Depuis la fermeture de l’école de parapente Yukon Fly Paragliding et l’arrêt temporaire des activités de parachutisme de Skydive Yukon, il était devenu difficile de découvrir le Yukon depuis le ciel. L’école Yukon Eagles Paramotor vient combler ce manque en introduisant une nouvelle discipline au Yukon, le paramoteur.
Gilbert Goulet a appris à gonfler et manier la voile lors de ses premières leçons pour devenir pilote.
Le paramoteur est classé dans la catégorie des avions ultralégers par Transports Canada. Il est composé d’une voile de parapente et d’un moteur léger entraînant une hélice. Gilbert Goulet a tenté un vol en tandem, c’est-à-dire avec l’instructeur, cet été. « On pense tout le temps que la sensation de voler, c’est très intense. […] Puis finalement, aussitôt que le vol a commencé, c’était vraiment très doux », commente-t-il.
Selon l’instructeur Alexandre Leveugle, cette douceur dans le vol s’explique par la présence du moteur qui permet de s’affranchir des thermiques. « Pour voler plus longtemps, les parapentistes prennent les thermiques, mais ça bouge beaucoup… Quand tu rentres dans un thermique, ça monte. Quand tu sors d’un thermique, boum, tu descends. […] En paramoteur, on va voler le matin ou le soir, quand c’est calme », explique-t-il.
Découvrir le Yukon sous un autre angle
Le paramoteur est une discipline qui se veut inclusive, et qui permet à n’importe qui de s’envoler dans les airs. Contrairement au parapente, la logistique de vol est beaucoup plus simple avec un paramoteur : un cercle de 60 mètres de diamètre au sol et l’équipement nécessaire au vol suffisent. « En un quart d’heure, tu peux être en l’air, en train de voler, et aller te balader dans le coin », détaille Alexandre Leveugle.
En parapente, il faut généralement partir d’un point en hauteur, ce qui peut nécessiter plusieurs heures de randonnée avec son matériel sur le dos. Avec le paramoteur, il est possible de décoller d’un point, puis de revenir à ce même point, rendant la discipline accessible à tout le monde. D’autant plus que le sport peut se pratiquer depuis un chariot plutôt que sur les jambes. « Si quelqu’un avait mal un peu aux genoux, à la hanche, ou tu vois, qui aurait de la difficulté à courir, il peut s’asseoir sur un petit chariot. Et c’est le même principe. Il roule. Et puis, il va décoller », complète l’instructeur.
Devenir un pilote autonome
Si l’école Yukon Eagles Paramotor offre des vols de découverte en tandem, sa vocation est de former de nouveaux pilotes autonomes. Séduit par son vol de découverte, Gilbert Goulet a souhaité devenir élève pour obtenir son permis de pilote d’avion ultraléger. « On dirait presque que la voile faisait partie de moi. Contrairement à un avion, où je suis assis dans quelque chose que quelqu’un contrôle, là, on dirait que j’étais uni avec le ciel, et j’ai adoré », se souvient-il.
L’élève a déjà suivi quelques leçons consacrées au gonflage et au maniement de la voile. Il lui reste encore plusieurs étapes à franchir pour devenir pilote, notamment réussir l’examen écrit de Transports Canada, accumuler, sous la supervision d’un instructeur certifié comme l’est Alexandre Leveugle, un minimum de cinq heures de vol, et effectuer au moins 30 décollages et atterrissages.
Après cinq mois d’opération, Alexandre Leveugle se dit satisfait de l’accueil que son école a reçu auprès de la population yukonnaise, mais aussi de touristes. Selon lui, il a reçu plusieurs demandes de personnes qui sont motivées pour devenir pilotes. « Certains sont venus faire des baptêmes. Maintenant, ils veulent continuer. Mais ça coûte quand même le prix de la formation. Puis, il faut acheter le matériel pour pouvoir aller voler. […] Et financièrement, les gens n’avaient pas prévu », confie-t-il.
Avec l’hiver qui arrive, les occasions de vol vont se faire plus rares entre le froid et l’humidité, mais Alexandre Leveugle continue de faire la promotion de son école en prévision du printemps prochain.
Gilbert Goulet a d’abord fait un baptême. Il a volé en tandem avec l’instructeur Alexandre Leveugle dans un chariot, avant de commencer sa formation de pilote.
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