Quel enjeu vous tient le plus à cœur?
Currie Dixon : Pour cette élection, la principale préoccupation exprimée par les habitant·e·s du Yukon est le désir de changement. Nous proposons donc un certain nombre de domaines dans lesquels nous souhaitons voir ce changement se refléter.
Mark Kelly : Nous avons cinq piliers [au Parti libéral] et aucun d’entre eux n’est classé dans un ordre particulier. Il y a donc cinq domaines différents qui nous préoccupent : la réconciliation pour les Premières Nations, les soins de santé, le logement, l’économie pour toutes et tous, et l’accessibilité financière.
Kate White : Pour moi, ce sont toujours les personnes, parce que les personnes sont toujours au centre de toutes mes décisions et de mes actions.
Que prévoyez-vous de faire pour améliorer l’accès au postsecondaire en français?
Currie Dixon : Je pense que nous devons travailler avec les diplômé·e·s de Mercier, dont le nombre ne cesse d’augmenter, afin de nous assurer qu’ils et elles ont la possibilité de poursuivre des études postsecondaires, que ce soit ici au Yukon, à l’Université du Yukon ou en dehors du territoire, en leur donnant accès à des programmes, tels que la Bourse du Yukon pour étudier en dehors du Yukon.
Mark Kelly : Vous êtes la première personne à me poser cette question. Je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas essentiel d’avoir une formation postsecondaire en français. Notre programme complet devrait également être publié prochainement.
De mon point de vue, il est très important d’apprendre dans sa langue maternelle, mais certaines langues ne bénéficient pas des mêmes privilèges que d’autres. En tant que langue nationale, nous devons donc veiller à ce que les gens apprennent en français. Je dirais également qu’il est important d’apprendre en tuchtone. Ces possibilités doivent donc exister pour les locuteurs et locutrices de ces langues.
Je suis également très conscient que nous sommes 45 000. Il est donc très difficile de recruter des spécialistes, quels qu’ils soient. Et il est très difficile de trouver quelqu’un pour y enseigner dans sa langue maternelle. Nous devons donc garder cela à l’esprit. Mais l’absence de cette possibilité ne signifie pas nécessairement qu’il ne s’agit pas d’une priorité.
Kate White : Je crois qu’il y a une possibilité ou une responsabilité du gouvernement du Yukon de travailler avec le gouvernement du Québec pour trouver une solution.
La province de Québec est une province francophone, et, pour moi, je pense que, si on veut encourager les francophones du reste du Canada à faire l’éducation au postsecondaire, on a besoin d’avoir une place pour les employer. Alors, pour moi, c’est une responsabilité du gouvernement du Yukon d’essayer de faire un deal ou quelque chose du même type et de soutenir ces jeunes.
Que prévoyez-vous de faire concernant le programme de responsabilité élargie des producteurs dans un contexte d’inflation?
Currie Dixon : Nous pensons que la manière dont le programme a été mis en place par le gouvernement libéral n’a pas été utile pour le monde des affaires. Nous avons entendu de nombreuses préoccupations soulevées par la Chambre de commerce de Whitehorse, la Chambre des mines du Yukon et d’autres organisations professionnelles qui ont exprimé leurs inquiétudes quant à la manière dont le programme a été élaboré et mis en œuvre.
Nous pensons donc que ces préoccupations doivent être prises en compte et que nous devons retarder la mise en œuvre du programme ERP jusqu’à ce que nous puissions mettre au point un système qui fonctionne pour le monde des affaires. La triste réalité est que le gouvernement du Yukon ne comprend pas bien les coûts à l’heure actuelle, et que ces coûts seront entièrement supportés par le monde des affaires, qui les répercutera finalement sur les consommateurs et les consommatrices. Nous pensons donc qu’il n’est pas judicieux d’augmenter les prix des biens de consommation à l’heure actuelle, alors que tant d’habitant·e·s du Yukon ont déjà du mal à joindre les deux bouts.
