Le projet, qui a reçu du financement du Fonds de développement communautaire de l’Association franco-yukonnaise (AFY), a permis l’achat de livres en français qui viendront bonifier la collection de livres en français de la bibliothèque de Whitehorse ce printemps. En voici quelques titres sur le voyage d’une perspective de femmes. Pointage, sur un total de 5, par les lecteurs et lectrices du groupe. Texte par Sandra St-Laurent (animatrice).
Une histoire des grandes exploratrices
Caroline Riegel (Éditions Glénat)
168 pages 4,5 étoiles
Divisé en chapitres géologiques (déserts, montagnes, glace, océans, etc.), l’ouvrage présente l’itinéraire d’exploratrices à travers le temps et le monde. La beauté de l’ouvrage : rappeler la force de ces femmes qui vont au-delà des conventions sociales et historiques pour s’inventer une place dans le monde. Comme un acte de survie, elles répondent à l’appel de l’aventure et réussissent à coups de stratagèmes à briser les codes. Bien écrit et très documenté, l’ouvrage est absolument captivant, facile à lire avec ses portraits courts (trois à cinq pages) par aventurière ou exploratrice et conviendrait parfaitement à une présentation en classe. L’ouvrage permet de faire la lumière sur la contribution d’exploratrices, aventurières, pirates même parfois connues (Jane Goodall) ou moins connues (Ella Maillart, Ada Deletuk, Anita Conti, Vihjalmur Stefansson), mais tout aussi inspirantes!
Partir pour raconter
Michèle Ouimet (Éditions du Boréal)
328 pages 4,5 étoiles
Journaliste de guerre, Michèle Ouimet est de celles pour qui voyager signifie se rendre rapidement sur des sites de guerres et de conflits à travers la planète. C’est ainsi qu’elle nous entraine dans cette course folle où il faut des nerfs d’acier pour couvrir les catastrophes naturelles et les injustices socioéconomiques et dénoncer les répressions politiques de façon quotidienne. Si son métier est sans conteste synonyme de danger (pour elle ainsi que pour ses collaborateurs et collaboratrices locaux), elle observe et se questionne sur la montée du tourisme de voyages morbides, en zones de conflits. Elle offre un témoignage touchant l’indifférence planétaire à l’heure du numérique, tout en célébrant la force et rappelle l’importance du pouvoir de l’indignation face aux injustices qu’elle a aussi observé au fil des années. Cet ouvrage truffé de récits ultra-vivants plaira aussi aux lecteurs et lectrices qui suivent avidement l’actualité internationale et s’intéressent aussi à la condition de la femme, de la sienne en tant que journaliste, et des femmes affectées par les conflits mondiaux.
L’art de marcher
Rebecca Solnit (Éditions de L’Olivier)
393 pages 4 étoiles
Cet ouvrage, traduit de l’anglais, devrait s’appeler l’histoire de la marche, car il s’agit en fait d’un essai philosophique extrêmement bien documenté sur le fait de marcher, le début avec l’apparition de la bipédie (l’australopithèque Lucy) et remontant le temps et l’histoire. Basée sur de solides recherches, l’autrice nous invite à repenser le monde à travers ce simple fait de marcher. Beau départ, quelques longueurs. Parsemé d’humour, d’audace et d’intelligence, l’ouvrage récompensera quiconque passera au-dessus de sa calligraphie de petite taille et se laissera entrainer vers la découverte de la marche comme acte politique et poétique.
Wild
Cheryl Strayed (Éditions 10-18)
500 pages 4,5 étoiles
Considéré comme un livre culte, cet ouvrage relate l’épopée de l’autrice qui décide de relever le défi personnel de parcourir le « Sentier des Crêtes du Pacifique » sur plus de 1 700 km en solo. Loin d’être une aventurière aguerrie, c’est le parcours d’une femme blessée et endeuillée qui cherche dans cet exploit physique et mental à se retrouver. Vaincre ses peurs et parfois même sa peur d’avoir peur devient le moteur qui la pousse toujours plus loin malgré ses inquiétudes, ses doutes et son manque de préparation. Partie avec un sac à dos beaucoup trop lourd qui faisait blêmir les plus forts sur le sentier, elle apprend donc au fil de ses péripéties, rencontres et défis relevés à laisser aller un peu de cette lourdeur, à se donner du lest pour mieux prendre confiance en elle et apprécier la nature qui l’entoure. Plaira à ceux et celles qui croient au pouvoir transformateur de la nature et celui de la marche comme acte thérapeutique.
Nords
Monique Durand (Éditions du Boréal)
282 pages 3 étoiles
Dans cet essai l’autrice divise sa réflexion sur la multiplicité du Nord en chapitres tels que « lumière », « eau », « pierre », « sable » pour souligner la beauté et son étrange fascination pour tous ces Nords, qu’ils soient ceux du Québec, de la Sibérie ou des alpes françaises. Récit d’une grande voyageuse qui s’est prise d’affection pour ces latitudes un peu mythiques emplies de liberté. Elle partage ainsi ses coups de cœur nordiques en tentant de raisonner son attrait pour tous ces Nords parfois idéalisés, qui, pour le commun des mortels, représentent souvent des milieux hostiles peu fréquentables. Cet ouvrage plaira à ceux et celles qui apprécient de se laisser porter par des réflexions originales, une série de questions ouvertes qui invitent à découvrir le monde avec un regard renouvelé.
Nous sommes des montagnes
Marie-Pier Desharnais (Les Éditions de l’Homme)
200 pages 4,5 étoiles
Tout débute lors d’un voyage en Indonésie où elle se retrouve séparée de ses parents et portée disparue à la suite d’un tsunami. L’autrice se questionne sur cette proximité avec la mort, sur les raisons de sa propre survie alors que d’autres ont péri et se donne le défi de vivre… pleinement! Si on peut survivre à la mort, on peut tout faire. Commence ainsi son entrainement pour les plus hauts sommets des continents. Dans ce texte où chaque chapitre est un sommet, une déesse-montagne, nous suivons les préparatifs de celle qui deviendra la première québécoise à atteindre le sommet du K2. Si la fin un peu abrupte sur la gestion des risques propre à l’alpinisme (et tout autre sport extrême) déçoit, car si évidente, on peut se demander si cela ne reflète pas justement le « vide » de « l’après » exploit. Un livre qui se lit bien et qui plaira à ceux et celles qui aiment lire sur les expéditions sans s’embourber dans les réflexions personnelles. Bref, un livre qui livre plus sur l’alpinisme que sur l’alpiniste.
À l’ombre des montagnes
Silvia Vasquez-Lavado (Éditions Michel Lafon)
429 pages 4,25 étoiles
Originaire du Pérou, l’autrice fait des parallèles entre son enfance parfois difficile et sa lente construction de nouvelle identité en tant qu’alpiniste internationale. Victime d’abus sexuels durant son enfance, elle décide de créer « Courageous Girls », une expédition regroupant des filles et des femmes victimes d’abus et de trafic sexuel (américaines, tibétaines) pour relever le défi d’un entrainement afin d’atteindre le camp de base de l’Everest. Le récit se poursuit ensuite avec sa propre ascension de la montage Déesse (Everest), soit le dernier sommet des huit sommets répartis à travers les continents qu’elle a entrepris. Silvia Vasquez-Lavado propose un récit inspirant, totalement écrit au « je » qui plaira à tous ceux et celles qui croient au côté thérapeutique du sport et la relation sacrée avec la montagne. Silvia Vasques-Lavado est la première alpiniste péruvienne à atteindre le sommet de l’Everest.
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