S’ajoutant aux congés de maternité, de second parent et d’adoption, il ne remplace pas le congé parental, dont les modalités restent inchangées.
L’objectif du gouvernement français est d’aller vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes et de permettre à l’enfant de grandir dans de meilleures conditions dès ses premiers mois.
Cette période est reconnue par de nombreuses études, dont celle de la commission des « 1 000 premiers jours » présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik et regroupant 18 experts de spécialités différentes, comme fondamentale pour le développement et la santé globale de l’enfant.
« Dans la vie d’un enfant, comme dans les débuts d’une vie de parent, ce sont les moments importants », exprime Pascale M., institutrice française et mère d’une petite fille de neuf ans.
« Il est essentiel pour moi que les congés parentaux soient longs afin de rester avec l’enfant », affirme également Claire Picouet, mère au foyer canadienne, d’origine française, d’un enfant de huit ans.
De son expérience, Désirée Ghosn, Néoécossaise d’origine libanaise, mère de deux adolescents et coordonnatrice du programme HIPPY d’apprentissage pour les parents de jeunes enfants, assure que : « Dans certains pays [où] le droit de la femme, le droit de la maman a un congé de maternité qui est vraiment protégé, c’est quelque chose de positif. »
Le congé supplémentaire de naissance répond aussi à l’appel d’Emmanuel Macron, lancé en janvier 2024, à un « réarmement démographique » pour augmenter la natalité face au déclin de la fécondité, incluant des mesures de lutte contre l’infertilité.
À cette époque, il avait déjà exprimé son intention de réformer le congé parental et suscité la polémique. De nombreuses associations féministes avaient en effet critiqué le caractère réactionnaire de ses propos.
Toutefois, certains élus politiques avaient apprécié l’idée d’une meilleure rémunération des congés de naissance, sans pour autant adhérer à une politique nataliste.
Selon Désirée Ghosn, « si le congé de maternité est vraiment prolongé et, pendant ce congé-là [la mère] a accès aussi à un salaire ou bien une paye, ça va beaucoup soulager le fardeau [familial] », lié à l’arrivée d’un enfant.
En Nouvelle-Écosse, les employés peuvent bénéficier d’un congé de maternité et d’un congé parental avec protection de l’emploi. Non rémunérés et ne pouvant excéder 77 semaines, ils donnent toutefois droit aux prestations de maternité ou parentales de l’assurance-emploi offertes par le gouvernement fédéral.
Ces dispositions ne sont pas les mêmes partout au Canada.
Au Yukon, par exemple, les employés ayant travaillé 12 mois consécutifs bénéficient de 17 semaines de congé de maternité, puis de 63 semaines de congé parental. L’employeur n’est pas dans l’obligation de payer l’employé pendant cette période, mais il peut lui offrir des prestations salariales.
Si un parent souhaite prendre à la fois le congé de maternité et le congé parental, il doit les prendre successivement et sans interruption.
De l’autre côté de l’Atlantique, les congés parentaux changent également selon les pays, y compris dans le cadre de l’Union européenne.
En Suisse, les congés parentaux sont rémunérés et obligatoires, avec 14 semaines pour les mères et deux pour les pères.
Néanmoins, de nombreuses entreprises accordent souvent des périodes de congé plus longues.
« La rémunération est meilleure en Suisse et nous savons que c’est un des éléments [cruciaux] d’avoir une bonne rémunération du congé, parce qu’autrement [les parents], surtout les pères, ne le prennent pas », soutient Nadine Hoch, directrice de la Commission fédérale pour les questions familiales en Suisse.
La Finlande, qui fait partie des pays précurseurs en Europe sur le sujet, propose depuis longtemps des quotas de congé plus longs. Actuellement, chaque parent dispose d’environ six mois, dont deux mois et demi peuvent être transférés à son partenaire.
« Ces quotas réservés semblent être l’outil permettant d’accroitre le partage égalitaire du congé parental entre les parents », observe Anneli Miettinen, de l’Institut finlandais d’assurance sociale, spécialisée dans les congés familiaux et l’égalité de genre.
« Quand tu as un congé de maternité qui est assez prolongé et où tu te sens aussi soutenue financièrement, et que tu sens qu’il y a une garantie qu’après ton congé de maternité, tu peux retourner au travail et avoir ton poste qui est bien réservé à toi, ça soulage beaucoup », assure Désirée Ghosn.
Une opinion que partage également Pascale M. : « Je me dis que peut-être que de leur allonger pour tous, ça évitera aussi de creuser encore les inégalités au travail des femmes et des couples. »
Toutefois, elle rappelle qu’« il faut pouvoir économiquement aussi se le permettre. »
C’est pourquoi, dans un contexte économique déjà compliqué, Claire Picouet désapprouve la mise en place de ce nouveau congé. « La vie coute cher, c’est pas le moment pour le gouvernement d’alourdir les caisses sociales. »
De son côté, Désirée Ghosn, davantage favorable à la réforme, estime qu’« il faut assurer tous les moyens et toutes les ressources pour que le foyer, qui reçoit un nouvel enfant, soit vraiment bien équipé et alléger le stress. »
Et, comme le souligne finalement Pascale M. : « Pour l’enfant, ça ne favoriserait qu’un meilleur développement et une meilleure relation avec ses parents. »
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