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
C’est comme une manière d’être et une aspiration, où on travaille en fait pour, je ne dirais pas pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, mais plutôt pour promouvoir l’équité, pour qu’on travaille vers un monde où les conditions sont équitables, peu importe ton genre.
As-tu un modèle féminin?
Chantal Hébert comme une source d’inspiration. Elle a su bâtir sa crédibilité comme journaliste par son intelligence et la qualité de son travail, sans pour autant se plier aux doubles standards liés aux apparences.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
Je pense que c’est important d’avoir des moments dans la vie comme des moments de réflexion, où on se dit de façon symbolique que la lutte pour l’équité n’est pas terminée. Puis, le fait de l’avoir sur le calendrier chaque année, c’est comme un rappel que ça existe encore. Ça peut être un moment où les gens prennent un peu plus conscience, puis discutent du bon travail qui a été fait, mais aussi du travail qui reste à faire.
Claire Ness
Claire Ness
Claire est née et a grandi à Whitehorse. Elle est artiste multidisciplinaire. Elle fait du théâtre, de la musique, du cirque. Elle donne également des spectacles d’humour.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Le féminisme, pour moi, veut dire l’égalité entre l’homme et la femme.
As-tu un modèle féminin?
J’en ai plusieurs : Aretha Franklin, Nina Simone, Joni Mitchell, Édith Piaf, Mae West, Brigitte Desjardins, ma mère et ma sœur. Elles sont des performeuses, elles sont courageuses, vaillantes, belles et fortes et leur joie de vivre face aux défis m’inspire. Leur intelligence, leur créativité et aussi leur force à travers leur douceur.
Je travaille de plus en plus avec des femmes dans les groupes de musique et mes équipes de création et je suis ravie d’avoir tellement de femmes importantes dans ma vie.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
Si tu me posais cette question dix ans avant, je pensais que les femmes étaient pas mal égales avec les hommes, mais plus je suis informée de ce qui se passe dans le monde, plus je vois que ce n’est pas le cas. On est chanceuses ici au Canada, au Yukon, mais dans les autres endroits, c’est pas mal la base de ce qui est acceptable. Je pense à certaines femmes aux États-Unis qui n’ont pas le droit d’avorter. Elles n’ont pas de droit sur leur corps, ce qui est la base. Je pensais qu’on était plus avancés que ça.
Capucine Chartrand
Capucine Chartrand
Capucine est gestionnaire du Service personnes aînées à l’Association franco-yukonnaise depuis octobre 2023. Originaire du Québec, elle exerçait les métiers d’herboriste-thérapeute et professeure de yoga.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Le féminisme pour moi, c’est très important. Je pense que c’est un espace où on met en lumière tout l’apport des femmes dans la vie quotidienne, dans la société, dans le travail. Pour moi, le féminisme est inclusif, c’est quelque chose qui est important pour les femmes et les hommes. Je pense que le féminisme est toujours en renouvellement au fur et à mesure que les recherches se font, que la société évolue, que les femmes changent dans toute l’appropriation du soi, de la découverte de son genre, par exemple.
As-tu un modèle féminin?
Ma grand-mère maternelle a été mon premier modèle féminin, Marie des Anges Fortin. Ma grand-mère paternelle aussi. C’est une femme qui est née en Inde, qui est partie étudier en Angleterre, puis elle a immigré au Canada et a marié mon grand-père canadien. Elle a donc vécu sur trois continents. Elle est née en 1911, ce n’était pas tant commun.
Des autrices m’ont aussi beaucoup inspiré, comme Clarissa Pinkola Estés qui a écrit Femmes qui courent avec les loups. Sinon, je côtoie beaucoup de femmes de tout âge. Plusieurs amies, collègues, professeures m’ont également inspirée tout au long de ma vie.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
Je pense que c’est important pour se rappeler que, comme femmes aujourd’hui, on a acquis des droits. Le nom de la journée, c’est la Journée internationale des droits des femmes et, donc, c’est célébrer les droits que nous avons acquis et qu’on doit continuellement se battre pour les garder. Je pense que célébrer les droits de la femme c’est une journée par année et à la limite je trouve que ce n’est pas assez!
Carissa Waugh
Carissa Waugh
Carissa, également connue sous son nom d’Ékè Éwe, en tutchone du Nord, est membre de la Première Nation des Kwanlin Dün et appartient au clan Crow. Elle siège actuellement au Conseil national des femmes de l’Assemblée des Premières Nations, où elle représente toutes les femmes et les filles des Premières Nations du Yukon.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Pour moi, le féminisme, c’est l’égalité. Je me considère comme une féministe. Je crois en l’égalité des droits et des chances pour toutes les femmes et les filles et pour tout le monde. Le féminisme, c’est tellement important, pas seulement pour moi, mais aussi pour mes nièces et les générations futures, pour tout le monde.
