« J’ai grandi au Québec, sur la Rive-Sud. Je suis arrivée au Yukon directement de Montréal. Je suis venue au Yukon parce que j’avais un grand désir de voir du pays. Je me suis donc retrouvée à Whitehorse », se rappelle-t-elle.
Elle occupe un premier emploi à l’association féministe Les Essentielles. « Ce premier travail a été une introduction au Yukon », dit-elle. « Cet été-là, j’ai vraiment eu le coup de foudre pour le Yukon, pour la communauté, les Yukonnais. C’est vraiment l’endroit où je me suis sentie chez moi, et, après toutes ces années, c’est toujours l’endroit où je me sens chez moi. »
Après une carrière en tant que dessinatrice en architecture au gouvernement territorial, Gabrielle Dupont lance sa propre entreprise. « J’ai toutes sortes de clients au Yukon, à Whitehorse. Je travaille avec des entrepreneurs en construction, j’ai aussi eu des clients qui étaient des compagnies minières, plusieurs ministères gouvernementaux. Je travaille de la maison ». Elle indique que l’électricité nécessaire à son travail provient de panneaux solaires.
Faire bouger les choses
Depuis son arrivée au Yukon, Gabrielle Dupont s’est beaucoup engagée auprès de diverses associations, comme le club d’ornithologie (Yukon Bird Club) ou l’organisme Habitat for Humanity Yukon. Cette année, elle décide de s’impliquer autrement dans la communauté en présentant sa candidature pour le Parti vert du Yukon.
Cette idée germe depuis plusieurs années. « Je veux faire bouger les choses », affirme-t-elle. Elle souligne que s’impliquer en politique requiert du temps et de l’énergie. Elle peut néanmoins compter sur l’équipe du parti et sur son conjoint.
« Je ne travaille pas à temps plein, donc j’ai le temps de me consacrer à ça, mais ça peut être un obstacle majeur pour se présenter si on a un emploi à temps plein, et la plupart des gens ont un emploi à temps plein. Ce n’est donc pas tellement accessible à tout le monde de se lancer en politique. Même chose si on est femme, si on a des enfants à s’occuper à la maison, ça peut être un très grand défi. Il faut avoir le soutien de notre conjoint ou conjointe. »
Pour Gabrielle, être multilingue représente un véritable atout, car cela facilite la connexion et la création de liens de confiance, essentiels en politique. Parler plusieurs langues permet de mieux comprendre et interagir avec différentes cultures et électrices et électeurs, renforçant ainsi la confiance nécessaire pour obtenir leur soutien.
Environnement propice à la réalisation de soi
Le fait de vivre au territoire l’a encouragée à s’impliquer au sein de la communauté, estime la Franco-Yukonnaise.
« Ce qui fait la différence au Yukon, en particulier les francophones, c’est qu’on a une communauté qui est très accueillante, et qui est prête à aider les nouveaux arrivants à s’établir, à se faire des amis, et à se sentir chez soi. Et quand on se sent bien intégré dans une communauté, quand on se sent chez soi, c’est beaucoup plus tentant et beaucoup plus facile d’être pleinement engagé dans notre vie citoyenne », explique-t-elle.
« Pour moi, ça se traduit par mon engagement politique. Je me sens complètement établie ici, donc j’ai naturellement envie de m’engager. Je pense que c’est très fort au Yukon. En revanche, si je pense au Québec d’où je viens, cette forte appartenance au territoire n’est pas aussi évidente. Et puis il y a beaucoup plus de gens au Québec, ce n’est pas une communauté comme un cocon que nous avons au Yukon. »
Elle précise qu’elle n’est pas la première de sa famille à s’engager en politique. Son grand-père a été maire de son village pendant plus d’une décennie.
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