Ce qui devait être au départ un simple rassemblement pour les amateurs et amatrices de plantes est en train de devenir un rendez-vous incontournable pour les passionné·es de nature.
Les 18 et 19 juillet prochains, le Centre communautaire de Mount Lorne accueillera la deuxième édition du Festival des plantes du Yukon. Cette fois-ci, la Guilde des plantes, organisme organisateur, a vu plus grand. Il y aura davantage d’ateliers, plus de temps pour les échanges ainsi que la possibilité de camper sur place.
Pour Angelune Drouin, herboriste et organisatrice de l’événement, cette croissance est le reflet d’une envie commune de rassembler des personnes qui ont un intérêt particulier pour les plantes et la nature.
« Les billets de l’année dernière se sont vendus en l’espace d’une semaine seulement. On s’est rendu compte qu’une seule journée ne suffisait pas », explique-t-elle.
Cette année, l’événement devrait accueillir environ 130 personnes, soit la capacité maximale du site. En plus des ateliers, les gens pourront profiter d’un déjeuner, d’un dîner-bénéfice et d’un concert en soirée.
Une passion qui rassemble
« Si le festival attire autant de monde, c’est qu’il répond à un besoin de connexion entre passionné·es de nature », estime Angelune Drouin.
« Les gens ont soif de connaissances. Ils veulent apprendre à reconnaître les plantes qui poussent autour d’eux, savoir comment les utiliser et échanger avec d’autres personnes qui partagent cet intérêt », explique-t-elle.
Le festival réunit ainsi des spécialistes issu·es de différents horizons. Certain·es travaillent avec les plantes médicinales, l’alimentation, les arts ou encore la biologie.
« Ce qui est beau, c’est que tout le monde arrive avec une expérience différente, mais les plantes sont un point de rencontre », ajoute l’organisatrice.
Selon elle, l’intérêt suscité par le festival démontre l’importance de partager les connaissances liées aux plantes yukonnaises et à la culture du territoire. Au Yukon, le jardinage et la culture des plantes présentent des défis particuliers en raison des conditions climatiques nordiques, ce qui oblige une adaptation à son environnement. Cette réalité favorise le développement d’un savoir unique et d’un lien étroit avec le territoire.
Sylvie Binette, présentatrice lors du festival, qui ramasse des morilles.
Découvrir ou redécouvrir ce qui entoure
Parmi les présentatrices de cette année figure Sylvie Binette, résidente du Yukon depuis près de quarante ans et fondatrice de l’entreprise Heavenly Wild.
Après avoir animé une marche très populaire lors de la première édition, elle offrira cette année deux activités : une promenade consacrée aux plantes comestibles et un atelier portant sur les techniques de conservation des récoltes.
Pour elle, l’intérêt des plantes dépasse largement le cadre du jardinage ou de la cuisine.
« Nous avons perdu beaucoup de connaissances sur ce qui pousse autour de nous », estime Mme Binette. Pourtant, il existe une abondance de ressources dans notre environnement, que ce soit en pleine nature ou en milieu urbain. »
Au fil des années, sa passion pour la cueillette lui a permis de développer une meilleure connaissance du territoire et des saveurs locales.
« J’aime l’idée de savoir exactement ce que je mange et d’où cela vient. Pour moi, ça fait partie de la souveraineté alimentaire. »
Elle souhaite également encourager les participant·es à porter un regard différent sur certaines plantes souvent considérées comme indésirables.
« Beaucoup de ce qu’on appelle de mauvaises herbes ont en réalité des propriétés intéressantes et une vraie place dans notre alimentation ou notre bien-être. »
Des ateliers variés proposés
Parmi les autres ateliers, Kawina Robichaud, chercheuse en mycotechnologie et en bioremédiation, proposera deux ateliers distincts. Le premier portera sur la bioremédiation et expliquera pourquoi les champignons sont des candidats idéaux pour aider à dépolluer les sols contaminés. Le second se concentrera sur l’étude des saules et sur la façon dont cet arbre particulièrement résilient a une place essentielle dans notre environnement.
« L’idée est de créer des solutions naturelles et pérennes avec la nature qui nous entoure », explique Mme Robichaud.
« La vannerie avec le saule est un très bel exemple. On utilise la nature pour créer quelque chose d’utile et de beau qui est 100 % biodégradable. » Elle ajoute « c’est ancré en nous. Il y a quelque chose de très réconfortant à travailler avec des matériaux naturels. »
Au-delà des ateliers et des activités proposées, le Festival des plantes du Yukon se veut avant tout un lieu de rencontre et de partage. En réunissant jardiniers et jardinières, cueilleurs et cueilleuses, herboristes et personnes curieuses de tous horizons, l’événement contribue à faire vivre des connaissances intimement liées au territoire et à renforcer les liens entre les personnes qui le cultivent et l’habitent.
Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.