Vince Fedoroff est arrivé au Yukon à l’âge de neuf ans. Sa famille s’établit d’abord à Dawson, puis à Swift River et, enfin, à Whitehorse.
À 19 ans, à la recherche d’un emploi, il décide d’aborder le directeur du Whitehorse Daily Star. « Je suis allé à un party de Noël en décembre 1973 et j’ai dit au propriétaire du journal que je cherchais un emploi. Il m’a tout simplement répondu ‘‘reviens après le Nouvel An’’ ». C’est ainsi qu’en janvier 1974, il commence sa carrière au sein du journal, en tant que concierge de la salle de nouvelles.
Une carrière dans les coulisses de la presse quotidienne
En quatre ans, Vince évolue au sein de la publication et devient tantôt responsable de la presse, tantôt de la dark room où sont développées les photos. « À l’époque, le traitement des photos prenait beaucoup de temps. C’était un emploi qui me tenait très occupé! Il y avait des appareils spéciaux pour les photos de grandes tailles et on n’avait pas les ordinateurs pour changer les tailles et traiter les photos », se souvient le photographe.
Pendant une quinzaine d’années, il quitte le monde du journalisme. Une période pendant laquelle il séjourne à Vancouver et y occupe différents emplois, notamment conducteur de taxi pour personnes à mobilité réduite. « Ça m’a beaucoup appris et ça demandait de la compassion. Beaucoup de mes collègues ne voulaient pas aider les gens qu’on transportait, mais moi j’aimais ça. Ça ne prenait que quelques minutes, mais ça faisait une grande différence dans la rencontre qu’on pouvait avoir avec ces personnes », confie-t-il.
Il revient au Yukon dans les années 1990 et vit de la musique. Il joue alors de la batterie six soirs par semaine. Puis il reprend un poste au Whitehorse Daily Star.
L’arrivée du numérique a changé son poste de développeur de photos à photographe. Vince Fedoroff a appris de façon autodidacte, à travers des livres, puis grâce à Internet. Si, à ses débuts, il n’écrivait aucun texte, son poste a évolué et désormais, il rédige les légendes de ses photos et fait également du travail éditorial avec le soutien de son rédacteur en chef.
En tout, il aura consacré 34 ans de sa vie professionnelle au Whitehorse Star.
La communauté au cœur de la presse
Le côté communautaire de son emploi au Star est important pour Vince Fedoroff. C’est sans doute la raison pour laquelle il semble être partout, tout le temps. « Je manque beaucoup de choses », affirme-t-il pourtant dans un éclat de rire.
« J’essaie d’aller au plus d’événements possible. Je pense que c’est une bonne chose pour une communauté d’avoir des nouvelles de type communautaire. ». Pour cela, il ne compte pas son temps. « Je ne suis pas bénévole ailleurs, alors je considère que c’est mon bénévolat, d’être au plus d’endroits possible », estime-t-il.
L’avenir du Star
Selon lui, le besoin de nouvelles communautaires écrites est une nécessité pour le Yukon. Il voit d’un bon œil le projet de Max Fraser de lancer un nouveau journal en ligne. « On est rendus là », affirme-t-il.
Il indique qu’il contribuera au projet avec enthousiasme, s’il voit le jour. « De nos jours, maintenir une presse n’est plus rentable », explique-t-il. Le projet d’avoir une publication numérique a beaucoup de sens selon lui.
« CBC fait un peu de nouvelles communautaires, mais tout le monde n’écoute pas la radio ou la télévision et ce n’est pas facile de retrouver les textes en ligne. Le Yukon News en fait, mais il va y avoir un besoin d’avoir de l’actualité communautaire quotidienne », estime le photographe. « Nous avons besoin de plus qu’une source de nouvelles écrites. »
La francophonie dans le cœur de Vince
À la question « Parlez-vous français », Vince répond que non, bien qu’il soit en mesure de dire quelques éléments de base. « Je visite les sites Web francophones et je m’intéresse à la communauté pour savoir ce qui se passe et quels événements aller photographier. Et quand on m’indique qu’il y a un événement à couvrir, je fais mon possible pour y assister », affirme-t-il.
À l’heure d’écrire ces lignes, Vince Fedoroff travaille sur une double page rétrospective, à paraître pour la dernière édition du Star. Il ne serait pas étonnant qu’une composante francophone fasse partie du résultat de son œuvre.
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