le Mercredi 3 juin 2026
Loading membership data...
le Jeudi 29 janvier 2026 7:56 Santé

Nouveaux médecins, plus d’accessibilité : ça bouge dans le secteur de la santé

Désormais, la Clinique sans rendez-vous ouvre ses portes à toute personne du Yukon, même celles ayant déjà un·e médecin de famille. Pour le moment, les heures d’ouverture sont de 9 h à 17 h 30, mais pourraient être allongées à l’avenir.  — Photo : Maryne Dumaine
Désormais, la Clinique sans rendez-vous ouvre ses portes à toute personne du Yukon, même celles ayant déjà un·e médecin de famille. Pour le moment, les heures d’ouverture sont de 9 h à 17 h 30, mais pourraient être allongées à l’avenir.
Photo : Maryne Dumaine

Plusieurs changements ont été annoncés pour les services de santé du territoire. La Clinique sans rendez-vous de Whitehorse a levé ses restrictions : elle est désormais accessible à l’ensemble de la population, incluant les personnes ayant déjà un médecin de famille. À cette nouvelle s’est ajoutée l’annonce de l’accueil au territoire de trois docteurs. Plus de professionnel·les bilingues devraient aussi arriver d’ici septembre.

Le Centre de santé bilingue Constellation devrait avoir tout son personnel, incluant deux recrues bilingues, d’ici septembre 2026.

Photo : Maryne Dumaine

Jusqu’à tout récemment, la Clinique sans rendez-vous, située au rez-de-chaussée de l’édifice Mah’s Point, refusait les personnes qui possédaient déjà un dossier chez un médecin de famille, réservant ses services aux milliers de Yukonnais et Yukonnaises sans médecin attitré. Désormais, elle sera accessible à l’ensemble de la population.

« Comme nous avons tout notre personnel, nous avons pu élargir l’offre au-delà des personnes qui n’ont pas de médecin de famille », explique Alethea Stobbe, directrice des Services de santé intégrés du gouvernement du Yukon. Mme Stobbe supervise plusieurs entités, dont la Clinique sans rendez-vous de Whitehorse, le Centre de santé Constellation et la Clinique médicale de Dawson.

Désengorger les urgences

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : détourner les cas non urgents de l’hôpital et accélérer l’accès aux soins pour les maladies mineures, les blessures légères, les procédures simples et autres actes médicaux nécessitant une prise en charge le jour même. « La Clinique sans rendez‑vous de Whitehorse constitue désormais une alternative au service des urgences de l’hôpital. Toutefois, les personnes suivies par un médecin de famille sont invitées à le consulter en priorité », a déclaré Brad Cathers, ministre de la Santé et des Affaires sociales, dans un communiqué.

Depuis son ouverture fin 2023, la Clinique sans rendez-vous a déjà permis de détourner plus de 10 000 visite aux de l’urgence, soulageant ainsi le personnel hospitalier et réduisant les temps d’attente aux urgences. « Puisque ces personnes n’avaient pas de médecin de famille, elles seraient forcément allées aux urgences. Ces 10 000 rendez-vous ont donc très directement soulagé les services aux urgences », affirme Alethea Stobbe. Avec une capacité actuelle de quatre à cinq professionnel·les de la santé, traitant environ 80 patient·es par jour, Alethea Stobbe estime que la clinique pourra absorber la nouvelle demande.

Recrutement de médecins

Pour stabiliser ses effectifs et répondre aux besoins croissants de la population, le Yukon regarde au-delà de ses frontières. « Depuis l’été passé, une stratégie de recrutement très compétitive a été mise en place », explique le Dr Derek Bryant, président de l’Association médicale du Yukon. « L’accord a été signé en août dernier », se réjouit le président, qui voit déjà des retombées positives des mesures incitatives mises en place.

L’Association médicale du Yukon gère notamment le programme Yukon Docs qui vise à attirer des docteurs de l’extérieur du territoire vers le Yukon.

Récemment, le territoire a confirmé la signature permanente de trois nouveaux médecins : orthopédiste, gynécologue et médecin de famille, confirme le Dr Bryant. « Ces personnes sont déjà arrivées au territoire et ont commencé leur pratique », affirme-t-il. Ces recrutements ont un lien direct avec les nouvelles mesures incitatives mises en place en août dernier. Elles consistent notamment à verser des bonis, sur la base d’un engagement sur plusieurs années, aux docteurs qui décident de venir s’installer au Yukon. Dans certains cas, ces montants peuvent aller jusqu’à un total, sur cinq ans, de 250 000 $. « Ce que nous espérons, c’est qu’après cinq ans, ces personnes soient très bien installées, et convaincues que le Yukon est le meilleur endroit où pratiquer et, surtout, vivre. »

Du nouveau personnel bilingue?

Si, selon le Dr Bryant, aucune de ces trois personnes ne parle français, Alethea Stobbe confirme que quelques recrues bilingues ont déjà marqué leur intérêt pour le Yukon et devraient arriver dans les mois à venir. « Deux médecins bilingues qui viendront renforcer une équipe qui compte déjà une infirmière praticienne bilingue devraient commencer en septembre 2026 », précise-t-elle.

Contrairement à la Clinique sans rendez-vous, le Centre Constellation prend en charge une patientèle sur le long terme. Elle propose des rendez-vous le jour même. « Si vous avez déjà un médecin de famille, vous pouvez venir à cette clinique, mais vous serez en bas de la ligne, au niveau du triage », explique Mme Stobbe.

« Grâce à ces personnes, qui arriveront avant la fin de l’année, le Centre de santé Constellation sera à plein rendement. Nous n’aurions pas de place pour ajouter d’autres personnes », affirme-t-elle, pour expliquer qu’aucune recrue additionnelle n’est à prévoir pour ce centre.

Bilingue, le Dr Derek Bryant est originaire de Baie-Comeau. S’il ne pratique pas beaucoup sa langue natale ici, il est convaincu de l’importance de recruter du personnel de santé bilingue au Yukon. Pour lui, le Yukon est un coup de cœur où il a décidé de fonder une famille.

Photo : Fournie

Le Dr Bryant insiste cependant sur le fait que la stratégie générale de recrutement vise particulièrement du personnel bilingue. « Nous voyons qu’il y a une belle communauté francophone ici, et nous voulons augmenter les services en français pour ces personnes ». Il affirme que plusieurs personnes ont manifesté de l’intérêt, mais il reste toujours les questions de logement, inscriptions dans les écoles et autres étapes logistiques à régler. « Ce sont des pistes prometteuses », selon lui.

À quoi s’attendre

Pour les personnes francophones, il faut savoir que la Clinique sans rendez-vous de Whitehorse reste « principalement anglophone », admet Mme Stobbe, bien que des outils de traduction numérique soient disponibles sur place. Il arrive que des locums (médecins remplaçant·es) puissent fournir des soins en français de façon occasionnelle.

Pour des services en français, le Centre de santé Constellation demeure la porte d’entrée privilégiée. « Nous continuons d’y accepter de nouveaux patient·es », conclut Mme Stobbe.

IJL– L’Aurore boréale

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.