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le Jeudi 6 février 2025 7:54 Actualités

Vox pop – Se souvenir de l’apport des personnes noires dans l’histoire

Affiches du Mois de l’histoire des Noirs 2025 — Photo : Gouvernement du Canada
Affiches du Mois de l’histoire des Noirs 2025
Photo : Gouvernement du Canada

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, sept personnes de la communauté noire, chacun et chacune impliqué·e à sa manière, partagent ce que signifie, à leurs yeux, cette commémoration.

Randy Pierre-Louis

Photo : Fournie

Randy Pierre-Louis

Randy vient d’Haïti et s’est installée au Yukon en août dernier. Elle a créé, avec son mari et des ami∙e∙s, un groupe de danse de kompa à Whitehorse.

« Le Mois de l’histoire des personnes noires aide à éduquer les autres nations à comprendre notre origine africaine. Je suis née en Haïti, mais je sais que mes ancêtres viennent d’Afrique. C’est une opportunité qui s’offre à tout le monde de connaître un peu de notre implication dans l’histoire en général. Par exemple, pour les Haïtiens c’est aider les jeunes générations à savoir ce qui s’est passé dans l’histoire, comme l’abolition de l’esclavage. La génération qui est née en Haïti en 2000 ou en 2010 ne sait pas grand-chose. Souvent, ce n’est pas écrit dans les livres scolaires. Alors, le Mois de l’histoire des Noirs aide les jeunes à connaître notre histoire, que ce soit d’Haïti, de l’Amérique latine ou des États-Unis.

Toutefois, je n’aimerais pas qu’on prenne la couleur de la peau comme une initiative pour faire passer un message. Ce serait bien qu’un jour on se dise qu’on est juste humain et qu’il n’y a pas de différence entre les couleurs de peau. »

Jude Eremiokhale

Photo : Fournie

Jude Eremiokhale

M. Eremiokhale est originaire du Nigéria et travaille en tant qu’infirmier à Whitehorse depuis sept ans. Il est également président de l’Association du groupe panafricain au Yukon, organisation qu’il a créée en 2019.

« Le Mois de l’histoire des Noirs est un mois consacré à l’appréciation et à la reconnaissance des immenses contributions des personnes de race noire, des personnes d’ascendance africaine, de leurs contributions à l’environnement au niveau mondial et communautaire. […] beaucoup des contributions de la plupart des personnes d’ascendance africaine dans le passé ne sont pas écrites dans les livres d’histoire ou, même lorsque certaines d’entre elles sont dans les livres d’histoire, elles ne sont pas mises en avant pour que les gens connaissent vraiment ces histoires.

Le Mois de l’histoire des Noirs permet aux gens de commencer à savoir et à comprendre que des personnes de cette race particulière ont contribué au développement du monde dans le passé, et qu’il y a peut-être même des héros que nous ne reconnaissons pas. C’est essentiel de célébrer le Mois de l’histoire des Noirs, pour mettre en lumière certaines de ces contributions. »

Mikhael Missakabo

Photo : Fournie

Mikhael Missakabo

Michael vient de la République démocratique du Congo et vit au Yukon depuis deux ans. Il fait partie de l’Association du groupe panafricain au Yukon. Il travaille à l’Université du Yukon.

« Pendant très longtemps, l’histoire des Noirs a été occultée, travestie. Ce mois est une occasion de faire le point surtout au niveau des nouvelles générations pour essayer de leur rappeler la contribution de personnes d’origine africaine et de le rappeler à la société dans laquelle on vit.

Ce mois est donc très important, car, quand on ne fait pas attention aux choses, on risque de refaire les mêmes bêtises que dans le passé. »

Leonard Boniface

Photo : Fournie

Leonard Boniface

Leonard, originaire de Tanzanie, est l’organisateur du Festival de musique africaine du Yukon depuis 12 ans. Il organise également la conférence internationale du Yukon sur la diversité et l’inclusion pour une troisième année.

