Initialement, lorsque Justin Ziegler a commencé son aventure au Canada, il voulait profiter de son PVT (permis vacances-travail) de deux ans pour travailler quelques mois, voyager jusqu’à l’océan Arctique, puis rentrer en France, son pays d’origine. « Mais il se trouve que voilà, on est toujours là », raconte-t-il. « On n’est même pas allés jusqu’à l’océan Arctique! »
Plus tard, il a cofondé à Whitehorse ZGB Productions, un collectif d’artistes de la scène. En plus de son métier de chorégraphe et de professeur de danse de jazz, Justin Ziegler a été directeur général de l’école de pilotage Northerners Taking Flight, qu’il a contribué à créer.
Premier député francophone de l’histoire du Yukon? Pas tout à fait. Justin Ziegler l’a découvert au début de son mandat. Ce titre revient à Maxime Landreville, un Québécois d’origine élu au Conseil du territoire du Yukon pour la circonscription du Klondike en 1903, puis dans celle du Klondike, Dawson Nord en 1909 et en 1917.
« Je suis le premier candidat élu à avoir fait campagne sur le fait que je suis francophone, à avoir mis ça en avant », nuance M. Ziegler. « Et pour sûr, la première personne à avoir prêté serment en français. » D’ailleurs, à cette époque, le français n’était pas encore l’une des langues officielles du pays, ajoute-t-il.
Politique en France
Justin Ziegler menait ces derniers mois sa deuxième campagne électorale. En France, il a été membre d’un parti politique de 2010 à 2017 et a participé aux élections législatives de 2017 en tant que suppléant.
Il obtient sa citoyenneté canadienne en juillet 2024. « Quelques jours après, je prenais contact avec Kate [White] pour être candidat », annonce-t-il.
« Je ne me suis pas levé un matin en me disant, peut-être que je pourrais me présenter », dit-il. « Ça a toujours fait partie des envies qui ont été présentes dans ma vie. »
« J’ai été témoin de décisions politiques qui peuvent changer la vie des gens pour le pire. J’étais intermittent du spectacle quand j’étais en France de 2009 jusqu’à 2017 », confie-t-il. « Et pendant quasiment dix ans, tous les ans, il y a eu des décisions politiques pour changer ce système-là qui ont impacté ma manière de travailler, ma manière de chercher du travail, ma manière de créer. Et c’étaient des décisions politiques centralisées qui n’impactaient pas que moi. »
Il se dit persuadé que des décisions politiques peuvent influer directement sur la vie des gens, et ce, de manière positive. « C’est ce que nous ont prouvé Kate [White], Annie [Blake] et Lane [Tredger] pendant quatre ans, avec plein de décisions ». Il mentionne notamment le programme de couverture dentaire universel et l’augmentation des effectifs d’assistant·e·s d’éducation.
« Plein de mesures comme ça ont impacté la vie des gens de manière directe, alors que le NPD n’avait que trois élus. Maintenant, on est six. Et on est l’opposition officielle. Ce sera une dynamique différente. On sera là, on se fera entendre. Notamment en français », souligne-t-il.
Justin Ziegler, député de Riverdale Sud, souhaite garder un lien rapproché avec la communauté francophone et les membres de la Table de gouvernance de la Franco-Yukonnie.
Reconnaissant envers la communauté
Plusieurs enjeux ont été identifiés comme des priorités par les organismes de la francophonie du territoire, tels que la formation en français au postsecondaire et la santé. « C’est sûr que je vais tenir tête au gouvernement pour m’assurer que, sur ces deux sujets-là, les décisions qui sont prises vont dans la bonne direction pour la communauté francophone », répond le député.
« On ne sait pas ce qu’il va devenir de l’office de la santé. À la fois parce que c’est un projet pilote, et à la fois parce que le positionnement du Yukon Party n’était pas très clair là-dessus. Si l’office de la santé reste tel qu’on le connaît aujourd’hui, évidemment, je vais faire entendre ma voix pour faire en sorte que tous les francophones soient représentés aussi à cette table-là. »
« En ce qui concerne l’éducation au postsecondaire en français, c’est un problème assez vaste, c’est une nécessité », estime-t-il. « Ça demande un changement législatif de la Loi sur l’Université du Yukon. Mais nous, on est l’opposition officielle. S’il n’y a absolument aucun désir, aucun souhait du Cabinet ministériel de changer cette loi-là, on pourra le demander. »
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« Et la troisième chose à laquelle je prêterai attention, c’est toutes les décisions qui sont prises. Est-ce que toutes les décisions qui vont être prises prendront en compte le facteur linguistique? Je prêterai évidemment attention à ça », assure-t-il.
Maintenant député, Justin Ziegler souhaite redonner à la communauté. « Je ne serais pas là où j’en suis sans la communauté francophone. Je ne serais pas là où j’en suis sans la communauté artistique, sans l’AFY […] J’espère garder une relation privilégiée et un lien étroit avec la Table de gouvernance de la Franco-Yukonnie. »
À ceux et celles qui souhaiteraient se lancer en politique, il dit : « Allez-y, faites-le! ». Il garde un bon souvenir de sa campagne électorale. « C’était la meilleure expérience de ma vie », partage-t-il. « Il n’y a pas eu un seul moment, une seule journée où c’était horrible. C’était que de bonnes journées, de bonnes expériences, de bonnes rencontres. »
Il conseille de commencer par s’investir dans la communauté à travers le bénévolat, ou de siéger à des conseils d’administration, et de s’investir avec le parti politique de son choix.
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