Mark Kelly : Le Parti libéral du Yukon soutient la mise en œuvre de la responsabilité élargie des producteurs afin de rendre le recyclage plus durable, de réduire les déchets et les émissions de gaz à effet de serre, et d’aligner le Yukon sur le reste du Canada.
Depuis des années, les Yukonnais paient pour les services de recyclage grâce à des subventions gouvernementales. Avec ce changement, nous transférons la charge financière des Yukonnais·e·s aux producteurs qui génèrent les déchets, tout en alignant le programme de recyclage du territoire sur celui du reste du pays.
Nous savons que cette transition peut être difficile pour les entreprises, et nous nous engageons à les soutenir financièrement alors que nous passons à un système plus durable et plus moderne. (Cette réponse a été fournie par le Parti libéral après l’entrevue)
Kate White : Les entreprises locales du Yukon sont au cœur de nos communautés. Nous avons entendu des propriétaires d’entreprises qui essaient de faire ce qu’il faut – réduire les déchets, protéger l’environnement et planifier l’avenir –, mais les libéraux les ont laissés se débattre avec un nouveau programme confus, sans véritable soutien ni transparence.
Le NPD du Yukon soutiendra les entreprises du Yukon en couvrant le coût du nouveau programme de responsabilité élargie des producteurs (REP) pendant sa première année et en mettant en place un navigateur REP dédié, qui travaillera avec les entreprises pour les aider à se conformer et à rationaliser leurs rapports. (Cette réponse a été fournie par le NPD après l’entrevue)
Si vous êtes élu∙e, quelle est la première chose que vous ferez?
Currie Dixon : La transition commence immédiatement après l’élection, et donc la première chose que nous devons faire est de nommer un cabinet, et, une fois que le cabinet est nommé, nous commençons à mettre en œuvre notre programme.
Mark Kelly : Je pense que nous allons reprendre les choses que nous avons dû mettre en pause, mais nous allons continuer les constructions. Les élections sont un défi, n’est-ce pas, parce que tout est un peu en pause, en particulier les choses qui ont été suivies jusqu’en décembre.
J’aimerais également que nous nous remettions immédiatement au travail. Et c’est probablement la seule chose que nous ferons. Tout cela doit se faire simultanément, c’est pourquoi nous avons un groupe de personnes qui mènent également depuis de nombreuses années une sorte de triple stratégie de développement durable à long terme.
Kate White : C’est compliqué, car il y a beaucoup d’étapes. On va lancer une enquête publique pour les trois mines, Wolverine, Minto et Eagle.
Mais il y a plein d’autres choses. On a de grands espoirs pour la santé et pour la communauté francophone.
Quelle question aimeriez-vous que l’on vous pose, mais que personne n’ait posée?
Currie Dixon : Je pense qu’on m’a posé à peu près toutes les questions imaginables lors de mes visites à domicile. Cela fait maintenant plusieurs mois que je fais du porte-à-porte, et on me pose toutes sortes de questions, allant de ce que je peux faire pour les soins de santé et à l’éducation à ce que je peux faire pour empêcher le chat du voisin de creuser dans mon jardin. Je ne pense donc pas qu’il y ait de questions qui ne m’aient pas été posées.
Mark Kelly : Eh bien, j’aime toujours les questions que je connais, mais celles que j’apprécie le plus sont celles auxquelles je n’ai pas réfléchi.
J’aimerais passer plus de temps à parler des choses qui préoccupent vraiment les gens, alors j’aimerais avoir des solutions spécifiques.
Kate White : Je n’ai jamais réfléchi à quoi j’aimerais parler, car je parle de beaucoup de choses. Je crois qu’au Yukon, on a une habilité ou un pouvoir bien différent des autres juridictions. On parle beaucoup pendant ces élections de l’accessibilité aux soins de santé, on parle beaucoup ces temps-ci avec les infirmières et les personnes qui travaillent dans la santé et quand tu écoutes et que tu commences vraiment à comprendre ce que les personnes te demandent, te suggèrent, c’est beaucoup plus facile de trouver un plan.
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