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le Jeudi 12 février 2026 7:42 Sports et loisirs

Une nouvelle fois 100 milles pour la Yukon Odyssey

Benjamin Boucher Simard participera à sa première course avec son équipe actuelle. Le but est de prendre du plaisir pour que tout le monde, chiens et humains, soit content de prendre le départ de la Percy DeWolfe le mois prochain. — Photo : Whitney McLaren Photography
Benjamin Boucher Simard participera à sa première course avec son équipe actuelle. Le but est de prendre du plaisir pour que tout le monde, chiens et humains, soit content de prendre le départ de la Percy DeWolfe le mois prochain.
Photo : Whitney McLaren Photography

Pour la deuxième année consécutive, la course de traîneau à chiens Yukon Odyssey est organisée par la musheuse Louve Tweddell. S’étirant sur 100 milles entre les lacs Taye et 37 Mile dans l’arrière-pays de Mendenhall, elle accueillera 15 attelages le 28 février prochain.

Louve Tweddell est l’organisatrice de la Yukon Odyssey Race. Pour elle, le plus important pour une course de traîneaux à chiens est de fournir une belle piste aux mushers et à leurs athlètes canins.

Photo : Fournie

L’idée de mettre sur pied cette course de traîneaux à chiens est née de conversations entre Louve Tweddell et son compagnon, afin de combler une lacune dans le calendrier actuel des courses de moyenne distance.

« On trouvait qu’on était tellement supporté dans le passé par différentes organisations, qu’il y avait des courses, une fois par mois, de différentes distances… Alors on a décidé de créer une course pour aider un peu à sauver le sport, mais aussi pour organiser un événement communautaire un peu moins compétitif, plus amical, si on veut », explique Louve Tweddell.

Passer du côté de l’organisation

Depuis plus de vingt ans, Louve Tweddell pratique le traîneau à chiens. Au fil de sa carrière sportive, elle a participé à de nombreuses courses, dont plusieurs formats de la Yukon Quest. Depuis l’année dernière, elle organise la Yukon Odyssey. « J’ai été bénévole sur plusieurs courses. J’ai grandement apprécié l’expérience. C’est pour ça que ça a été naturel de créer notre propre événement », se souvient-elle.

La distance de la course s’est vite imposée grâce à la popularité du 100 milles auprès de la communauté du mushing. Louve Tweddell a dû s’entourer pour mener à bien son objectif. « On est vraiment chanceux. C’est notre famille et nos amis qui nous aident beaucoup. Par exemple, ma mère va être la personne chargée de faire la nourriture, de s’occuper des mushers et des bénévoles. Mon père fait la piste et ma belle-mère assure la coordination de l’événement », détaille la jeune femme.

Mais il y a tout de même du temps à investir pour développer des partenariats ou trouver des commandites. « Côté sponsors, c’est toujours un défi, pour la simple raison qu’on est encore une course extrêmement jeune. Alors, les gens ne sont pas nécessairement sûrs du succès de notre événement. Mais on a de très bons commanditaires, certains qui sont revenus de l’année passée! », indique la musheuse.

Tirer les leçons de la première édition

En 2025, Louve Tweddell avait décidé de limiter la participation à dix attelages de huit chiens. Cette année, ce sont quinze équipages qui devraient s’élancer le 28 février prochain. « L’année dernière, c’était notre première course, on voulait s’assurer qu’il y avait de l’intérêt des mushers, mais aussi qu’on pouvait offrir une belle expérience pour tout le monde », confie-t-elle.

Le succès a été au rendez-vous et il a été décidé d’augmenter le nombre d’attelages sur la ligne de départ, notamment pour permettre l’accueil d’équipes situées hors du Yukon.

