Rose sauvage (Rosa acicularis)
La rose sauvage (ou églantier), très commune au Yukon, diffère des roses de jardin par différents aspects. Notamment, elle n’a que cinq pétales, généralement de couleur rose, ou parfois blanche. Elle possède des épines (très nombreuses et fines) et pousse sur des buissons de 30 à 120 cm de haut.
Partie utilisée : Fleurs vers mai-juin, ou le cynorrhodon (le fruit) de fin juillet jusqu’aux premiers gels. Les feuilles sont aussi utilisées en infusion.
Propriétés : Le fruit a une haute teneur en vitamine C et en antioxydants. C’est un allié hivernal pour le système immunitaire.
Comment l’utiliser? Gelée de pétales de roses. (Voir encadré).
Les pétales frais peuvent être intégrés dans des salades, pour apporter une touche de couleur et de vitamine C. Ou consommés seuls, comme friandise en randonnée.
Les pétales peuvent être utilisés pour un petit pansement de fortune, pour des petites coupures ou égratignures.
Les fruits ont une très haute teneur en vitamine C. On peut en faire une confiture après s’être débarrassé des graines poilues et irritantes (attention, c’est un travail de longue haleine, mais il est indispensable). Les fruits doivent être récoltés le plus tard possible dans la saison, lorsqu’ils sont bien rouges et tendres. Le premier gel leur donne une saveur un peu plus sucrée. Cette confiture accompagne bien les plats en sauce de l’Action de grâce, ou du temps des fêtes.
Les fruits séchés (rosehips, en anglais) sucreront légèrement votre boisson chaude, et apporteront une bonne dose de vitamine C. Idéal lors des rhumes hivernaux. Le thé au fruit des roses est aussi bon à boire en cas de diarrhée.
Les feuilles et les pétales peuvent être utilisés en cataplasme pour soulager les piqûres d’insectes.
Faire de l’eau de rose, en récupérant la vapeur d’une poignée de pétale mise à bouillir dans une casserole. Cette eau (récupérée de la vapeur refroidie) est astringente, très bonne pour la peau ou pour appliquer en compresse sur des yeux irrités. (Ou pour donner une bonne odeur dans la maison).
La prêle est un excellent allié en cas de blessure, en tisane, ou en cataplasme. Mais attention, il faut la récolter en début de saison, avant que les tiges ne pointent vers le bas. Sinon… elles ne sont bonnes que pour récurer les casseroles!
Prêle des champs (Equisetum arvense)
Cette plante est de la famille des plantes préhistorique, explique Beverley Gray dans son livre The Boreal Herbal. En anglais, elle se nomme Horsetail. Queue de cheval. Cette plante a la particularité d’avoir deux poussées. La première pousse ne contient pas de chlorophylle, elle est donc de couleur foncée, voire brune. C’est la pousse qui est fertile. Elle a à son sommet un petit cône qui libérera des spores, lorsqu’arrivé à maturité.
Une fois les spores libérées, cette tige se fane et est alors remplacée, à sa base, par plusieurs tiges, vertes, très ramifiées. Ces nouvelles pousses, vertes, sont stériles. Elles ne créeront plus la reproduction de cette plante. La nature semble bien faire les choses, puisque la première pousse, fertile, n’a aucune propriété médicinale. Seule la pousse verte possède des propriétés.
Parties utilisées : Les tiges vertes doivent être récoltées au début de l’été. Si on les récolte tard dans la saison, elles peuvent nuire aux reins. Comment savoir si les plantes que vous voyez sont encore « bonnes »? Si les extrémités pointent vers le haut, c’est le parfait moment pour les récolter. Si elles retombent vers le bas, laissez-les.
Propriétés : La prêle contient de la silice, qui aide notre corps à former du collagène, une protéine qui est bonne pour la peau, les os, les ligaments et les cartilages. C’est donc une plante qui est bonne à prendre, en tisane, comme tonique. C’est une plante diurétique, qui peut être intégrée dans des jus (extracteurs). On peut aussi en faire un cataplasme pour mettre fin à des saignements en cas de petites plaies. La plante contient du magnésium, du fer, du calcium et du carotène, entre autres.