« Le Mois de l’histoire des Noirs est très important, non seulement pour moi, mais aussi pour de nombreuses personnes qui se soucient de l’humanité et qui comprennent que nous vivons dans une diversité culturelle, que les gens ont des points de vue différents, etc. Nous avons des points communs et il est très important de connaître les luttes, les succès et la contribution des personnes d’origine africaine. Cela signifie donc beaucoup, parce qu’il y a beaucoup à apprendre des personnes qui ont vécu dans ce pays, dans le passé, le présent et l’avenir.

Et nous sommes le présent et l’avenir, et nous devons apprendre de ceux qui étaient là avant nous, de leurs contributions. Pendant le Mois de l’histoire des Noirs, nous présentons notre culture, mais aussi les personnes que nous considérons comme des héros ou celles qui ont beaucoup contribué au développement du Canada. C’est important de présenter et d’exposer un peu d’histoire, pour que les gens puissent comprendre la contribution des Noirs dans ce pays. »

Staciana Stella Oreste

Photo : Fournie

Staciana Stella Oreste

Staciana Stella Oreste est originaire d’Haïti. Elle a immigré au Canada en décembre 2023 avec sa fille pour rejoindre son mari, qui vivait et travaillait déjà au Yukon. Elle travaille comme adjointe à la direction générale à la CSFY.

« Savoir qu’il y a une journée qui est dédiée à l’histoire des Noirs ici au Canada est d’une grande importance à mes yeux, surtout que je suis originaire d’une république d’anciens esclaves qui ont brisé les jougs de la servitude et battu la plus grande armée de l’époque (armée napoléonienne) en devenant la première république noire indépendante du siècle des Lumières, proclamée le 1er janvier 1804. Cette victoire répandue dans le monde entier à travers les colonies esclavagistes a nourri chez nos confrères esclaves ce sentiment de liberté. Et aujourd’hui, nous saluons le courage et la bravoure de tous nos ancêtres noirs qui ont vécu ici au Canada et à travers le monde pour avoir tracé un chemin fier, digne et respectueux. Une histoire à transmettre de génération en génération.

Cette journée est une commémoration d’espoir pour tous ceux et celles qui viennent de la génération montante, à prendre en main leur confiance en soi et ambition afin de continuer cette bataille non physique, mais mentale. Une journée d’éducation à ceux et celles qui ne savent rien sur l’accomplissement des personnes de peau noire.

Michael Oliphant

Photo : Fournie

Michael Oliphant

Michael vit au Yukon depuis 19 ans. Il a travaillé pendant longtemps au restaurant de sa mère, Antoinette’s, à Whitehorse. Il travaille en ce moment aux sources thermales Eclipse Nordic. En tant que musicien, il a participé au Festival de musique africaine.

« Malgré quelques exemples comme Beyoncé, la plupart des Noirs ont moins de richesses que la plupart des autres habitants du pays ou du continent en raison de leur statut de minorité et du fait que notre histoire a été réprimée pendant longtemps. Et je pense que c’est quelque chose que de nombreuses communautés peuvent comprendre. Même les Premières Nations, les Québécois ont rencontré des difficultés à un moment donné.

Le Mois de l’histoire des Noirs est important, mais ce serait bien si, un jour, nous n’en avions plus besoin. Je dirais qu’en particulier en ce moment, avec le climat politique aux États-Unis et un retour en arrière sur la diversité et l’équité, je pense qu’il est toujours important de se rappeler que l’histoire africaine existe. »

Janel Battour

Photo : Fournie

Janel Battour

Janel vient de l’île Maurice et vit au Yukon depuis deux ans. Il est élève au CSSC Mercier en 12e année. Sa famille et lui vivent à Carmacks et, pour fréquenter l’école secondaire francophone, il est à Whitehorse dans les résidences étudiantes.

« Je pense que le Mois de l’histoire des Noirs est important parce que ça montre que le monde a changé un peu et qu’on prête plus attention à notre culture qu’avant.

Je trouve que c’est bien qu’on a pu mettre en place cette commémoration dans le monde, de mettre de l’importance sur la culture des Noirs. »

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