Currie Dixon a obtenu un baccalauréat en sciences politiques avec mention à l’Université St. Francis Xavier en 2008, puis en 2011, une maîtrise en sciences politiques à l’Université du nord de la Colombie-Britannique. « Mon projet de maîtrise portait sur les relations entre le gouvernement du Yukon et les gouvernements des Premières Nations dans le domaine de l’éducation », précise-t-il.
Après ses études, il retourne au Yukon et décide de se présenter aux élections de l’automne 2011 où il a remporté un siège. Entre 2011 et 2016, Currie Dixon a occupé plusieurs postes au sein du cabinet de Darrell Pasloski [chef du Parti du Yukon et premier ministre du Yukon entre 2011 et 2016], notamment ceux de ministre de l’Environnement, du Développement économique, des Services communautaires et de la Commission de la fonction publique.
En 2016, M. Dixon a pris la décision de ne pas se représenter et a quitté la politique pendant quelques années. Il a travaillé dans la fonction publique et dans le secteur privé.
« J’ai travaillé dans l’industrie minière pour une entreprise de services qui vendait des biens de consommation industriels. »
M. Dixon a finalement été élu chef du Parti du Yukon (autrefois connu sous le nom du Parti progressiste-conservateur du Yukon) lors des élections à la direction du parti en 2020. Réélu député en 2021, il est devenu chef de l’opposition officielle à la suite des résultats des élections de 2021.
Lancement en politique
Currie Dixon affirme avoir toujours été intéressé par la politique, et plus particulièrement par le fonctionnement du gouvernement. « Je pense que j’ai compris l’importance et le rôle que jouait le gouvernement dans la vie des habitant·e·s du Yukon et j’ai pensé que c’était une fonction importante et un élément essentiel de la vie dans le Nord », raconte le premier ministre désigné.
« Je m’y suis naturellement intéressé et, plus j’en apprenais à ce sujet, plus je voulais participer aux décisions visant à améliorer la vie des Yukonnais·es et à déterminer comment le gouvernement pouvait y contribuer », ajoute-t-il.
« Je me suis donc intéressé à ce sujet, j’ai fait des études universitaires, je me suis impliqué directement à l’université, puis j’ai passé la majeure partie de ma vie adulte à étudier, à pratiquer et à participer à la politique et au gouvernement au Yukon. »
Et le français?
M. Dixon avoue que le français ne joue pas un grand rôle dans sa vie quotidienne. Il souligne toutefois que ses deux enfants sont inscrits à une école d’immersion française. « Je dois donc souvent apprendre et participer à des discussions avec eux au sujet de leurs devoirs et de leurs travaux scolaires, etc. »
Il ajoute avoir passé une année de son secondaire à Montréal pour jouer au hockey et continuer son cursus scolaire. « La plupart des programmes auxquels je participais à l’époque étaient en français, j’ai donc dû apprendre rapidement. »
Il reconnaît cependant avoir perdu beaucoup de ses connaissances au fil des ans, mais qu’il a « hâte de les rafraîchir. »
Lors de la campagne électorale, M. Dixon a participé au forum électoral bilingue qui a eu lieu le 1er octobre dernier au Centre de la francophonie. Au cours de ce débat, il s’est engagé à rencontrer l’Association franco-yukonnaise (AFY) très peu de temps après la prestation de serment du cabinet.
« J’ai donc l’intention de tenir cette promesse et de rencontrer l’AFY pour discuter des services et des programmes actuellement offerts et des améliorations qui pourraient y être apportées », déclare-t-il. « Je suis bien conscient que je ne connais pas nécessairement toutes les priorités de la communauté francophone et j’ai hâte de m’entretenir avec l’AFY et d’autres membres de la communauté francophone afin de les aider à établir ces priorités et de connaître les mesures qui peuvent être prises pour améliorer les services offerts aux francophones du Yukon. »
Place au changement
Réitéré pendant la campagne électorale et repris dans son discours de victoire, le Parti du Yukon affirme sa volonté de faire place au changement.
« Nous voulons certainement voir un certain nombre de changements sur diverses questions », affirme le premier ministre désigné.
Cinq domaines font partie des priorités du Parti du Yukon : les soins de santé, le logement, la sécurité de la population yukonnaise, l’éducation et l’économie. « Nous voulons voir des changements dans l’éducation et au sein du ministère de l’Éducation, ainsi que dans la manière dont il apporte son soutien aux élèves, au personnel enseignant et aux administrateurs et administratrices du système éducatif. »
Le Parti du Yukon souhaite également voir changer « la nature de notre économie au Yukon ». « Nous voulons une économie tirée par le secteur privé, qui facilite et encourage la croissance de ce dernier et veille à ce que le gouvernement permette ou crée les conditions propices à sa croissance sans lui mettre des bâtons dans les roues. »
Le NPD formant l’opposition officielle, Currie Dixon affirme que « nous sommes tous d’accord pour dire que nous devons travailler ensemble dans l’intérêt des Yukonnais·e·s. Je pense donc que nous devrons collaborer de manière respectueuse et coopérative. »
Comme annoncé lors de la campagne électorale, le Parti du Yukon conservera le système actuel de scrutin malgré le vote en faveur d’un changement de la part de l’électorat.
Plébiscite : la position du Parti du Yukon reste inchangée
Plus de 56 % de l’électorat yukonnais a voté « oui » au vote préférentiel qui remplacerait le système actuel de scrutin majoritaire à un tour pour l’élection des députés.
Cependant, le premier ministre désigné estime que « le processus menant au plébiscite était vicié. »
« Nous n’avons pas appuyé le Comité spécial sur la réforme électorale ni la recommandation de l’Assemblée des citoyens, et nous l’avons clairement indiqué dans notre programme », dit-il.
« Notre position n’a pas changé, mais nous apprécions bien sûr l’opinion exprimée par les Yukonnais·e·s lors du plébiscite, et nous en tiendrons compte lorsque nous déciderons de la marche à suivre », souligne-t-il.
Pendant la campagne électorale, le Parti du Yukon avait encouragé ses membres à voter contre le scrutin préférentiel.
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