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le Jeudi 25 septembre 2025 8:05 Santé

Accès à l’avortement : appel à un espace plus adapté pour la Clinique Opal

  Photo : Pixabay
Photo : Pixabay

Depuis le 1er avril, la Clinique Opal, qui offre des services liés aux fausses couches et à l’avortement, est située au Service de réadaptation médicale de l’Hôpital général de Whitehorse. Cependant, le Conseil de la condition féminine du Yukon (Yukon Status of Women Council) plaide pour la création d’un espace plus confidentiel et mieux adapté aux besoins de la patientèle.

Le Conseil de la condition féminine du Yukon a envoyé une lettre ouverte aux ministres Jeanie McLean et Tracy-Anne McPhee le 4 septembre dernier. Dans celle-ci, l’organisme demande au gouvernement territorial d’ajouter les services d’avortement à la liste des services fournis par les hôpitaux du Yukon, afin que l’Hôpital général de Whitehorse puisse trouver un espace adéquat pour la clinique.

« Nous avons appris de la communauté que le nouvel espace qui lui a été attribué à l’hôpital ne répond pas aux besoins des patientes en raison d’un manque d’intimité. En raison de cet espace inadéquat, des soins de santé essentiels sont compromis », peut-on lire dans la lettre ouverte.

« Le fait de ne pas garantir un accès équitable aux soins liés à l’avortement constitue une violation du droit à l’égalité prévu à l’article 15 de la Charte, car cela revient à priver les femmes, les filles et les personnes transgenres de services de santé essentiels, ce qui les touche de manière disproportionnée. »

Pour Sandra St-Laurent, directrice du Partenariat communauté en santé, il est important que les patientes aient accès à des services en santé en français.

Photo : Archives A.B.

Quelles sont les attentes?

Parmi les signataires de cette lettre, on compte le Partenariat communauté en santé (PCS) et Les Essentielles. Les deux organismes francophones font également partie de la Coalition pour les soins de santé reproductive (Reproductive Care Coalition).

Pour Sandra St-Laurent, directrice du PCS, le déplacement de la clinique Opal dans ces locaux n’assure pas la confidentialité. « On sait que ça, c’est un grand frein à accéder aux services. On a donc demandé pour qu’ils l’intègrent dans leur offre de services, au même pied d’égalité que les autres services qu’ils ont, par exemple, la maternité, la santé mentale, le laboratoire, les tests. À ce moment-là, ils vont être obligés d’adhérer à des normes strictes pour la gestion des informations personnelles en santé pour pouvoir permettre une utilisation de façon confidentielle des services. »

Le PCS ne demande pourtant pas une relocalisation de la clinique. « La clinique Opal est présentement localisée à l’hôpital. Puis ç’a du sens, car à cause de la nature du service, tu veux quand même avoir une certaine sécurité. On ne veut pas que ce soit isolé. L’hôpital est jugé comme étant sécuritaire, c’est juste qu’il faut que ce soit sécuritaire au point de vue de la confidentialité aussi des données. »

Stephanie Buchanan, médecin et porte-parole de la clinique, abonde dans le même sens. « Actuellement, il n’y a pas d’espace clinique dans la ville qui serait adapté sans une sécurité importante, des équipements supplémentaires et d’autres équipements. En attendant, l’hôpital offre un environnement de soins primaires très agréable et sûr, et nous espérons que les autorités compétentes, YG, l’hôpital se demanderont quel est l’endroit le plus sûr et le plus approprié pour cette clinique. »

« Nous sommes convaincus que le seul endroit sûr pour cette clinique est un lieu où l’anonymat est garanti, où tous les services sont disponibles, et où il est possible de pratiquer des avortements, des fausses couches et des services de stérilisation intra-utérine, que la plupart des communautés offrent, mais ils ne sont pas disponibles dans une petite ville », constate-t-elle.

« Parce que notre hôpital est trop petit, il faudra peut-être avoir des conversations difficiles au sujet d’autres services qui ne sont peut-être pas aussi nécessaires que le nôtre », admet-elle.

« Les Essentielles milite pour les droits reproductifs au Yukon et l’accessibilité des services d’avortement, particulièrement dans les communautés », rapporte Charlie-Rose Pelletier, coordonnatrice des projets en égalité des genres.

Photo : Archives A.B.

Étude à venir

Un sondage va être lancé dans les prochaines semaines pour connaître, entre autres, le degré de satisfaction et les besoins de la patientèle.

« En ce moment, on est un peu dans un flou », rapporte Charlie-Rose Pelletier, coordonnatrice des projets en égalité des genres aux Essentielles. « On ne sait pas si les services sont efficaces, s’ils répondent aux besoins, s’ils ont des solutions adaptées. Donc, à travers cette recherche, on va avoir une meilleure idée de comment revendiquer, puis c’est là qu’on va avoir des actions un peu plus concrètes, dans le futur. »

Le PCS et Les Essentielles font partie du comité consultatif pour la réalisation du sondage sur les besoins des patientes yukonnaises. Les deux organismes plaident à la table pour que les questions du sondage soient également disponibles en français.

« Une des grandes barrières, c’est la langue », constate Sandra St-Laurent. « La langue joue comme une barrière supplémentaire qui peut empêcher les gens d’aller chercher les services qu’ils ont besoin, puis d’impacter leur vie et celle des autres. Donc, pour moi, c’est clair que je veux être sûre que, quand on va faire de la recherche, on va s’assurer qu’il y a des francophones qui se sentent à l’aise de partager. »

Stephanie Buchanan rapporte que l’on peut avoir recours à un traducteur lors des consultations à la clinique Opal. « Nous voyons des femmes, nous voyons beaucoup de personnes immigrantes qui ne parlent pas anglais, donc nous avons un traducteur qui est particulièrement sensible à la santé reproductive, ce qui nous permet d’avoir une personne en direct à l’autre bout du fil, ou les deux, selon vos préférences. »

Le PCS offre également un service d’accompagnement d’interprétation pour aider à diminuer la barrière de la langue dans les services de santé.

Les résultats du sondage devraient être publiés à la fin de l’année.

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