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le Jeudi 22 octobre 2026 6:58 Sciences et environnement

La trappe : le respect de la nature au centre des valeurs

L’Association des trappeurs du Yukon, située au 175A Titanium Way, dont Charles Nadeau est un des administrateurs. — Photo : Jennifer Arnould
L’Association des trappeurs du Yukon, située au 175A Titanium Way, dont Charles Nadeau est un des administrateurs.
Photo : Jennifer Arnould

La trappe est une activité répandue au Canada. Mais que savons-nous vraiment de celle-ci? Comment est-elle vue de l’intérieur par ceux et celles qui la pratiquent? Charles Nadeau, trappeur passionné, nous livre sa version.

Si la trappe est une activité entièrement tournée vers la nature, il peut sembler contradictoire de parler de respect de la nature et des animaux quand on la pratique. Charles Nadeau, trappeur qui a exercé pendant 33 ans au Québec et la pratique depuis 24 ans au Yukon, en donne une vision pleine de respect envers la nature, qui lui permet d’exercer sa passion.

Une passion en harmonie avec la nature

Ce qui l’a mené à devenir trappeur, Charles Nadeau ne le sait pas vraiment lui-même. « J’ai grandi dans une ferme. Je ne saurais même pas dire comment ça a commencé, c’est en moi depuis l’âge de 7 ans ». Une activité qui fait entièrement partie de sa vie quotidienne, comme il nous le confie : « Ce n’est plus un métier. Le prix de la fourrure a trop descendu. On doit le voir comme un hobby ou une passion. Pour moi, c’est vraiment une passion. Je focalise toute ma vie et mon année dessus. »

La trappe demande en effet un investissement tout au long de l’année. « On commence l’été pour préparer les leurres. Ensuite, on prépare les trappes qui doivent être traitées pour éviter la rouille et les odeurs. À l’ouverture, on commence à poser les pièges (qui doivent être certifiés par l’Agreement International Humane Trapping Standard) et on récolte la fourrure uniquement quand elle est à son meilleur. Ensuite, on la prépare pour avoir le maximum de rentabilité », explique-t-il.

Charles Nadeau est un trappeur passionné depuis l’enfance.

Photo : Jennifer Arnould

Le trappeur insiste sur la relation particulière qu’il a développée avec la nature. « Je vis en harmonie et en communion avec elle. Quand je suis en forêt, je prête attention à des éléments, comme des empreintes d’animaux ou un vol de corneilles, que les autres ne voient pas », mentionne M. Nadeau. Le respect est, lui-aussi, fondamental. « On ne le fait pas pour l’argent et on essaye de faire en sorte de perdre le moins possible de l’animal, de tout utiliser au maximum », poursuit-il.

C’est une activité dans laquelle on retrouve également une forte dimension écologique. M. Nadeau l’explique ainsi : « C’est 100 % de recyclage, car ce qui vient de la nature retourne dans la nature. C’est aussi 100 % naturel, car, en comparaison avec le synthétique, ça met beaucoup moins de temps pour se décomposer et on utilise beaucoup moins de produits toxiques ». Selon lui, le contrôle de la fourrure est important pour éviter la prolifération des maladies. Si on ne la contrôle pas, elle peut devenir une nuisance. Charles Nadeau déplore toutefois l’expédition de la fourrure à l’international. « Si chaque Canadien avait une pièce de fourrure ou un vêtement orné de fourrure, on ne serait pas obligés de la vendre à l’international. Ça resterait au niveau local et on y gagnerait en écologie », explique-t-il.

Une association qui œuvre pour la trappe et l’information au public

Charles Nadeau est un des administrateurs du conseil d’administration de l’Association des trappeurs du Yukon, située à Whitehorse. « On amène des idées et on essaye de les mettre en œuvre. On a aussi un petit magasin et on donne des cours d’apprêtage de peau pour éduquer le grand public », mentionne-t-il.

Toujours d’après M. Nadeau, l’association est aussi en lien avec le gouvernement au sujet des lois et des réglementations pour les trappeurs et trappeuses. Elle a d’ailleurs reçu un nouveau financement provenant du gouvernement fédéral cette année pour organiser des ateliers en français, car ceux-ci n’étaient, jusqu’à présent, proposés qu’en anglais. « C’est une bonne initiative pour l’association. Ça va nous permettre d’avoir plus de moyens pour nos projets et d’attirer les jeunes générations ». Si les ateliers en anglais étaient populaires, il est, d’après M. Nadeau, trop tôt pour se prononcer sur le succès de ceux en français.

Activités à venir

L’association organise plusieurs événements en octobre. Le premier aura lieu le 24 octobre au Elks Lodge. Il consistera en une vente de fourrures et d’artisanat avec la possibilité de se sustenter. Il y aura un chili et des tables avec des artisan·es et des fourrures. Il y aura aussi la présence de garde-chasses et de l’association Chasse et Pêche. Il sera possible de poser des questions sur la trappe.

Le deuxième événement aura lieu le 25 octobre et consistera en un atelier de préparation de la fourrure où il est prévu d’apprêter un lynx de A à Z. Il sera donné en français par Charles Nadeau.

Enfin, du 29 octobre eu 2 novembre, un atelier de piégeage aura lieu à Haines Junction. Il couvrira divers sujets relatifs à la trappe et permettra aux participant·es d’obtenir un permis de piégeage au terme de l’atelier.

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