Plusieurs élèves âgé∙e∙s de 11 à 12 ans de l’École fondamentale libre Institut Sainte-Marie à Godefroy de Bouillon, en Belgique et de l’École Émilie-Tremblay à Whitehorse participent à ce projet.
Bruno Bernard, professeur belge et expert en francophonie, est l’initiateur de ce programme. Après avoir coordonné des échanges en Afrique, en Asie, et au Canada, il a choisi Whitehorse pour sa première expérience au Yukon. Il souhaite mettre de l’avant le Yukon pour permettre aux élèves belges de mieux comprendre la réalité de la francophonie du Grand Nord canadien.
« À travers ces échanges, l’objectif est de sensibiliser les élèves à l’importance de la langue française, notamment dans les régions où elle est une langue minoritaire », explique M. Bernard. Il ajoute que ce programme permet aux élèves de mieux comprendre les défis que rencontrent d’autres communautés francophones, où le français ne constitue pas la langue dominante.
« Mon objectif est de montrer aux enfants belges que la francophonie canadienne n’est pas uniquement québécoise, mais qu’elle existe dans toutes les régions du Canada et partout dans le monde », explique-t-il.
Jusqu’à présent, les échanges se faisaient principalement par correspondance écrite. Cependant, cette année, les élèves enregistreront des vidéos pour se présenter et échanger. Ces vidéos seront envoyées aux correspondant·e·s, qui y répondront à leur tour en partageant leurs expériences et en posant des questions pour mieux comprendre la réalité des autres. « Ce format interactif permet d’instaurer une communication plus authentique, plus chaleureuse et de mieux comprendre les réalités culturelles de chaque groupe », partage M. Bernard.
Découverte des traditions et des spécificités culturelles
Les échanges couvrent des sujets variés, tels que les traditions locales, les coutumes familiales, la cuisine et les habitudes de vie. Par exemple, les élèves belges ont partagé la recette traditionnelle de la tarte au riz, tandis que les élèves canadien·e·s ont envoyé une de crêpes. Selon Bruno Bernard, ces échanges simples permettent aux enfants de mieux se connaître et d’apprécier les similitudes et les différences entre leurs cultures.
Un élève de l’École Émilie-Tremblay lit attentivement les questions envoyées par un correspondant belge, un moment clé de l’échange.
Les élèves de la classe de Jessica Perigny Comtois, enseignante à l’École Émilie-Tremblay en 5e et 6e année, ont reçu leur première vidéo de leurs correspondant·e·s belges. Certain·e·s ont été surpris·es par l’utilisation du mot hobby au lieu de passe-temps. « C’est étrange qu’ils utilisent des mots anglais », ont commenté certain·e·s. D’autres élèves ont aussi relevé l’usage du mot « foot » en Belgique, alors qu’ici on dit soccer.
Cette curiosité anime le groupe, qui comprend très bien l’objectif de ces échanges. « On doit apprendre les autres cultures. Ce n’est pas parce qu’on parle français qu’on est pareil ». À travers ces échanges, les élèves découvrent qu’au-delà des mots, les cultures se partagent des expériences, des traditions et des façons de voir le monde. Dans leur vidéo, les élèves belges ont posé des questions au groupe du Yukon telles que « Quel genre de paysage voyez-vous? Quels animaux vivent chez vous? À quel jeu jouez-vous? »
« Ce dialogue ouvre la voie à une meilleure compréhension mutuelle et à une exploration des différences et des ressemblances entre les deux groupes. La motivation cette année est venue principalement du fait que ce genre d’activité de correspondance a connu beaucoup de succès auprès de mes précédentes cohortes », rapporte l’enseignante.
« C’est cependant la première fois que nous faisons des échanges avec une classe à l’extérieur du Canada. C’est un projet qui permet aux élèves de découvrir une autre culture ainsi que de faire découvrir la leur, tout comme leur petit coin de pays. Cela entraîne donc une réflexion sur leur identité, ce qui est très important dans un contexte minoritaire comme le nôtre », explique Mme Perigny Comtois.
Le programme, qui se déroule sur six mois avec un groupe d’une quinzaine d’élèves, ne se limite pas à un simple échange scolaire. « C’est une occasion de développer une conscience globale, tout en renforçant leur identité. Ces échanges entre les élèves de Whitehorse et de la Belgique ne se contentent pas de favoriser l’apprentissage académique. Ils construisent un véritable pont culturel entre deux régions éloignées, tout en encourageant les jeunes à explorer davantage la francophonie à l’échelle mondiale », estime M. Bernard.
« Au-delà des échanges scolaires, ce projet incarne un véritable pont d’humanité entre deux mondes francophones ». Il rappelle que, bien que séparés par des milliers de kilomètres, les jeunes de Whitehorse et de la Belgique partagent une même langue, un même amour de la culture et un même désir d’enrichir leurs vies. « À travers les sourires échangés dans les écrans, les recettes partagées et les questions, c’est un peu de l’âme de la francophonie mondiale qui se tisse chaque jour », conclut Bruno Bernard.
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