Trouver sa place au cœur de la francophonie. C’est sous ce thème que se déroulera, du 1er au 7 novembre, la Semaine nationale de l’immigration francophone (SNIF). Un thème qui résonne bien au-delà des personnes immigrantes. Car, peu importe le pays où l’on est né ou le chemin qui nous a menés ici, sentir que l’on a trouvé sa place est essentiel à notre épanouissement.
Et d’ailleurs, depuis plus de 40 ans, les francophones du Yukon font en sorte que chacun·e puisse trouver sa place au sein de cette communauté linguistique.
Qui n’aura pas entendu parler des petites maisons roses et bleues? À l’époque, les soupers du vendredi prenaient souvent un format « à la bonne franquette ». Tout le monde mettait la main à la pâte, puis se retrouvait autour d’une grande table. Aujourd’hui, les fantômes de cette époque murmurent encore « tire-toi une bûche » aux nouveaux et nouvelles, les invitant à prendre place au sein de cette belle communauté.
Est ensuite venu le Centre de la francophonie et sa grande salle communautaire. Là encore, il y a quelques années, les personnes qui participaient aux activités se retrouvaient souvent dans la cuisine : pour la vaisselle, donner un coup de main ou simplement aller chercher une fourchette. Pas besoin de s’inscrire à l’avance. Les enfants s’amusaient dans le coin jeunesse pendant que les adultes discutaient. Et le terme « café-rencontre » n’était pas qu’un joli nom : ces rendez-vous hebdomadaires rendaient les rencontres inévitables. Les amitiés s’y créaient. Simplement.
Notre communauté a beaucoup changé depuis toutes ces années. Les origines se sont diversifiées, les réalités se sont multipliées et la francophonie s’est transformée avec elles.
Mais dans toute cette effervescence et ce développement, avons-nous su préserver la connexion humaine?
Lorsque je suis arrivée au Yukon, la facilité avec laquelle on pouvait rencontrer des gens m’avait beaucoup marqué. Dans les grands centres urbains, on peut croiser des centaines de personnes chaque jour sans jamais vraiment rencontrer qui que ce soit. Alors qu’ici, la faible densité de population multipliait les occasions de tisser des liens et, en ce sens, cet endroit m’était apparu comme profondément humain.
Trouver sa place dans la francophonie ne signifie pas la même chose pour tout le monde. Pour certaines personnes, ce sera trouver un emploi en français, s’impliquer dans un organisme ou défendre des droits linguistiques. Pour d’autres, les attentes sont plus simples : participer de temps à autre à une activité culturelle, pratiquer le français, inscrire ses enfants à l’école francophone ou simplement leur offrir un cercle social où leur culture continue de vivre.
La francophonie peut être un engagement. Mais elle est aussi, et surtout, une expérience humaine, parsemée de rencontres, de conversations, de souvenirs partagés et d’amitiés qui se créent et se poursuivent. Et c’est justement dans ces expériences-là qu’on commence vraiment à se sentir « chez soi ». Dans ces moments, souvent inattendus, où on trouve une place : un endroit où il fait bon vivre, et où il fait bon être soi-même.
La Semaine de l’immigration francophone, tout comme les nombreuses activités qui vont parsemer le mois de novembre, c’est un peu ça : une série de moments qui permettent non pas de faire valoir un organisme, un logo ou une image de marque, mais de donner l’occasion à des personnes de se découvrir les unes les autres.
Ce mois de novembre, qui amène avec lui les longues nuits hivernales, nous rappelle que nous avons toutes et tous cette force yukonnaise en nous : celle d’accueillir. En toute simplicité. À mesure que l’hiver s’installe, nous avons peut-être encore plus besoin de ces petits gestes qui réchauffent : ouvrir une porte, tirer une chaise, faire une place.
Au-delà de la logistique, des inscriptions et des plans de communication, n’oublions pas l’essentiel : ce qui reste, une fois les lumières éteintes et les activités terminées, ce sont les rencontres, les conversations et le sentiment d’être à sa place. Celui de se sentir bien, tout simplement, au milieu des autres. Et d’entendre, quelque part, cette invitation toute simple, si typique de la francophonie du Yukon : « Allez viens, tire-toi une bûche! »
Bienvenue à toutes et tous, et bonne lecture.
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