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le Jeudi 12 mars 2026 7:47 Arctique

Un nouvel investissement fédéral pour renforcer la sécurité des Premières Nations du Yukon

Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, et Brendan Hanley, député du Yukon, ont officiellement annoncé l’octroi d’un financement de plus de 350 000 $ sur deux ans au CPNY. — Photo : Nelly Guidici
Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, et Brendan Hanley, député du Yukon, ont officiellement annoncé l’octroi d’un financement de plus de 350 000 $ sur deux ans au CPNY.
Photo : Nelly Guidici

Brendan Hanley, député du Yukon, a profité de la scène du Centre des arts du Yukon, où le Sommet de l’Arctique a eu lieu du 23 au 25 février 2026 à Whitehorse, pour annoncer l’octroi d’un financement pour la sécurité dans l’Arctique.

Le premier jour du sommet de l’Arctique, Brendan Hanley, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires du Nord et de l’Arctique, Rebecca Chartrand, ainsi que Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon (CPNY), ont annoncé un investissement pouvant atteindre 353 576 $ sur deux ans au CPNY.

Évoquant un contexte géopolitique de plus en plus incertain, cette somme devra assurer la pérennité de la sécurité dans le Nord, selon Mme Chartrand. Pour Brendan Hanley, le renforcement de la sécurité dans l’Arctique doit aller de pair avec la garantie que les retombées économiques de ces initiatives reviennent aux communautés. « En harmonisant les investissements dans la défense avec l’accès aux possibilités de développement économique prévues au chapitre 22 des ententes définitives du Yukon, nous pouvons faire en sorte que les initiatives menées sur notre territoire tiennent compte des réalités nordiques et qu’elles soient le fruit de partenariats collaboratifs », a-t-il déclaré.

Des partenariats à part entière

Le rôle joué par les Premières Nations dans la sécurité du territoire n’a pas toujours été pris en considération dans le passé. Des manquements dans les communications, en particulier lors de situation d’urgence, comme lorsqu’un objet volant non identifié a survolé de façon illégale l’espace aérien du Yukon en février 2023, ont mis en lumière les occasions manquées pour qu’enfin les Premières Nations soient considérées comme des partenaires à part entière.

Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon, voit dans cette annonce une opportunité de développement économique tout en positionnant les Premières Nations du Yukon au premier plan dans les travaux relatifs à la sécurité et à la souveraineté dans l’Arctique. « En apportant nos connaissances, notre point de vue et notre leadeurship, nous contribuons à assurer la sécurité, la résilience et la solidité de l’Arctique canadien, et à faire en sorte que le développement du Nord profite à sa population tout en protégeant l’environnement et nos modes de vie », estime-t-elle. « Les Premières Nations du Yukon accomplissent déjà un travail important dans ce domaine pour soutenir leurs communautés, et nous croyons que ce financement nous aidera à poursuivre ce travail et à renforcer notre voix et nos capacités collectives. »

L’octroi de ce financement permettra notamment au CPNY d’embaucher une personne qui aura pour responsabilité d’aider les Premières Nations. En effet, la notion de sécurité dans l’Arctique englobe une approche holistique où la sécurité économique importe autant que la sécurité humaine, culturelle et environnementale. Dans un environnement arctique en pleine transition, comment identifier de manière précise les priorités des communautés en matière d’infrastructures et de sécurité dans l’Arctique? Cela suppose un dialogue soutenu et une collaboration étroite entre les gouvernements des Premières Nations, le gouvernement territorial et le gouvernement fédéral d’après Mme Alatini.

L’Alaska : les défis pour les familles autochtones

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la relation avec l’État voisin de l’Alaska demeure compliquée pour Mme Alatini. Bien que les communautés autochtones entretiennent des liens très forts des deux côtés de la frontière, les déclarations du président ont mis à rude épreuve les familles qui craignent de ne plus pouvoir rendre visite à leurs proches. « C’est une relation complexe qui l’est davantage par la rhétorique actuelle du gouvernement américain. Je pense qu’il y a certainement beaucoup de discussions au sujet des membres de la famille qui souhaitent revenir s’installer au Canada. Alors que les relations avec les États-Unis sont tumultueuses, c’est un sujet de conversation récurrent. Pour nous, comme pour les Premières Nations du Yukon, c’est un véritable défi de maintenir ces relations alors que nous ne savons pas vraiment comment les gens seront traités aux postes frontaliers », conclut-elle.

Connexions arctiques est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

Rappeler le pouvoir des gouvernements autochtones

Lors d’un discours d’introduction à l’annonce du financement, Sean Smith, chef de la Première Nation des Kwanlin Dün à Whitehorse, a rappelé que les gouvernements autochtones, en vertu de leur statut d’autonomie gouvernementale, constituent un troisième ordre de gouvernement au Canada. Ils ont donc le pouvoir d’adopter leurs propres lois et règles. Cette autonomie leur permet de bâtir des communautés résilientes en mettant l’accent sur des éléments fondamentaux qui sont la sécurité alimentaire, l’accès au logement, à l’énergie et à l’eau.

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