Dévoilé le 15 mai dernier à l’occasion de la Journée de la francophonie yukonnaise, le nom du nouvel établissement secondaire francophone communautaire sera le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier.
Le CSSC Mercier rappelle l’histoire des pionniers francophones au Yukon, en plus de sa vocation communautaire.
Photo : Julien Latraverse
Révélé le 15 mai pour la Journée de la francophonie yukonnaise, le nom du nouvel établissement secondaire francophone communautaire sera le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier. Retour sur le processus pour trouver sa dénomination.
Une longue attente
Il aura fallu plus de deux ans avant que le ministère de l’Éducation n’approuve le nom soumis par la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY). « Le nom a été remis le 7 mars 2018 pour être exact », fait savoir le directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon, Marc Champagne. La signature du règlement de la pleine gestion scolaire a, en quelque sorte, provoqué le dévoilement du nom du futur Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier (CSSC). « Une fois le règlement signé, on pouvait s’orienter à avoir le nom dévoilé », informe pour sa part le président de la CSFY, Jean-Sébastien Blais. Par conséquent, le gouvernement donnait son aval pour le CSSC Mercier presque un mois après l’approbation du règlement juridique qui a eu lieu le 12 mars dernier.
Une sélection rigoureuse
Bien avant de soumettre la future désignation du Centre scolaire secondaire communautaire au ministère de l’Éducation, le CSFY avait tenu, en novembre 2017, un concours pour choisir le nom de l’établissement. Les membres de la communauté pouvaient envoyer leurs idées de noms à la CSFY. « Nous en avons reçu beaucoup, au moins une cinquantaine, se souvient M. Champagne. Des figures symboliques ou historiques, ou même des noms d’animaux ont été proposés à la Commission. Par contre, il ne restait plus que 33 choix après avoir “filtré” les soumissions selon les critères de sélection.«Ce sont eux que nous avons donnés aux commissaires en conseil qui avaient le mot final », précise le directeur général.
Les critères étaient basés sur plusieurs éléments. Par exemple, la dénomination choisie devait représenter la francophonie du Yukon, en plus d’être unique dans l’Ouest et le Nord canadien. « Donc, on ne voulait pas partager le nom avec une autre école de la Colombie-Britannique », éclaircit M. Champagne. De plus, le directeur général souligne le besoin de créer un sentiment d’appartenance entre les élèves et l’établissement, comme dans le cas de l’École Émilie-Tremblay. « C’est un symbole important, ça fait rappeler à tout le monde que les francophones sont ici depuis longtemps et cela a permis de faire connaître Émilie Tremblay par l’entremise du nom [de notre école primaire] », explique-t-il.
C’est donc dans la même veine que Paul-Émile Mercier s’est imposé. Ce nom, soumis par Vincent Bélanger, un jeune Franco-Yukonnais en 9e année à l’Académie Parhélie, démontre ce désir de la CSFY de célébrer les figures historiques de la francophonie yukonnaise. En effet, lors de ses recherches aux Archives du Yukon pour dénicher de tels personnages, Vincent Bélanger à découvert que Paul-Émile Mercier était « l’un des premiers ingénieurs au territoire ». L’homme né en 1877 a ainsi contribué à la création du système de transport au Yukon au début du 20e siècle. Il a par ailleurs été directeur du ministère des Travaux publics à Whitehorse en 1903 avant de déménager à Montréal où il deviendra des dizaines d’années plus tard professeur d’ingénierie à l’école Polytechnique. C’est pour cette raison que le nom de Paul-Émile Mercier était la plus « intéressante » selon la CSFY. C’est un ingénieur qui aimait partager son savoir, et son amour pour la science et le génie avec ses étudiants. « C’est un exemple stimulant et intéressant pour savoir pourquoi on a choisi le nom de Paul-Émile Mercier », précise Jean-Sébastien Blais.
Il aura fallu plus de deux ans avant que le ministère de l’Éducation n’approuve le nom soumis par la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).
Photo fournie
Un nom pour tous
Un des derniers critères pour la sélection du nom du futur centre était sa facilité à prononcer le nom en anglais. Cet élément rappelle la dimension collective de ce projet. En effet, les gouvernements territorial et fédéral ont tous deux contribué financièrement à la construction de la nouvelle école. Donc, la communauté “au sens plus large» pourra elle aussi profiter des infrastructures du CSSC. « On veut que ça devienne un pôle de vitalité […] où les gens peuvent aussi venir découvrir la culture francophone, en plus d’y venir étudier. » La CSFY a ainsi décidé de proposer l’acronyme CSSC afin de préserver la vision collective de l’établissement. « On reconnaît que c’est un nom un peu long », ajoute-t-il en riant. Il nuance cependant qu’un effort d’« image de marque » est en train de se produire pour favoriser l’usage du terme CSSC Mercier. « C’est un peu, comme le cégep, avance Jean-Sébastien Blais. On n’appelle pas ça le Collège d’enseignement général et professionnel de Jonquière ou de Trois-Rivières », illustre le président.
La CSFY cible encore une rentrée dans le CSSC Mercier pour les élèves du secondaire pour l’année scolaire 2020-2021. Les complications liées à la COVID-19 brouillent la date d’ouverture et les conditions d’aménagement du bâtiment n’ont pas encore été décidées.
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