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le Jeudi 9 octobre 2025 7:51 Société

Giulia Cinzia Cecchi, tisseuse de liens à Dawson

Giulia Cinzia Cecchi à Dawson. — Photo : Gwendoline Le Bomin
Giulia Cinzia Cecchi à Dawson.
Photo : Gwendoline Le Bomin

Depuis son arrivée dans la région du Klondike, Giulia Cinzia Cecchi crée des ponts entre les communautés et les générations. L’amélioration des conditions de vie communautaires est une mission qui lui tient à cœur.

Giulia Cinzia Cecchi entretient un lien étroit avec Dawson depuis son enfance. « J’ai grandi avec plein d’histoires de Dawson », affirme-t-elle d’emblée. « Le meilleur ami de mon père était géologue et tous les deux venaient cueillir des champignons ». En effet, son père et son ami se rendaient chaque année dans la région. Ce dernier a d’ailleurs été le premier à créer un site Internet de sites d’exploration miniers de la région.

D’une mère cantonaise et d’un père italien, Giulia a grandi à Vancouver et a appris le français à l’école d’immersion. Après le secondaire, elle s’est rendue plusieurs fois à Dawson, puis est allée en Italie étudier la médiation culturelle et a obtenu une maîtrise en développement local.

Arrivée pour la première fois à Dawson en 2014, elle s’y installe de manière permanente en 2022.

Lien avec les Premières Nations

Ayant un attrait pour les langues, Giulia apprend le hän en ligne avec le Yukon Native Language Centre (YNLC). « J’ai fait quatre cours en ligne, puis j’ai été coenseignante ». Elle enseignera alors le hän pendant trois ans à l’École Robert-Service « où les élèves ont montré un réel enthousiasme pour cette langue », dit-elle.

Aujourd’hui, elle met ses compétences au service de la communauté au sein du gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in en tant que responsable des relations avec les locataires.

« J’ai ouvert des portes que personne n’a pu ouvrir. Je fais présentement un travail que le gouvernement du Yukon croyait destiné à une personne autochtone. Et donc, j’ai brisé beaucoup de perspectives. Ça a ouvert les portes à tout le monde. »

Pour elle, il est important de créer un lien avec les membres de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in. Ces dernières années, elle s’est investie pour gagner leur confiance, notamment à travers son expérience au sein de l’école et maintenant dans le secteur du logement. « J’ai eu la capacité de créer des rapports et des liens », mentionne-t-elle.

Un lien et un attrait qui datent depuis ses études à l’université. « Pendant mes études à l’université, on a eu des cas qui étaient avec des Autochtones d’ici au Canada [lors de son échange en Belgique]. Et puis, aussi, en Italie, une des professeures de séminaires a étudié à McGill et elle travaillait avec les Autochtones. »

Redonner à la communauté

Giulia Cinzia Cecchi apprécie particulièrement l’esprit de communauté à Dawson et ne pense pas repartir de sitôt.

« On est au milieu de nulle part ici, mais c’est vraiment cosmopolite », partage-t-elle. « Tout le monde est vraiment ouvert d’esprit. C’est le West Coast, je pense. C’est vraiment relax. Dawson donne aussi plein d’opportunités pour les jeunes. Et puis, c’est l’hiver vraiment que j’adore ici parce que c’est comme un grand pyjama party. Je trouve aussi que les personnes sont vraiment gentilles les unes avec les autres. »

« J’adore la nature ici », poursuit-elle. « J’adore les étoiles, les aurores boréales. C’est toujours rose ou pêche. Ça, c’est la palette des couleurs pendant l’hiver. »

À l’avenir, la jeune femme souhaiterait venir en aide aux membres de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in. « Cette Première Nation m’a tellement donné et je voudrais lui redonner. C’est la réciprocité », conclut-elle.

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