As-tu un modèle féminin?
Mon modèle est notre cheffe régionale, Kluane Adamek.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
C’est une journée pour reconnaître et célébrer nos femmes et nos filles et toutes leurs réalisations. En ce qui me concerne, on me demande constamment si j’ai un petit ami ou si j’ai des enfants, alors que je suis bien plus que cela. J’ai fait tellement de choses.
J’ai tellement de réalisations à mon actif et peu importe si je n’ai pas encore d’enfants ou si je n’ai pas de petit ami en ce moment. Je fais des choses extraordinaires pour notre communauté. Je sais qu’il y a tant d’autres personnes, tant d’autres femmes qui font des choses extraordinaires. Nous sommes confrontées à beaucoup de violence latérale dans nos propres communautés. Le simple fait d’avoir cette journée dédiée à la reconnaissance de toutes ces femmes et de toutes les choses extraordinaires qu’elles font, c’est tellement important.
Riley Cyre
Riley Cyre
Riley est âgée de 14 ans et vit à Whitehorse. Elle est également caricaturiste de l’Aurore boréale.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Cela signifie partager les rôles avec les hommes et pouvoir être payé de la même façon. C’est aussi être perçue de la même façon et pouvoir dire que je suis une femme, que je suis fière de l’être, et qu’en tant que femme, je reçois le même traitement que tout le monde. Il n’y a pas vraiment de différence entre les sexes.
As-tu un modèle féminin?
Ma mère, parce qu’elle a été confrontée à une tonne de discrimination sur le marché du travail, ce qui a été très dur pour elle, et cela met vraiment en lumière les différences entre certains postes et certains emplois. Malgré cela, elle a travaillé et elle a réussi à obtenir un bon emploi, et elle ne s’est pas laissée abattre, elle s’est défendue et elle a dit aux gars « hey ». Pour moi, le féminisme, c’est comme les femmes qui découvrent qu’elles ont leurs propres pouvoirs et qu’elles peuvent vraiment aller de l’avant et faire avancer les choses par elles-mêmes.
Pourquoi selon toi la journée du 8 mars est-elle importante?
C’est une journée qui met en lumière le féminisme, qui existe tout le temps, mais le 8 mars, on le rappelle à plus de gens, parce que c’est une journée, même s’il devrait y en avoir tout le temps. Le 8 mars est donc une date qui attire davantage l’attention sur le fait d’être féministe, d’être une femme, et ce jour-là, je pense qu’il donne aux gens et aux femmes plus de voix qu’ils n’en auraient normalement.
Chérie Coquette
Chérie Coquette
Chérie est une artiste burlesque, performeuse, productrice et activiste pour le body positive.
Qu’est-ce que le féminisme pour toi?
Pour moi, tous les types de féminisme devraient être ensemble. C’est important de voir le féminisme comme intersectionnel. Ce n’est pas tout le monde qui a les mêmes privilèges au niveau du féminisme.
Selon moi, le féminisme, c’est que chaque femme ou personne non binaire ou personne qui s’identifie comme femme a la liberté de faire ce qu’elle veut avec son corps, peu importe ses croyances, puis d’arrêter de se juger entre femmes parce que c’est à cause de ça qu’on ne pourra pas avoir l’autonomie de notre corps. C’est faire ce qu’on veut tout en respectant les limites des autres.
As-tu un modèle féminin?
Judith Stein, qui est la légende du burlesque. En 2023, elle est venue donner un spectacle à Whitehorse. Elle a commencé à faire du burlesque dans les années 1970 et elle continue d’en faire. Il y avait beaucoup plus de stigmas sur ce que les femmes devaient faire en ce temps-là. Elle nous disait que les femmes ne pouvaient pas avoir de carte de crédit, par exemple. S’assumer en ce temps-là c’est juste incroyable.
Pourquoi, selon toi, la journée du 8 mars est-elle importante?
On pensait que beaucoup de choses étaient acquises, mais on voit que, dans notre société en ce moment, il y a des reculs sur nos droits et on ne sait jamais quand ça peut changer. Il y a des pays où les femmes avaient beaucoup plus de droits dans les années 1970 que maintenant. Je pense qu’il faut parler plus fort et il faut encore plus s’exprimer. C’est ce que je fais dans le burlesque : d’avoir un corps qui n’est pas nécessairement dans les normes de la société et que je mets sur le stage. Cet effeuillage fait en sorte que je montre un corps tout en beauté et en puissance.
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