Ayant grandi dans le nord de l’Ontario, la future femme d’affaires déménage d’Ottawa vers le Yukon en 2021 après avoir complété un baccalauréat en psychologie. L’aventure de Sunshine & Wild Co. a commencé lors d’une conversation avec une amie, Annika Phillips, qui deviendra plus tard sa partenaire d’affaires. « Je lui ai dit que ça ne me tentait plus de faire ce que je faisais, que je voulais avoir ma propre entreprise. Elle m’a répondu « tu dois alors trouver ta niche! », partage Émilie Denis. L’idée d’une entreprise de vêtements yukonnais a émergé par la suite. « Les vêtements, c’est pratique, ça sert à tous les jours et […], si tu portes un vêtement à l’effigie du Yukon, c’est un point de fierté pour les gens ». C’est en juillet 2023 que les premiers vêtements ont été proposés au public. Cet été-là, plus de 50 items ont pris preneur, marquant les premières ventes de l’entreprise.
En affaires, mais responsable
Dès le début, les deux comparses tenaient à ce que leur entreprise opère selon certains principes. Par exemple, payer un salaire juste pour services rendus à l’entreprise. Une couturière ainsi qu’une artiste peintre sont en sous-traitance. « On paye bien les gens […]. Camille, notre couturière, et Charlotte, qui créé nos images, connaissent déjà tellement de choses et des habiletés que nous on a pas », explique Mme Denis.
Même son de cloche pour ce qui est de l’approvisionnement en textile qui doit se faire de manière responsable. Un récent voyage à Paris, capitale de la mode, fut une occasion de ramener certains tissus et une riche source d’inspiration. Ainsi, pour la nouvelle gamme de vestes, Émilie s’est tournée vers des sources locales de vêtements usagés, telles que Raven ReCentre, pour réutiliser les textiles. « On est en train de faire des vêtements. Ça semble contraire [à ce qui est responsable], mais il faut des vêtements, on ne peut pas être juste nu. Au moins, on sait qu’on fait la bonne chose. »
Augmenter la cadence
Si l’entreprise se veut responsable, le calcul financier se doit également d’être viable. Une grande partie des ventes se font en période estivale au marché communautaire Fireweed, où Émilie a l’occasion de rencontrer la clientèle. Un sujet de discussion fréquent : le prix élevé de ses vêtements. « Les gens sont intéressés de savoir pourquoi l’item coûte si cher, mais ils comprennent [quand on explique] », partage-t-elle.
L’entreprise est en phase d’expansion tout en solidifiant sa fondation. Tous les profits sont réinvestis avec un souci d’augmenter la production. Diversifier les points de vente est aussi sur le radar de la jeune entrepreneure. « C’est possible que nous n’ayons plus accès au marché communautaire l’année prochaine, alors il faut vraiment trouver d’autres endroits où vendre ». La vente en ligne et dans les commerces locaux est étudiée pour pallier ce changement. « Les personnes qui achètent nos vêtements, beaucoup nous suivent sur les réseaux sociaux, ils comprennent ce qu’on fait. Ce sont nos clients qui nous motivent à continuer », explique Émilie Denis.
En plus de faire rouler son entreprise de vêtements, la jeune femme est également étudiante à la maîtrise en psychologie ainsi qu’employée à l’administration dans un cabinet de thérapeutes à Whitehorse. « Si un jour je veux ouvrir ma propre entreprise en thérapie, je vais avoir de l’expérience! », termine-t-elle avec enthousiasme.
Confectionner des vestes à partir de vêtements usagés prend beaucoup de temps, mais « toutes les vestes sont uniques. Je les aime toutes », explique Émilie Denis, copropriétaire de l’entreprise Sunshine & Wild Co.
Mise à jour de l’entreprise
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le 26 août dernier, Émilie Denis et Annika Phillips, les cofondatrices de l’entreprise, ont écrit que « Sunshine & Wild Co. a vu le jour en 2023 sous la forme d’une petite entreprise gérée depuis un vide sanitaire. Depuis notre arrivée au marché Fireweed cette année-là, nous sommes devenues une entreprise qui emploie du personnel, une étape importante que nous attribuons en grande partie à l’occasion que le marché nous a offerte de tisser des liens directs avec la communauté de Whitehorse et les visiteurs de passage chaque saison.
Le marché Fireweed a été au cœur de notre croissance, représentant historiquement environ 80 % de nos ventes annuelles, dont une part importante provient du tourisme.
Nous avons appris plus tôt cette année que notre entreprise ne respectait pas les règles et les lignes directrices du marché. Par conséquent, cette saison pourrait être notre dernière au marché Fireweed. Depuis que nous avons reçu cette nouvelle, nous travaillons activement à diversifier nos activités afin d’assurer notre viabilité à long terme, et nous évaluons actuellement plusieurs avenues pour la suite.
L’avenir de notre entreprise n’est pas certain. Cependant, nous restons déterminées à faire preuve de transparence envers nos clients et notre communauté tout au long de ce processus, et nous partagerons d’autres mises à jour dès qu’elles seront disponibles.
[…] Nous remercions la communauté de Whitehorse pour son soutien continu au cours des trois dernières années. »
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