On n’y manquera pas!
Ce n’est pas qu’on ne l’a pas vu venir : les décorations sont quand même là depuis mi- décembre dans les magasins… Eh oui! L’arrivée du mois de février s’accompagne inévitablement du retour de la Saint-Valentin!
À Whitehorse, cette célébration, somme toute devenue très commerciale, s’intègre d’une manière unique au paysage culturel local en coïncidant joyeusement avec les festivités du Yukon Rendezvous, le festival d’hiver. Cette superposition d’événements, qui ont lieu un peu partout en ville, nous offre une excellente raison de revêtir nos plus beaux atours. C’est le moment de sortir les décolletés plongeants, bretelles de choix, plumes et cire à moustache pour impressionner nos crushs (pour citer la jeune Éloïse, qui a répondu au vox pop spécial Saint-Valentin que nous vous présentons en page 15). Notons qu’on peut aussi tout à fait sortir tout notre bel attirail simplement pour se faire plaisir!
Depuis la nuit des temps, cette période a toujours été propice à regarder avec optimisme et avec espoir vers le réveil de la nature. Si on plonge dans les lointains abysses des célébrations humaines, mi-février a d’ailleurs souvent coïncidé avec des cérémonies de la fertilité. Valentin n’est pas né de la dernière pluie! Il a en réalité été inspiré des Lupercales, ces fêtes romaines du renouveau et de la fertilité. Imbolc, célébration païenne de début février, symbolise aussi ce moment suspendu qui promet que l’hiver va finir par finir, que les plantes vont finir par revenir, et que le vert va bientôt reprendre le dessus sur le noir et blanc.
L’amour, le renouveau et l’optimisme sont dans l’air, et ça fait du bien!
Cette année, à Haines Junction aussi, l’hiver sera célébré en grand. Cabane à sucre et activités familiales seront de mise pour la seconde édition du rassemblement multiculturel de la Yukon Literacy Coalition.
Et le retour de la lumière est aussi mis en valeur un peu partout au territoire : jusque dans les salles de cinéma avec le Festival de films Available Light; en extérieur à Dawson, avec (S)Hiver, qui met à l’honneur la créativité hivernale; ou avec des concerts doux et coquins, comme celui de BandShe, qui se tiendra dans le plus vieux bar de Whitehorse, l’éternel 98.
Les occasions de sortir de nos cabanes sont nombreuses. Et oh! combien en avons-nous besoin ces temps-ci!
Car, où que l’on regarde, l’équilibre est difficile à trouver. Sortir le nez de nos écrans et des nouvelles internationales devient plus que nécessaire, ne serait-ce que pour respirer un peu ensemble.
L’hiver est long, les journées restent courtes, et le quotidien, lui, n’a rien de léger. Les factures d’électricité, notamment, tombent sans prévenir et donnent un goût amer à cet hiver que nous souhaitions tant chérir…
Dans ce contexte, les petits gestes de solidarité comptent plus que jamais.
Et, par-dessus le marché, l’actualité locale dénonce justement le manque de solidarité communautaire de la part de l’Université du Yukon. Comme le soulignait une caricature du Yukon News, si l’esprit de communauté était une discipline sportive, les juges ne donneraient pas une bonne note à l’établissement! À presque un mois des Jeux d’hiver de l’Arctique, il a annulé sa participation en tant que fournisseur de repas et de lieu de compétition pour les Jeux.
Bien sûr, on peut supposer que les raisons sont complexes. Mais, dans notre communauté nordique, de tels événements sont bien plus que des rassemblements sportifs. Ce sont des rendez-vous collectifs, des moments où l’on se rassemble, où l’on se serre les coudes, où l’on montre au reste du monde ce que signifie vivre ici — avec courage, avec créativité, avec chaleur humaine. Souhaitons que des solutions, créatives et collectives, voient le jour à ce sujet…
D’ailleurs, il n’est pas trop tard pour s’inscrire comme bénévole pour les Jeux!
Car c’est peut-être justement cela, le fil conducteur de ce mois de février : nous rappeler que l’hiver est plus facile quand on le traverse ensemble.
Que l’on ait ou pas un Valentin ou une Valentine, février reste le temps de l’espoir et du renouveau cyclique de la vie. La lumière revient, doucement, mais sûrement. Et avec elle, une invitation à chercher de la douceur, à se tourner vers les autres, nos ami·es, nos familles, nos crushs.
Et parlant de douceur, saviez-vous qu’un câlin de plus de 20 secondes peut réduire le stress, faire baisser le cortisol, et stimuler l’ocytocine — cette fameuse hormone du lien et de la confiance? Autrement dit : faire une belle colle à quelqu’un, c’est presque une stratégie de survie nordique!
Alors, en cette saison de Rendezvous, de Saint-Valentin, de festivals, de musique et de lumière croissante, prenons quelques moments pour s’offrir un peu de solidarité et… un peu de chaleur humaine.
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