En octobre dernier, Kluane Adamek a terminé son mandat de cheffe régionale à l’APN pour le Yukon, poste qu’elle exerçait depuis 2018. Selon elle, les valeurs telles que l’empathie, l’intégrité et l’authenticité ont guidé son implication au sein de l’organisation visant à défendre les intérêts des Premières Nations à travers le Canada.
C’est désormais Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon (CPNY), qui assume les fonctions de cheffe régionale de l’APN. Cette fusion entre les deux rôles vise à « simplifier la gouvernance, à réduire les dédoublements et à renforcer la représentation nationale et politique », peut-on lire dans le communiqué de presse du CPNY du 26 juin dernier. Une évaluation de ce nouveau modèle de gouvernance est prévue pour l’an 2026.
La jeunesse et le leadership comme mots d’ordre
Au-delà d’une vingtaine de sommets avec des chef∙fe∙s des Premières Nations et d’une centaine de réunions avec des représentants fédéraux et représentantes fédérales, la plupart des contributions dont Kluane Adamek est la plus fière concernent la jeunesse et le leadership. Ce n’est pas un hasard. « Je n’en reviens pas que je me suis présentée aux élections de l’APN à seulement 31 ans », confie en riant Kluane Adamek, qui est la plus jeune élue à avoir occupé le poste de cheffe régionale. « Il y aura toujours une partie de moi engagée pour la jeunesse. C’est là où je me sens le plus ancrée. Toutes les décisions que nous prenons maintenant ne sont pas pour nous, mais pour la prochaine génération », souligne-t-elle.
Cette dernière est notamment derrière « Our Voices », un collectif de leaders autochtones du Nord qui s’attarde au suicide ou aux enjeux de santé mentale et de bien-être chez les jeunes.
Sous sa direction, le bureau yukonnais de l’APN a organisé une célébration pour reconnaître et honorer le succès des étudiant·e·s autochtones du Yukon qui ont terminé leurs études postsecondaires. Dans la même veine, les Prix régionaux de leadership des Premières Nations du Yukon ont été développés afin de souligner les accomplissements des membres de celles-ci.
La « vision de la reconnexion », soit le plan d’action pour la lutte climatique des Premières Nations du Yukon et l’événement « Gathering in Gratitude », visant à réfléchir au travail de représentation effectué par le bureau régional, sont d’autres des points marquants des dernières années pour Mme Adamek.
Après sept ans en poste, Kluane Adamek a terminé son mandat de cheffe régionale à l’APN pour le Yukon en octobre dernier.
« Dis-le, même quand ta voix tremble »
Quand on lui demande ce qu’elle aurait fait de différent, Kluane Adamek prend une longue pause. Selon elle, les prochains mois seront justement l’occasion d’y réfléchir. Cela dit, ne pas avoir peur de l’opinion des autres demeure l’une de ses ambitions pour ses prochains engagements. « Je crois fermement à la phrase “dis-le même quand ta voix tremble” », illustre-t-elle.
C’était le cas lors des discussions entourant la résolution 13 à l’APN, qui vise à combattre la discrimination systémique et la violence fondées sur le genre et l’orientation sexuelle au sein de l’organisation. « J’ai dû puiser dans mes ressources et trouver du soutien », souligne-t-elle au sujet de cette période difficile.
La résolution a mené à la publication d’un rapport soulignant notamment que près de 60 % des répondant·e·s ont été témoins de discrimination, de violence et d’intimidation à l’APN ou lors d’événements en personne ou en ligne.
Une pause… mais de grands projets en cours
Plusieurs la voyaient se présenter aux élections du CPNY ou aux élections territoriales. « Avant de me lancer à la quête d’un nouveau poste d’élue, je veux prendre le temps de penser aux contributions que je veux faire », explique la leader qui parle couramment le français. « Je ne ferme pas la porte pour le futur, mais, pour l’instant, je prends une pause. »
Une pause selon ses standards, car celle-ci poursuit tout de même ces autres engagements, notamment au sein du Programme de leadership autochtone du Centre Banff et du Conseil consultatif autochtone du Bureau des grands projets au niveau fédéral.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, a annoncé une série de projets d’« intérêt national », qui suivront un processus d’approbation simplifié et accéléré, dont des projets miniers et d’exportation de gaz naturel liquéfié. « Le Conseil se réunira plusieurs fois cet hiver et offrira une approche plus nuancée », confirme Kluane Adamek. « Notre façon d’envisager les grands projets est souvent axée sur le pétrole, le gaz ou les mines. Or, à mon avis, nous devons élargir notre perspective. »
IJL – L’Aurore boréale
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