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le Jeudi 22 janvier 2026 7:54 Santé

Oser se lancer en entreprise de soins holistiques : entre passion et défis de reconnaissance

  Photo : Générée par l'intelligence artificielle
Photo : Générée par l'intelligence artificielle

Dans le monde professionnel de la santé, prodiguer des soins s’accompagne souvent d’un certain niveau d’entrepreneuriat. Au sein de cet univers, certaines personnes se consacrent à des approches qui combinent santé mentale, physique et énergétique. Toutefois, ces entreprises de soins holistiques, porteuses de nouvelles perspectives, se heurtent parfois à des barrières systémiques.

Juliette Anglehart Zedda a pratiqué les cérémonies d’iboga, substance psychédélique très puissante utilisée fréquemment en Afrique. «  Je voulais étudier ces méthodes, mais, lors de cette expérience, le message a été clair pour moi que ce n’était pas la voie que je devais suivre. Je propose donc des services parallèles.  »

Photo : Maryne Dumaine

Juliette Anglehart Zedda est thérapeute psychosomatique et accompagnatrice en croissance personnelle. Son approche relie la thérapie et le coaching, en tenant compte de toutes les dimensions de l’être humain : cognitive, émotionnelle, corporelle, relationnelle, morale et spirituelle. C’est une professionnelle de la médecine dite holistique. Elle propose de l’aide pour apporter des changements profonds dans la vie de sa patientèle, que ce soit pour guérir, développer de nouvelles compétences ou atteindre un épanouissement personnel.

Lauren Manekin-Beille est aussi thérapeute holistique. Elle a récemment obtenu une certification en Quantum-Touch, une technique de guérison énergétique.

Des parcours différents, mais un même défi : la reconnaissance

« Les gens ont eu du mal à comprendre, et même à reconnaître mon domaine », note Juliette Anglehart Zedda. Ses méthodes, bien que certifiées, ont longtemps été difficiles à être considérées comme légitimes, réduisant les occasions où la communauté a pu avoir recours à ses services.

Pourtant, Juliette connaît son sujet de fond en comble. « J’ai beaucoup bénéficié de travailler avec des thérapeutes et avec des psychédéliques, c’est ça qui m’a amené à étudier ce domaine. »

Elle multiplie les diplômes et les certifications : maîtrise en psychologie, certifications en Internal Family Systems, en Somatic Experiencing, en rolfing, cranio-sacré, arts expressifs, yoga et Right Use of Power. Juliette ne manque pas de « preuves » de ses compétences.

Elle a également exercé à un niveau stratégique : en tant que directrice de programmes de l’Association de la santé mentale du Yukon, elle a conduit les démarches pour la création de la division du Yukon de l’Association canadienne pour la santé mentale. « Pourtant, j’ai eu très peu de soutien de ma communauté ou de mon entourage. C’est rare que les organismes me contactent pour proposer des ateliers », déplore-t-elle.

Pour Lauren Manekin-Beille, le parcours a été très différent. Après un diagnostic de cancer, elle a reçu des soins Quantum-Touch et a découvert un appel à exercer elle aussi cette approche. « Après ma guérison, j’ai fait toutes les heures de formation, et maintenant je peux pratiquer. »

« J’avais très peur au début de perdre mon cercle social, peur du jugement », explique-t-elle. Pourtant, la réalité pour elle a été tout autre. « Il y a des gens qui ne comprennent pas, ou qui ne sont pas intéressés. Mais j’ai beaucoup d’encouragements de mon entourage, autant personnel que professionnel. »

Expliquer ses services

Pour les deux entrepreneures, lorsqu’il s’agit d’expliquer la nature de leurs soins, toutes deux ont du mal à mettre une étiquette claire.

« Quand je reçois quelqu’un, je n’ai pas de traitement planifié. Je n’ai pas une recette. Ça dépend de la difficulté que vit la personne », explique Juliette Anglehart Zedda.

Lauren Manekin-Beille pratique régulièrement les soins de Quantum-Touch lors de séances de méditation immersive avec des vibrations de bols de cristal, organisées à Riverdale par Heather Dougan, the Sound Bath Lady.

Photo : Maryne Dumaine

Pour Lauren Manekin-Beille, la situation est assez similaire. « Tout dépend de la personne. »

Les deux professionnelles s’entendent sur un point : chaque personne est différente. Certaines souhaitent parler, d’autres non. Certaines pleurent, d’autres s’endorment, certaines sont fonctionnelles, d’autres moins. Il faut s’adapter. Tout dépend des besoins : c’est là la nature même du traitement holistique, qui aborde le patient ou la patiente comme « un tout. »

Les psychédéliques, un défi de taille

Pour le Quantum-Touch, la légalité n’est pas un défi. « Ce n’est pas reconnu par les assurances, la plupart du temps, mais c’est légal », atteste Lauren.

Pour Juliette, la ligne est un peu plus mince : sur son site Web, on trouve aussi une section sur la thérapie assistée à l’aide de substances psychédéliques. Or, au Yukon, tel qu’il est clairement indiqué sur cette même page Web, ces pratiques restent illégales.

« Je connais les psychédéliques, oui. Mais je travaille surtout avec ce qui va en parallèle, le yoga, les soins du bien-être, etc. Malgré tout, les choses ne sont pas si simples. On a eu la visite d’un policier qui demandait de voir ce qu’on faisait ici. » 

« J’ai fait ma formation en Alberta, là où c’est légal, mais ici au Yukon, c’est encore illégal. […] J’ai donc expliqué qu’ici, on ne fait pas ça. Une fois qu’il a été rassuré, il m’a donné sa carte en me disant qu’il serait intéressé par ce traitement, si un jour cela devenait légal. »

« C’est ça ce qui se passe en ce moment avec les psychédéliques : tout le monde est intéressé, mais les lois ne sont pas encore là pour que ce soit fait d’une façon sécuritaire, de part et d’autre. »

Au Yukon, des gens œuvrent pour rendre légal ce genre de services. « Une médecin en soins palliatifs qui a étudié en Californie travaille pour tenter d’apporter les psychédéliques en soins palliatifs en fin de vie », explique Juliette. « Je sais aussi qu’il y avait un intérêt du côté de groupes des Premières Nations. » 

Pour le moment, si des personnes décident par elle-même de pratiquer des psychédéliques chez elles, Juliette est autorisée à leur fournir des renseignements.

Juliette insiste cependant sur le fait que ce genre de méthode peut être très dangereux. « Il faut vraiment qu’il y ait des paramètres mis en place. Je ne recommande pas de le faire seul. Ça reste dangereux, les psychédéliques ouvrent beaucoup de portes. Il faut vraiment être bien accompagné avant, pendant, mais aussi après. C’est important qu’il y ait un suivi, car ça change ta perspective. »

Alors que la société évolue, certaines pratiques gagnent en reconnaissance. Les personnes qui recherchent des options pour leur santé mentale et physique ont de plus en plus de choix. Mais ces entreprises où passion et expertise se rencontrent, dans un cadre légal limité, ont encore quelques barrières à franchir avant de pouvoir devenir des méthodes courantes.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

C’est ça ce qui se passe en ce moment avec les psychédéliques : tout le monde est intéressé, et les lois ne sont pas encore là pour que ce soit fait d’une façon sécuritaire. 

— Juliette Anglehart Zedda

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