« Il y a 116 760 entreprises qui appartiennent à des francophones à l’extérieur du Québec, trois millions de francophones dans la même région et 396 millions de locuteurs francophones dans le monde », a martelé Yan Plante, président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), organisateur de ce deuxième Sommet.
« Cette réalité économique est trop peu connue à l’extérieur du réseau », a-t-il rappelé dans son discours de clôture. Les 400 personnes présentes, représentant aussi bien des agences et associations économiques que des entreprises, sont reparties avec la mission de la faire connaitre.
Le français a de la valeur, mais elle est difficile à mesurer
Lors d’une causerie, l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et président-directeur général d’Espace Canada, Brian Gallant, a justement encouragé l’assistance à parler aux personnes élues.
Il ne faut cependant pas croire que ministres et députés connaissent d’emblée tous les secteurs d’activités. Il est préférable de prendre le temps d’expliquer les enjeux et d’arriver avec des solutions, « d’être quelqu’un qui est là pour aider. »
Selon lui, les entreprises francophones disposent de plusieurs avantages. « Le bilinguisme facilite le commerce », puisque l’on peut communiquer avec plus de clients, comprendre les deux cultures canadiennes.
Il cite notamment les centres d’appels et le tourisme parmi les domaines où les entreprises francophones et bilingues peuvent se démarquer facilement.
Brian Gallant reconnaît cependant que l’avantage linguistique reste difficile à mesurer monétairement. « L’aspect culturel, humain, est très difficile à évaluer. »
Mobilité et équité à l’avant-plan
Au-delà de la reconnaissance de leur existence, les entreprises francophones font face aux mêmes défis que les anglophones.
Le « choc américain » de 2025 a réveillé beaucoup de provinces et d’entreprises à propos de l’importance du commerce intérieur. Les gouvernements ont facilité le passage de plusieurs produits. Il y a néanmoins eu un ralentissement du « momentum » en 2026, note le vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Jasmin Guénette.
« Les marchandises ne sont pas les seules qui ont besoin de circuler plus librement, les travailleurs aussi », précise l’ancien sous-ministre fédéral du Commerce international, Louis Lévesque. Sans mobilité de la main-d’œuvre, les grands projets désirés par le gouvernement de Mark Carney accapareront des corps de métiers dans une région, ce qui pourrait créer des « pics inflationnistes. »
Il faut aussi faire plus de place aux femmes et aux jeunes
Alexandra Lafontaine, directrice adjointe de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, soutient que l’impact économique des femmes est sous-estimé. Des pratiques « équitables et inclusives » doivent encore être mises en place pour leur permettre de se réorienter et d’être traitées équitablement.
« Avec un taux de chômage de 12,9 %, il n’y a pas assez d’emplois pour les moins de 25 ans », note pour sa part la directrice générale de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, Josée Vaillancourt. La hausse du coût de la vie et des études fait pourtant en sorte qu’ils ont besoin de travailler plus que jamais.
« Nos jeunes n’ont plus le luxe de travailler sans se faire payer ». La responsable plaide pour que plus d’occasions de travailler leur soient offertes et qu’une lentille francophone soit appliquée aux programmes d’aide à l’emploi des jeunes du gouvernement fédéral.
Avec les informations d’Inès Lombardo
Edith Bélanger
Edith Bélanger, directrice du développement économique à l’Association franco-yukonnaise (AFY), a pris part au sommet national et elle a mentionné que « participer à ce sommet m’a permis de prendre du recul sur les enjeux économiques qui façonnent nos communautés tout en regardant les perspectives d’avenir. J’ai apprécié la richesse des échanges, la qualité des rencontres et l’importance de créer des liens avec d’autres acteurs qui partagent des réalités similaires. Pour l’AFY, qui offre des services en français en développement économique au Yukon, ces occasions d’apprendre, de collaborer et de s’inspirer sont inestimables. »
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