Pendant près de trois ans, Stéphan Poirier a siégé au conseil d’administration (CA) du Réseau de développement économique et d’employabilité Canada (RDÉE Canada), un organisme national qui soutient le développement économique des communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire à travers le pays.
Le conseil regroupe des représentants de toutes les provinces et tous les territoires — à l’exception du Québec, où la majorité francophone rend ce type de structure moins nécessaire. « On met un chapeau yukonnais autour de la table », résume Stéphan Poirier, qui avait pour rôle de faire valoir les réalités et les priorités du territoire.
Porter la voix du Yukon
Son implication s’inscrit dans la continuité de son engagement communautaire, lui qui a également siégé huit ans au conseil d’administration de l’Association franco-yukonnaise (AFY). C’est grâce à cette implication qu’il a développé les compétences et le réseau qui l’ont mené à occuper ce rôle national, prenant la relève de Josée Belisle et Jean-Pascal Ladroue.
Au sein du RDÉE Canada, il a défendu des enjeux clés pour le Yukon, comme la petite enfance, l’immigration et la rétention des talents. « On travaille fort pour que les services en français soient maintenus et respectés », explique-t-il. Son rôle consistait aussi à participer aux discussions sur le financement et les orientations stratégiques et à renforcer les liens entre régions.
Pour Edith Bélanger, directrice du développement économique à l’AFY, « le RDÉE Canada est une fédération nationale qui assure une vision concertée du développement économique francophone. La présence d’un représentant du Yukon est essentielle. Stéphan portait nos enjeux avec sa lentille yukonnaise tout en participant aux discussions nationales. »
Elle souligne que le rôle des administrateurs ne consiste pas à « tirer la couverte » pour leur région, mais à participer à une réflexion collective. « Les enjeux varient d’une région à l’autre. Au Yukon, la francophonie est en croissance. Cela implique de soutenir cette vitalité, notamment par la rétention des talents francophones. »
Selon elle, le développement économique joue un rôle central, mais il ne peut agir seul. « Chaque organisme a un rôle à jouer. Il faut un écosystème pour soutenir la francophonie. On ne peut pas s’asseoir sur nos lauriers : il faut continuer à offrir des services en français et à renforcer nos capacités. » Elle ajoute « qu’être à ces tables permet d’être entendus. Les retombées au Yukon sont concrètes : renforcement des capacités, avancées politiques, initiatives locales. Seul, l’impact serait moindre. »
Elle salue aussi l’engagement de Stéphan Poirier. « C’est exactement ce qu’on attend d’un membre de conseil : quelqu’un de profondément engagé, qui prend ses responsabilités au sérieux et veut faire une différence. »
Stéphan Poirier a passé trois ans au conseil d’administration du RDÉE Canada.
Un engagement bénévole soutenu
Au-delà des dossiers, c’est surtout l’expérience humaine que retient Stéphan Poirier. « J’ai beaucoup appris. C’est beau de voir la francophonie ailleurs au pays », confie-t-il. Ces échanges lui ont permis de mieux comprendre la réalité du Yukon en la comparant à d’autres territoires.
« Parfois, on pense que la francophonie n’est pas assez forte ici, mais quand on regarde ailleurs, ça remet les choses en perspective », ajoute-t-il. Il rappelle que « le Yukon est le troisième endroit au Canada où on parle le plus français, après le Québec et le Nouveau-Brunswick ». Ces rencontres ont créé une véritable solidarité entre membres du réseau. « Il y a une fraternité qui se développe. On visite les autres, voit des entreprises francophones, s’inspire des bons coups. »
Cette collaboration facilite le partage d’idées et de solutions concrètes pour soutenir les entreprises et services en français. Au Yukon, cela se traduit par un appui à des initiatives locales et à des milieux de travail francophones, comme certaines structures en petite enfance.
En parallèle de ses activités professionnelles, entrepreneur dans la construction et enseignant en sécurité avalanche, Stéphan Poirier consacrait environ vingt heures par mois à son rôle bénévole au sein du CA.
Son mandat, qui se termine en juin, marque la fin d’un cycle qu’il décrit comme « une très belle expérience. Ça va me manquer. L’équipe est forte, et j’aurais continué sans hésiter », affirme-t-il.
Pour la suite, Stéphan souhaite continuer à s’impliquer dans sa communauté, même si la forme que prendra cet engagement reste à définir. Un retour éventuel au sein de l’AFY n’est pas exclu.
Quoi qu’il en soit, son passage au RDÉE Canada a renforcé sa compréhension des enjeux de la francophonie canadienne et son attachement à celle du Yukon. « Ça m’a permis de mieux comprendre où on se situe et de voir tout ce qu’on accomplit ici », conclut-il.
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