Infirmière de formation, Clémentine Chavanon est arrivée au Yukon en 2018. Elle a rencontré des difficultés pour faire reconnaître son diplôme et a décidé de changer de voie. Pendant plusieurs hivers, elle est devenue guide de traîneaux à chiens, une occasion qu’elle n’aurait pas pu avoir en France. « J’ai pu commencer à guider même sans vraiment d’expérience. J’ai d’abord été volontaire. Je m’occupais des chiens et je voyais le behind the scene du business du traîneau à chien. Puis j’ai appris à guider. En France, il te faut un diplôme pour guider en traîneau à chien », détaille-t-elle. « Au Yukon, du moment où tu es motivé, si tu montres que tu es un travailleur, tu arrives à créer tes opportunités », continue-t-elle.
Pendant la pandémie, elle décide de suivre une formation pour devenir éducatrice canine et, en 2021, elle ouvre son entreprise, YuTrain – Dog Behaviourist. « Au début, j’offrais des séances individuelles, et quelques séances de groupe, en parallèle de mon métier de guide », raconte-t-elle. Elle s’est ensuite consacrée uniquement à son entreprise, qui est en pleine expansion avec l’ouverture prochaine d’une garderie pour chiens. « C’est la continuité de ce que je propose, parce que je ne fais plus de sessions de groupes. […] La garderie est un moyen d’aider le chien à maintenir ses compétences sociales. »
Pour elle, le Yukon valorise la motivation et l’initiative. « Ce que j’aime beaucoup ici, c’est qu’on peut toucher à tout et apprendre. Je trouve qu’il y a plein d’opportunités pour les nouveaux arrivants. En arrivant, on peut se dire “Bon, qu’est-ce qui manque à Whitehorse?” et foncer. Finalement, je pense que c’est plus facile de se faire une place ici qu’ailleurs, parce qu’il y a moins de compétitions, et puis il y a même des services qui n’existent pas encore! », conclut-elle.
Charles Cherrier, photographe professionnel.
Charles Cherrier est arrivé à Whitehorse en 2017 après avoir voyagé dans plusieurs provinces pour un projet photographique personnel sur les ours. Lors de ce voyage, il rencontre au Québec la Franco-Yukonnaise Karine Genest, documentariste de la faune, qui l’invite à découvrir le Yukon. « C’était l’occasion. Je suis venu la voir, j’ai appris qu’il était possible de rester ici et j’ai lancé le processus », se souvient-il.
En France, Charles a suivi une formation en photographie avant d’y ouvrir son entreprise. Après trois ans d’activité, il est obligé de la fermer. « En école photo, on ne nous a jamais appris à gérer une entreprise ni à vendre notre travail. Du coup, je n’ai pas réussi à en vivre », confie-t-il.
Depuis son arrivée au Yukon, il multiplie les expériences : guide, chauffeur, charpentier, photographe immobilier pour gagner l’argent nécessaire à son quotidien. En parallèle, il développe sa propre entreprise de stages photo. À la suite de sa première expérience entrepreneuriale en France, il prône l’importance du réseau et de l’entraide au Yukon. « Je me suis renseigné auprès de personnes qui avaient déjà monté leurs boîtes, comme Nicolas Dory, qui connaissaient comment gérer ce genre d’entreprise. […] Ils m’ont donné des points de recherche auxquels je n’avais pas pensé, notamment sur les demandes de subventions pour démarrage d’entreprise. […] Comparativement à la France, où le métier de l’entrepreneuriat est un vrai cauchemar, ici, c’est hyper simple : les gens t’aident et ça ne coûte pas un bras », affirme-t-il.
Pour lui, la clé d’un parcours entrepreneurial réussi est de rester attentif et ouvert. « Dans chaque boulot que j’ai fait, il y a eu des opportunités qui se sont offertes à moi. J’ai su prendre les bons contacts et les bonnes informations au bon moment. […] Tout ça m’a permis d’avoir les connaissances que j’ai aujourd’hui pour pouvoir lancer mon entreprise », note-t-il.
Hélène Girardeau, comptable à son compte.
En 2007, Hélène Girardeau débarque à Whitehorse en quête d’aventure. Le marché de l’emploi étant très dynamique, elle s’essaye à la vente et à l’hôtellerie. « À l’époque, on pouvait bouger de place facilement. En discutant avec l’AFY [Association franco-yukonnaise], on m’a dit d’aller sur Main Street avec mon CV et que j’aurais un boulot le soir même », se remémore-t-elle. « Je suis allée à Coast Mountain, avec mon CV 100 % comptable. Je n’avais jamais tenu une caisse. La manager m’a demandé si j’étais capable d’apprendre, j’ai dit oui, j’ai eu le poste », précise-t-elle. Selon elle, la fiabilité et la motivation étaient alors plus importantes que son diplôme.
Elle finit par trouver un emploi dans son domaine d’expertise, la comptabilité. Mais, avide de développer d’autres compétences, elle profite des opportunités que lui offre le Yukon pour commencer une formation en charpenterie. Dès lors, elle alterne entre comptabilité et petits projets de menuiserie, chaque emploi à mi-temps.
Puis, en 2017, elle décide de se consacrer de nouveau à la comptabilité à temps plein, mais cette fois, à son compte. « Je n’aurais certainement jamais fait cela en France. Il y avait une demande, mais je ne voulais pas me mettre à mon compte. Puis une opportunité s’est présentée. Ma boss de l’époque m’a proposé de prendre une partie de sa clientèle. Je n’avais aucun démarchage à faire, alors je me suis dit que j’allais essayer et j’y suis encore », indique-t-elle.
Le Yukon encourage donc l’audace, la polyvalence et l’entraide. Il offre un cadre où il est possible de se réinventer, de créer et de s’épanouir, à condition de faire preuve de proactivité et d’ouverture à la nouveauté.
Ce publireportage de l’Association franco-yukonnaise est rendu possible grâce au financement du gouvernement du Canada.
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