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le Jeudi 12 octobre 2023 7:45 Immigration

De la France au Yukon, en passant par le Chili

Revenue au Yukon en juin 2022 pour deux mois, la famille Manriquez Chevalier a finalement décidé de s’y installer pour plus longtemps. Elle prévoit retourner au Chili quelques semaines par an pendant l’hiver yukonnais pour continuer à rénover sa maison. C’est là-bas que le couple se voit vieillir. — Photo : Fournie
Revenue au Yukon en juin 2022 pour deux mois, la famille Manriquez Chevalier a finalement décidé de s’y installer pour plus longtemps. Elle prévoit retourner au Chili quelques semaines par an pendant l’hiver yukonnais pour continuer à rénover sa maison. C’est là-bas que le couple se voit vieillir.
Photo : Fournie

Dès l’âge de cinq ans, Stéphanie Chevalier est plongée dans la culture nord-américaine. Elle habite près de New York avec sa famille jusqu’à ses huit ans, puis y retourne régulièrement, sous l’impulsion de ses parents, pour garder le lien outre-Atlantique.

 Ça a vite été assez clair que je ne ferais pas ma vie en France, même si j’ai attendu mes 30 ans pour faire le saut », raconte-t-elle. Après avoir obtenu son Permis Vacances-Travail (PVT), elle reçoit à son domicile de Lille (Nord de la France) la visite d’une gestionnaire de l’ambassade du Canada en France. « Elle est venue me parler du Yukon. Savoir qu’il y avait une association francophone qui pouvait être une source de soutien, ça m’a donné plus de tranquillité pour venir jusqu’ici », se remémore-t-elle.

Le Yukon et les premiers voyages à vélo

Stéphanie Chevalier arrive au Yukon pour la première fois en 2007, après un long périple : d’abord le bateau de l’Île-de-Vancouver à Skagway (Alaska), puis en stop jusqu’à Whitehorse. « J’ai eu une arrivée majestueuse par la White Pass, au printemps, ça m’a vraiment marquée! », se souvient-elle. La trentenaire se plaît au territoire, mais son envie de découverte la pousse à aller pédaler de La Paz (Bolivie) à Ushuaïa (Argentine) pendant six mois en 2013.

À son retour au Yukon, elle réalise qu’elle aimerait passer plus de temps au Chili pour poursuivre sa découverte du pays. En janvier 2015, elle reprend la route vers l’Amérique du Sud. « J’étais partie pour rester un an, à faire des petits voyages à vélo… Finalement, j’y ai vécu à temps plein jusqu’à l’année dernière », confie-t-elle.

Car là-bas, à Santiago, elle rencontre Ricardo Manriquez Mayo, un propriétaire de magasin de vélos, qui deviendra son partenaire. Leur fille, Lila Manriquez Chevalier, agrandit leur famille en 2019. Quelques années plus tard, le couple achète une vieille bâtisse à rénover, dans la région de l’Araucanie, d’où est originaire le peuple du père de famille.

Le retour aux sources pour elle, une immigration pour lui

Pourtant, en juin 2022, la famille revient au Yukon. Si au départ elle avait prévu un voyage de deux mois, rester au territoire s’est rapidement imposé à elle. « On sortait de quatre années difficiles à Santiago… Lila est née prématurément en 2019 et je n’avais pas de réseau d’appui ici. Quand elle est allée mieux, c’est la crise sociale qui a explosé, avec des barricades en feu devant l’appartement et du gaz lacrymogène dans l’air… Puis deux ans de pandémie, enfermés dans notre appartement. J’avais besoin de retrouver ma communauté yukonnaise, de retrouver mes amies qui avaient des enfants du même âge que Lila », confie Stéphanie Chevalier.

La mère de famille décroche un emploi à la Tourism Industry Association of the Yukon avant même de rentrer en juin 2022, ce qui permet à la famille de financer le voyage. Finalement tout s’aligne, et très rapidement le couple décide de rester plus longtemps. Des contacts à Whitehorse permettent à Ricardo Manriquez Mayo d’obtenir un emploi à Cadence Cycle. « Ça faisait du sens de rester ici, on avait peu de projections économiques au Chili et les portes se sont ouvertes ici », explique Stéphanie Chevalier.

En septembre 2022, le couple lance les démarches de résidence permanente, par le programme de parrainage de conjoint. « Mon arrivée a été assez difficile, raconte Ricardo Manriquez Mayo, je n’avais pas prévu d’immigrer, je ne parlais pas anglais et je ne connaissais rien à la vie nord-américaine. Je suis encore en période d’adaptation, notamment face aux conditions hivernales ici, mais c’est beau et je retrouve mon environnement dans mon travail. » Depuis le 12 septembre dernier, le papa chilien est résident permanent du Canada.

Photo : Fournie

Une communauté francophone soudée

Revenir au territoire après sept ans d’absence, c’est comme repartir de zéro, et la famille a pu compter sur le soutien de la communauté francophone. « J’avais déjà un réseau très important à Whitehorse. Quand on est arrivés, il y avait [une amie] dans l’avion. Quelques jours plus tard, elle est arrivée chez l’amie qui nous hébergeait avec un grand sac de jouets que sa fille était prête à laisser aller. Y’a vraiment eu un élan énorme de solidarité [qui a permis] de renforcer des liens déjà forts », avoue Stéphanie Chevalier.

« Je l’ai toujours dit, et je le dirai toujours, la communauté francophone est là dans les moments difficiles, même si ce ne sont pas forcément des personnes que je vois tous les jours », conclut-elle.


Lila, plus francophone qu’hispanophone

Lila Manriquez Chevalier, maintenant âgée de 4 ans, fréquente l’École Émilie-Tremblay, une évidence pour ses parents. « Déjà au Chili, elle parlait plus français qu’espagnol. Si elle parle espagnol avec son père et que j’entre dans la pièce, elle switche naturellement en français », s’amuse Stéphanie Chevalier.

La jeune Lila est donc trilingue, comme sa mère, et bientôt comme son père. « Quand je suis arrivé, je ne parlais pas un mot d’anglais. Maintenant j’ai un niveau d’anglais suffisant pour communiquer au travail [400e jour non-stop de Duolingo, ajoute sa compagne], je comprends le français et je peux m’exprimer par de courtes phrases », confie Ricardo Manriquez Mayo.

Ce publireportage vous est proposé par l’Association franco-yukonnaise. Il a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dans le cadre de l’initiative Whitehorse, Communauté francophone accueillante.

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