Harnoor Singh, de l’Inde, est un francophone par choix au Yukon.
Avec une population estimée à 1,4 million d’habitants, Ludhiana est la plus grande ville du Pendjab, au nord-ouest de l’Inde. C’est d’ici que commence la trajectoire d’Harnoor Singh : un francophone par choix.
Quel est l’endroit que vous considérez comme votre premier « chez vous »?
Sans doute, c’est l’Inde, mon pays natal. J’ai plein de connexions avec l’Inde, j’y ai passé mes 20 premiers ans avant de déménager au Canada.
Et quelle ville de l’Inde?
C’est Ludhiana, une ville située du nord-ouest de l’Inde. Son économie est remarquable, une grande partie de la population travaille dans l’industrie du vélo. C’est une belle ville avec plein d’options pour une nourriture délicieuse. C’est l’une des choses qui me manquent beaucoup.
L’Inde n’est pas francophone. Comment avez-vous fait la rencontre du français? Qu’est-ce qui vous a motivé à apprendre le français?
Depuis mon enfance, le français m’attirait. Donc, le but principal de quitter l’Inde était l’opportunité d’apprendre le français. Et, je savais que le français était la deuxième langue du Canada. Alors, afin d’améliorer le français, j’ai postulé pour être résident permanent avec l’espoir de devenir citoyen canadien.
Le Yukon m’offre plein d’opportunités d’intégrer la communauté francophone. Il y a beaucoup de francophones. Ceci m’a permis d’améliorer mes compétences dans la langue de Molière.
Vous vous intéressez à la littérature en français?
Pas directement, mais j’écoute des podcasts, surtout la série InnerFrench. Ça m’aide énormément à enrichir mon vocabulaire et comprendre la culture française.
Faites-vous partie d’une communauté francophone à Whitehorse?
Oui, je connais plein de francophones. En fait, c’est mon réseau principal ici à Whitehorse. C’est grâce à mes amis francophones que j’ai trouvé l’Association franco-yukonnaise. C’est comme ça que j’ai pris des cours de conversation qui m’ont aidé à améliorer mes compétences, rencontrer d’autres personnes et créer un réseau social. Ça, c’est bien.
Quelle est l’image tenace que vous avez du moment de départ et qui vous reconnecte à l’Inde?
C’était mon dernier jour en Inde à l’aéroport avec mes deux amis et mes parents qui m’accompagnaient prendre l’avion. Mais, j’ai déjà visité deux fois depuis mon déménagement ici. C’était une très une belle expérience.
Gardez-vous encore un lien avec Ludhiana?
Oui, j’appelle mes parents chaque semaine et parfois mes amis afin de rester en contact.
Connaissez-vous des francophones à Ludhiana?
Pas vraiment. Ça fait juste deux ans et trois mois que j’ai commencé à apprendre le français. En tout cas, c’est vraiment extraordinaire!
Quel est le parfum, le goût ou le plat de Ludhiana qui déclenche la nostalgie?
Honnêtement, c’est le poulet au beurre! Heureusement, j’ai de la famille à Vancouver : oncle, tante et cousins. Et ma tante qui cuisine vraiment bien. Quand je leur rends visite, c’est la première chose que je mange.
Est-ce possible de déguster un bon poulet au beurre à Whitehorse?
Pas vraiment, mais je me contente de la gastronomie mexicaine que j’aime beaucoup.
Est-ce qu’il y a un objet ou un souvenir que vous avez apporté qui donne une idée de votre trajectoire et puis qui vous permet aussi de vous ancrer au Yukon?
C’était deux valises qui contenaient toutes mes choses, toute ma vie. Tout était accumulé dans ces valises : les vêtements et les choses que j’utilise au quotidien, rien de spécial.
Les deux valises, vous les gardez encore?
Ah oui, j’utilise les mêmes valises que j’ai portées il y a environ sept ans.
Y a-t-il une valeur sentimentale attachée à ces valises?
Elles me rappellent la première fois que j’ai déménagé tout seul. C’était le passage à l’âge adulte où on devient indépendant.
Pensez-vous avoir changé ou vous êtes toujours le même Harnoor de Ludhiana?
Franchement, je pense que j’ai changé d’une manière indépendante et positive. En Inde, j’habitais avec ma famille comme d’autres personnes de mon âge, et les décisions étaient prises par la famille. C’était confortable et j’étais à l’aise. Mais, ici, j’aime bien cette liberté de découvrir les choses moi-même. Il fallait quitter la zone de confort et découvrir une nouvelle culture et faire du réseautage avec d’autres personnes pour l’épanouissement de ma vie personnelle et professionnelle.
Vous sentez-vous Yukonnais et vraiment chez vous au Yukon?
Oui, effectivement, je pense que c’est le meilleur endroit au Canada pour faire de belles rencontres et découvrir la nature. Le paysage est à couper le souffle. Il y a les montagnes, les lacs ou les rivières. Aussi, j’aime bien la culture de Premières Nations. C’est un bel endroit, mais l’hiver, il fait un froid de canard. Je croise mes doigts que cet hiver soit plutôt agréable. Mais il y a quand même des activités qui nous permettent un peu d’oublier le froid. C’est pourquoi j’aime bien m’entraîner au Centre des Jeux du Canada ou en pleine nature avec les amis.
IJL – Diversité des voix – L’Aurore boréale
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