« L’autisme est un trouble du développement, un trouble neurodéveloppemental. Il affecte la capacité d’une personne à communiquer, à interagir socialement. C’est un diagnostic très particulier parce qu’il affecte chacun·e de manière très différente », explique Sydney Born, navigatrice communautaire à l’organisme Autisme Yukon (Autism Yukon).
« Par exemple, on peut être un peu plus sensible à l’éclairage, aux odeurs et aux textures, à l’alimentation, et on n’est peut-être pas du tout sensible aux températures. […] C’est aussi un défi, parce que les femmes et les hommes manifestent l’autisme différemment », ajoute-t-elle. Il faut savoir que l’autisme ne touche pas seulement les jeunes, mais aussi les adultes et peut parfois être diagnostiqué sur le tard.
Caroline Robitaille rapporte que les besoins sont grandissants en milieu scolaire. Technicienne en éducation spécialisée à l’École Émilie-Tremblay et vice-présidente à Autisme Yukon, elle explique : « On a de plus en plus d’élèves en besoin, ayant un diagnostic ou pas, qui présentent des neurodivergences. On doit modifier nos approches, offrir plus de soutien. […] Il y a une éducatrice dans chaque classe présentement », dit-elle.
Pour ce qui est des raisons, les deux femmes n’ont pas de réponses exactes à donner. « On n’a même pas réussi à comprendre vraiment la cause de l’autisme encore », souligne Mme Robitaille.
« Je suppose que c’est parce que de plus en plus de personnes sont diagnostiquées et que nous comprenons mieux l’autisme », rapporte Mme Born. […] « Mais nous avons également besoin d’un plaidoyer et d’une meilleure compréhension de la réalité de la vie avec l’autisme et de l’accompagnement qui est offert aux personnes. »
Des projets pour apporter quelques solutions
Sandra St-Laurent, directrice du Partenariat communauté en santé (PCS), coordonne un projet avec Autisme Yukon, la Commission scolaire francophone du Yukon et le Centre de développement de l’enfant.
Grâce à un financement d’un montant de 19 500 $ reçu de l’Agence de la santé publique du Canada, la directrice rapporte que ce projet va permettre aux francophones d’avoir une plus grande possibilité d’aller chercher des services à différents endroits de la communauté, à Whitehorse.
Bibliothèque d’Autisme Yukon
Un des objectifs sera de bonifier les salles sensorielles se trouvant à l’École Émilie-Tremblay et au Centre de développement de l’enfant grâce à de nouvelles ressources, comme des livres en français, pour accompagner les enfants et les parents, mais aussi avec du matériel, comme des couvertures lourdes ou une grosse peluche en forme de chien.
Un site Web regroupant des informations et des ressources disponibles pour l’autisme en français comprenant, entre autres, une page de questions et réponses est en ligne. Une conférence est également prévue à la fin mars en collaboration avec Autisme Yukon.
Sandra St-Laurent informe aussi que Sydney Born, d’Autisme Yukon, a pu recevoir des cours de perfectionnement en français grâce au programme Café de Paris. Cette dernière offre donc des services en anglais et en français.
« À l’École Émilie-Tremblay, l’accent est mis sur l’inclusion », insiste Mme Robitaille. « Notre façon de promouvoir l’inclusion dans notre école, c’est de faire de la sensibilisation à l’échelle de l’école et du personnel scolaire, mais aussi de leur offrir des adaptations qui vont leur permettre de réussir et de vivre à leur rythme et à leur façon. »
Avec son collègue Gilbert Goulet, elle a créé cette année le Centre de la réussite. Ce centre est une classe adaptée qui accueille majoritairement des élèves sur le spectre de l’autisme. Ce programme est basé sur les besoins spécifiques, comme « comment préparer ces personnes-là à faire face à leur grande transition vers l’école secondaire, mais aussi comment fonctionner dans la communauté, dans la société », précise-t-elle.
Pour Mme Robitaille, le Centre de la réussite et la salle sensorielle à l’École Émilie-Tremblay permettent d’offrir des services plus personnalisés. « Nous avons une grande chance à notre école d’avoir autant d’aides-enseignants et d’aides-enseignantes. Ça nous permet aussi de répondre plus aux besoins, puis d’offrir des soutiens vraiment personnalisés pour les cas qu’on a ici à l’école. »
Les salles sensorielles à Whitehorse
L’École Émilie-Tremblay a ouvert cette année une salle sensorielle dans ses locaux. Il s’agit d’un espace inclusif, conçu pour toutes et tous, mais spécialement adapté aux élèves ayant des sensibilités sensorielles. La salle vise à stimuler certains sens tout en réduisant d’autres stimuli pour favoriser la détente et la relaxation.
« Dans nos salles de classe, on a des néons, de la ventilation, des lumières un peu partout, des coloriages et des affiches très colorées, très visuelles qui prennent beaucoup d’espace. Nous, on ne s’en rend peut-être pas compte en tant que neurotypique, mais un enfant sur le spectre de l’autisme qui entre dans une salle de classe et qui a trop de stimuli ne pourra pas fonctionner. C’est agressant, c’est un peu comme avoir des ongles sur un tableau noir », explique Caroline Robitaille.
Il existe plusieurs salles sensorielles à Whitehorse comme au Centre de développement de l’enfant, dédiée aux enfants âgés de zéro à cinq ans, à l’École élémentaire de Whistle Bend, ou encore, à Autisme Yukon, ouverte aux personnes de tous les âges.
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