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le Jeudi 2 juillet 2026 7:48 Premières Nations

L’ABC du tourisme autochtone au Yukon

Randonnée près de Carcross, sur le territoire traditionnel de la Première Nation de Carcross/Tagish. — Photo : Laurie Trottier
Randonnée près de Carcross, sur le territoire traditionnel de la Première Nation de Carcross/Tagish.
Photo : Laurie Trottier

Peu importe de quoi sera fait votre séjour touristique au Yukon, une chose est certaine : vous vous retrouverez forcément sur le territoire traditionnel d’une des 14 Premières Nations. Alors que l’offre touristique autochtone continue de se développer, plusieurs ressources sont désormais disponibles afin de guider les voyageurs et voyageuses dans leurs aventures. 

Lorsqu’elle a lancé son entreprise, Amber Berard-Althouse ne se doutait pas, il y a deux ans, que son projet allait lui permettre de trouver sa voix et de poursuivre son travail de guérison. Après plus de dix ans à travailler comme interprète pour Parcs Canada, elle a fondé « The Land Heals » afin de partager ses connaissances sur la culture des Premières Nations du Yukon, les plantes médicinales et le yoga à travers des ateliers et des balades interprétatives.

Membre de la Première Nation de Kluane et d’origine tlingit, française et allemande, celle-ci voit dans son travail un devoir d’éducation. « J’ai le sentiment que je poursuis l’œuvre des revendications territoriales. Je n’ai jamais été envoyée en pensionnat autochtone, mais des membres de ma famille, oui. J’ai l’impression qu’il est de mon devoir d’enseigner à la mémoire de ces proches et de ces ancêtres », soulève-t-elle.

Amber Berard-Althouse a élaboré un programme de deux jours axé sur l’enseignement des savoirs des Premières Nations, destiné aux personnes autochtones, pour les aider à se lancer en tourisme de façon sécuritaire. « Au cours d’une marche de 45 minutes, on peut transmettre aux gens un savoir pour lequel ils devraient probablement lire dix livres afin d’en assimiler l’intégralité. Sans compter qu’une grande partie de ces connaissances autochtones ne figure même pas dans les livres ». Selon elle, les conversations difficiles mènent au plus grand changement.

À cet effet, le site Internet de la Yukon First Nations Culture & Tourism Association [Association de la culture et du tourisme des Premières Nations du Yukon] (YFNCT) liste une dizaine d’opérateurs touristiques autochtones au territoire, en plus d’une trentaine d’expériences guidées et d’une vingtaine d’artistes à découvrir. Amber Berard-Althouse est la présidente du conseil d’administration de la YFNCT. Selon elle, l’organisation est essentielle afin d’aider les membres des Premières Nations du Yukon à développer leurs compétences dans le monde touristique, en plus de mettre en valeur leurs riches histoires. « Oui, la ruée vers l’or fut une période importante qui a changé le Yukon à jamais, mais il y a des milliers d’années d’histoire qui la précède », illustre-t-elle.

Amber Berard-Althouse échange avec un groupe lors d’une marche interprétative près du fleuve Yukon, à Whitehorse. L’interprète aimerait que les entreprises touristiques au Yukon intègrent davantage d’expériences autochtones racontées par les Premières Nations à leurs itinéraires.

Photo : Fournie

Entre appropriation et appréciation culturelle

Le Centre culturel Kwanlin Dün, situé en plein centre-ville de Whitehorse, est un arrêt fréquent pour les personnes en visite. Plusieurs festivals et événements culturels s’y déroulent tout au long de l’année. «  La boutique est aussi en pleine expansion », mentionne la directrice culturelle Hannah Turcotte. « C’est vraiment apprécié par les touristes, parce qu’ils auront la certitude que chaque artiste que nous présentons dans notre boutique est autochtone et qu’il a réalisé ces pièces lui-même ». Elle souligne au passage que porter une paire de boucles d’oreilles achetée à la boutique est un signe d’appréciation culturelle, et non d’appropriation. « Nous ne vendrons jamais d’œuvres sacrées, comme des tenues de cérémonie ou des fagots de fumigation. Si une œuvre est dans notre boutique, c’est que l’artiste a consenti à ce qu’elle soit achetée ou portée par quiconque. »

Des panneaux sont d’ailleurs installés lors d’événements touristiques pour aider les touristes à faire la différence entre appréciation et appropriation culturelle. « L’appropriation de l’art autochtone nous prive du pouvoir de partager notre identité et nos histoires selon nos propres termes. À l’inverse, l’appréciation culturelle s’enracine dans le respect, un engagement éclairé, ainsi que l’inclusion de la reconnaissance et de l’obtention d’une permission », peut-on lire. Hannah Turcotte croit qu’une certaine responsabilité revient aux touristes, et leur suggère de porter une attention particulière à l’endroit où les gens se procurent des souvenirs.

Directives pour un voyage respectueux

En plus d’un guide de bienvenue qui regorge d’endroits à visiter à travers le Yukon, la YFNCT a également élaboré une série de directives pour un tourisme respectueux appelée « Suivez nos pas ». Celle-ci a récemment été traduite en français grâce à un fonds mis en place par l’Association franco-yukonnaise (AFY). On y invite les voyageurs et voyageuses à aller à la rencontre des communautés autochtones, tout en les avisant d’éviter les lieux sacrés, comme les maisons spirituelles ou les cimetières. « Notre culture n’est pas à vendre. Veuillez donc ne pas copier nos concepts, nos chants et nos danses, car ils appartiennent aux membres de nos familles, à nos clans et à nos communautés », peut-on lire. Le document sera disponible sur le site de la YFNCT. 

IJL – L’Aurore boréale

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