Morgan Wienberg est la cofondatrice et la directrice générale de Little Footprints Big Steps.
Cette célébration était une façon pour la cofondatrice et directrice générale de l’organisme, Morgan Wienberg, de remercier la communauté yukonnaise qui l’a épaulée dans ses démarches au cours des 15 dernières années.
La genèse de l’organisme
Morgan Wienberg s’est rendue en Haïti en 2010, quelques mois après le tremblement de terre dévastateur qu’a subi le pays, pour faire du bénévolat dans un orphelinat. Elle y passe un mois, retourne au Canada et ne peut arrêter de penser aux conditions de vie des enfants dans cet orphelinat. « J’avais 18 ans. J’ai reporté mon inscription à l’université et j’ai occupé trois emplois différents pour épargner assez d’argent pour aider ces enfants. »
La jeune femme retourne en Haïti en 2011 pour y passer cinq mois et demi avec les jeunes orphelin·es. En leur parlant, elle découvre que plusieurs de ces enfants s’ennuyaient de leurs familles. « Notre perception des orphelinats est que les enfants n’ont pas de parents, mais la réalité est que, pas seulement à Haïti, mais dans le monde, plus de 80 % des enfants dans les orphelinats sont des orphelins de la pauvreté. Ces jeunes ont des familles, mais elles ont du mal à s’occuper d’eux. J’ai commencé à réunir des enfants avec leurs familles et c’est comme cela qu’est né Little Footprints Big Steps », explique Morgan Wienberg.
Un travail important
« L’organisme a commencé avec moi et un employé et nous faisions la recherche pour retrouver les familles des enfants et leur offrir du soutien. Cet employé est encore avec nous et fait partie d’une équipe de maintenant 20 personnes », mentionne Mme Wienberg.
« Nous travaillons de près avec les autorités haïtiennes, dont les services sociaux et les services de protection des enfants. Nous protégeons les enfants en soutenant les familles et en abordant les causes fondamentales des séparations », détaille Morgan Wienberg.
Au cours des quinze dernières années, l’organisme a aidé à réunir les enfants avec leurs familles, à soutenir l’accès à l’éducation, à renforcer les liens familiaux et à créer des occasions pour les enfants et les familles en Haïti. « Il y a eu des progrès au niveau du mouvement social en matière de réforme de soins (s’éloigner des orphelinats et des institutions vers des soins pris en charge par les familles). Le gouvernement a mis en place un système de foyers d’accueil pour des placements temporaires et a aussi évalué les orphelinats du pays et, depuis octobre 2018, aucun nouvel orphelinat n’a vu le jour, car le gouvernement a mis l’accent sur la réglementation des orphelinats existants », explique la jeune femme.
Wesley Louissaint connaît Morgan Wienberg depuis 2011. Il n’a pas hésité à confirmer à sa présence à la célébration du 2 juillet dernier.
La présence d’un artiste de renommée internationale au Yukon
Wesley Louissaint rencontre Morgan Wienberg à Montréal en 2011 quand la jeune femme participe à un programme qu’il organise. Elle lui demande des conseils et ils se voient en Haïti en 2012 et à quelques reprises après. Il n’a pas hésité à accepter l’invitation de participer à la célébration du 2 juillet.
« La culture et la musique font partie d’une valeur inouïe du Canada. C’est incontestable, ça fait pas mal, c’est toujours bien reçu. Ça amène un sentiment de partage et une façon de se connaître et de devenir une même humanité », mentionne l’artiste, aussi connu sous le nom de Wesli.
Wesley Louissaint est né à Port-au-Prince à Haïti. Quatrième d’une famille de sept enfants, il commence à s’intéresser à la musique en regardant son père jouer du banjo et des percussions pour les touristes dans les années 1980. À l’âge de 5 ou 6 ans, il accompagne son père en jouant du « shaker » et construit sa première guitare à l’âge de 8 ans à partir d’un bidon d’huile. « Mon frère l’avait amplifiée avec des transistors et des morceaux de haut-parleurs. On a joué au réveillon de Noël avec les enfants », se rappelle l’artiste.
Il arrive à Montréal à l’âge de 21 ans, armé d’une bourse de l’Ambassade du Canada pour étudier la musique au Cégep Marie-Victorin.
Il est important pour Wesley Louissaint de s’engager dans des célébrations de reconnaissance de son pays natal. « Cet événement est une première au Yukon. C’est une façon de faire connaître la culture haïtienne au Yukon. En tant que francophone et gagnant d’un Félix au Québec et d’un Juno au Canada, c’est mon rôle principal d’aller au Canada pour faire connaître la culture haïtienne et de rassembler tout un peuple », explique-t-il.
Wesley Louissaint aime partager son art, donner sa voix aux personnes sans voix et apporter de bonnes vibrations. « J’aime rencontrer des gens différents. C’est pour cela que je suis venu au Yukon. Aller rencontrer du nouveau public, découvrir de nouvelles expressions artistiques. J’aime voyager et partager mon art avec le reste du monde », conclut-il.
L’artiste poursuit une tournée cet été à travers le Canada et le Royaume-Uni et prépare un prochain album qui sortira en 2027.
IJL – L’Aurore boréale
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