La Société d’histoire est née d’un désir de prendre en charge le patrimoine franco-yukonnais de façon plus spécialisée, explique Yann Herry, président de l’organisme. « Il est dans le mandat de l’Association franco-yukonnaise, mais avec tous ses dossiers, il était seulement possible de faire des projets pour des anniversaires, alors certaines personnes ont trouvé que ce serait important d’avoir une société qui serait centralisée sur la promotion et la conservation du patrimoine francophone du Yukon. »
La Société a officiellement été lancée lors d’une première assemblée générale annuelle (AGA) en 2021. Depuis, elle poursuit plusieurs objectifs, dont « mettre en valeur l’histoire et le patrimoine francophone du Yukon », « favoriser l’accès à la communauté pour les générations futures » et « contribuer à la sauvegarde du patrimoine historique de la francophonie yukonnaise. »
Éducation et conservation
Pour Yann Herry, le travail de la SHFY se divise en deux grands volets : l’éducation et la conservation. Il explique : « Pour moi, l’histoire est au cœur de l’existence de la francophonie au Yukon et de ses institutions. C’est important qu’elle soit connue, en particulier par les générations montantes et les nouveaux arrivants. […] »
L’histoire est au cœur de l’existence de la francophonie au Yukon et de ses institutions. C’est important qu’elle soit connue, en particulier par les générations montantes et les nouveaux arrivants.
Charles Turgeon et sa femme Maisie. La Société d’histoire francophone du Yukon a créé 17 panneaux de femmes et d’hommes francophones qui ont contribué au développement du Yukon.
Il souligne également l’importance du travail d’archivage. « Pour la conservation, ce qui se passe souvent, c’est que les gens quittent le Yukon et amènent leurs choses avec eux, alors ça ne devient plus disponible. Il arrive aussi que les familles de pionniers yukonnais un peu partout dans le monde cherchent un endroit où léguer leur patrimoine, mais n’en trouvent pas, alors c’est important de créer un espace pour eux ». Cet aspect de conservation du patrimoine est d’ailleurs ce qui attire plusieurs bénévoles à la société. « L’histoire et le patrimoine ont toujours suscité de l’intérêt dans la communauté, et on n’a jamais manqué de bénévoles pour nos projets. Nos bénévoles sont souvent des personnes à la retraite; beaucoup veulent de l’expérience avec la numérisation, et les différents aspects d’archivage et de gestion de patrimoine. »
Une société en croissance
Aujourd’hui, la SHFY compte au-delà de 70 membres et un conseil d’administration composé de six personnes. Même si « cinq ans est court dans l’histoire d’une société », Yann Herry estime que la Société « va bien. »
Le rapport de présidence présenté à l’AGA souligne la participation de la SHFY à plusieurs événements communautaires, dont le Solstice St-Jean et la Journée de la francophonie yukonnaise. La Société a également collaboré avec différents organismes franco-yukonnais, notamment le comité JeFY et le groupe les Essentielles.
La SHFY mène aussi des efforts pour représenter les différentes communautés du territoire. Le conseil d’administration compte désormais un représentant de Dawson. « C’est un de nos objectifs d’avoir des membres d’un peu partout au Yukon, pour représenter toutes les communautés, alors c’est une fierté d’avoir un représentant pour Dawson », souligne Yann Herry.
Des nouveaux personnages, grandeur nature
Parmi les nouveaux projets figure aussi les personnages grandeur nature, une exposition de dix-sept panneaux mettant en lumière les illustrations de vingt-quatre personnages marquants de l’histoire francophone du Yukon.
L’objectif étant de rapprocher la communauté à ses pionniers. « Avec le projet des personnages, on veut créer une relation plus intime avec les personnages historiques, que les gens puissent mettre des visages sur les accomplissements et les acquis qui ont été faits, et apprendre à connaitre des personnes qui ont marqué l’histoire du Yukon. On a essayé de couvrir une diversité d’activités, d’origines, de culture, notamment des femmes et des hommes des Premières Nations », explique le président.
Avec le projet des personnages, on veut créer une relation plus intime avec les personnages historiques, que les gens puissent mettre des visages sur les accomplissements et les acquis qui ont été faits.
Les défis à venir
Pour les années 2026 et 2027, la SHFY entend poursuivre ses priorités actuelles : préserver le patrimoine franco-yukonnais, et renforcer ses partenariats communautaires. Selon Yann Herry, l’un des défis majeurs des prochaines années sera toutefois l’embauche d’un employé permanent. « Les bénévoles sont intéressés par les projets, mais c’est toujours difficile pour la gestion administrative, et ça représente beaucoup de travail, alors on cherche un financement stable pour avoir un employé qui gèrerait les projets de sauvegarde du patrimoine et les archives. Ça permettrait d’alléger le travail des bénévoles, et les laisser se concentrer sur leur passion, qui est le patrimoine. »
La Société réfléchit aussi à un projet éducatif destiné aux jeunes. « On reçoit beaucoup de demandes de parents, qui veulent que leurs enfants connaissent mieux le parcours de la francophonie au Yukon, alors [notre projet 2027] pourrait remplir ces demandes ». Afin d’inspirer l’histoire franco-yukonnaise à la génération Z, Yann Herry et le conseil d’administration imaginent une pièce de théâtre, « une sorte de fresque historique sous forme de sketchs très courts et faciles à mémoriser, pour que des jeunes du secondaire puissent les présenter aux plus jeunes et à la communauté. Ce serait donc une pièce de théâtre un peu passe-partout, pour raconter l’histoire de la francophonie au Yukon. »
Cinq ans après sa création, la Société d’histoire francophone du Yukon entend bien continuer à faire vivre et rayonner le riche patrimoine franco-yukonnais pour des générations à venir.
Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.
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