Le tracé de la course consiste en deux allers-retours avec un camp de base proche de la propriété familiale de Mendenhall, Echoes Kennel Adventures, où un repos de quatre heures est imposé aux attelages. « À 25 milles d’ici, il y a un lac à gauche [Taye Lake] et à 25 milles d’ici à droite, il y a un autre lac [37 Mile Lake]. Alors, on a juste décidé qu’on tournerait de bord aux lacs. […] Depuis chez nous, on a accès à des pistes de motoneiges, mais c’est quand même un effort continuel d’avoir une belle piste », explicite Louve Tweddell.

Avec un départ de course en milieu de journée, Lori Tweddell compte retenir un peu ses chiens dans un premier temps pour éviter qu’ils ne surchauffent, puis de les laisser plus libres à la nuit tombée.

Photo : Fournie

Deux francophones parmi les attelages

Lori Tweddell et Benjamin Boucher Simard s’aligneront sur la ligne de départ de la Yukon Odyssey. S’il s’agit de la deuxième participation de Lori, Benjamin découvrira le tracé pour la première fois. « L’année passée, j’ai fait mes débuts en distance pour Michelle Phillips. J’ai entraîné sa deuxième équipe de course, puis j’ai fait la Copper Basin, et la Yukon Quest 450 », présente-t-il.

Installé à Mount Lorne, Benjamin Boucher Simard participera à sa première course avec ses propres chiens. L’entraînement est adapté à l’âge de sa meute : « J’entraîne le plus que je peux. Le soir, quand je reviens de travailler, les fins de semaine. J’essaie de monter la distance progressivement. J’ai une équipe de jeunes, donc on a un entraînement pas trop poussé », note-t-il. Pour lui, l’important est de finir la course avec des chiens heureux. « C’est la première fois qu’ils vont être à côté d’autres attelages, qui vont être dans un sentier qu’ils ne connaissent pas. Le but, c’est avoir une bonne expérience pour être sûr que tout le monde finit en santé », précise-t-il.

Même son de cloche pour Lori. « Moi, je ne suis pas vraiment une musheuse compétitive, comme on dit. Si je termine avec tous mes chiens sur l’attelage et qu’ils sont encore de bonne humeur, je vais être bien contente ». Si les chiens de Lori sont plus âgés et donc plus expérimentés que ceux de Benjamin, il n’en reste pas moins qu’elle anticipe un défi de taille. « L’année passée, il y a quand même eu des endroits où il y avait de l’overflow, où l’eau était un peu ouverte, comme une creek. Ça a défoncé un peu, vu qu’il faisait chaud. Ça, c’est notre plus gros défi, car mes chiens ont peur de l’eau », avoue-t-elle.

Pas de Yukon Quest en 2026

Après plusieurs mois d’incertitude, le couperet est tombé le 8 janvier dernier par une annonce sur les réseaux sociaux : il n’y aura pas de Yukon Quest au Yukon cette année. En cause, une dette de l’organisme de plus de 30 000 $. Pour Louve Tweddell, la course commençait à perdre son essence depuis quelques années. « Le changement de piste en 2025 causa la perte de bénévoles, de commanditaires et d’intérêt auprès de mushers. […] Mais il y a surtout un manque d’implication dans le comité qui, au cours des dernières années, changea complètement et ne comptait plus que quelques membres », argumente-t-elle.

Mais personne ne pensait que la course pouvait simplement être annulée. L’annonce a donc été reçue comme un coup de massue auprès de la communauté, qui s’est vite mobilisée pour tenter de faire renaître cette course mythique dès 2027.

Murray Lundberg, bénévole de longue date pour la Quest, et Harry Kern, musher chevronné, ont pris les rênes de l’organisation de l’assemblée générale annuelle de l’organisme qui aura lieu le 17 février prochain. Soutenus par Frank Turner, deux fois vainqueur de la traditionnelle 1 000 milles Yukon Quest, les deux hommes ont espoir de reconstruire l’événement. « Nous bénéficions d’un soutien énorme, et la passion qui anime le groupe de travail que nous venons de former est exaltante », révèle Murray Lundberg.

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