Comment l’utiliser? Les tiges vertes et tendres, avant que les ramifications n’aient poussé, peuvent être utilisées comme légumes (un peu comme des asperges : bouillies, par exemple), ou utilisées en tisane.
On peut faire une infusion et l’ajouter à l’eau de rinçage des cheveux.
En tisane, on peut utiliser cette plante lorsqu’on a des blessures aux os, aux ligaments, ou aux articulations.
Beverley Gray propose, dans son livre, une recette de poudre pour se laver les dents, à base de poudre de prêle, mélangée à de la poudre de menthe séchée, de sel et de bicarbonate de soude.
Précautions : Il n’est pas recommandé d’en faire un usage sur le long terme. Beverley Gray recommande de ne pas l’utiliser en cas de problème cardiaque, d’œdème, de goutte ou d’inflammation des reins.
Maryne Dumaine est titulaire d’un certificat en phytothérapie. Les conseils donnés dans cet article ne remplacent pas l’avis d’une personne professionnelle de la santé ou en herboristerie.
Sources : The Boreal Herbal, Beverley Gray. Secrets et vertus des plantes médicinales, Selection du Reader’s Digest Formation
Discovering Wild Plants,Janice J. Scholfield. Edible and Medicinal Plants of the Rocky Mountains and Neighbouring Territories, Terry Williard.
Le Saviez-vous?
Lorsque les tiges retombent vers le sol, les prêles sont d’excellents alliées de… la vaisselle! Elles ont alors développé des cristaux de silice à leurs extrémités, légèrement abrasives, qui permettent de bien récurer les casseroles. Pas besoin de savon, car leurs propriétés les rendent aussi désinfectantes!
Bien utile en camping!
Récolter des plantes médicinales
Assurez-vous de ne pas récolter vos plantes sur des terres autochtones sans en avoir préalablement demandé l’autorisation. Dans tous les cas, il est bon de savoir sur quel territoire autochtone vous vous trouvez lors de votre récolte.
Il est mieux de faire votre récolte lors d’une journée ensoleillée.
Connaissez les plantes que vous récoltez! Si vous avez un doute, mieux vaut vous abstenir. Il y a plusieurs herboristes au Yukon, et même une guilde des herboristes. Consultez-les avec un échantillon pour confirmer ce que vous avez trouvé.
Il est préférable de récolter loin des routes, pour éviter toute pollution.
Pour éviter les ours, sortez en groupe, et faites du bruit pour ne pas les surprendre. Équipez-vous d’un spray anti-ours et renseignez-vous à leur sujet.
Ne récoltez que là où il y a de grandes quantités de plantes identiques, en ne prenant que ce que vous utiliserez. Prenez soin de ne cueillir qu’une petite minorité de l’espèce, sur l’endroit où vous vous trouvez. Laissez les racines et, si possible, les fruits afin que la plante puisse se régénérer. Récoltez les plantes en pleine conscience, et avec respect.
Les enseignements des Premières Nations recommandent également de « remercier » la terre ou de faire une offrande. Il existe en ligne des sites qui proposent du tabac à offrande, cultivé au Canada par des organisations autochtones. « Mais une simple pensée, prière ou connexion à la terre peut suffire », indiquait Tosh Southwick, de Inspire.Reconcilation.Potential, lors d’une formation sur la réconciliation, en mars 2025. Elle suggérait aussi, en remerciement à la terre, de profiter de notre temps de récolte pour nettoyer le site et ramasser les déchets, s’il y en a.
RECETTES
Confiture de pétale de rose :
Mettez un peu de magie dans vos chaudrons!
– 500 g de pétales de roses sauvages (cueillis loin de routes)
– 500 g de sucre blanc
– 3 citrons
Ne gardez que les pétales des roses (enlever les cœurs). Laissez macérer dans deux tasses d’eau (filtrée ou non chlorée, si possible), pendant 12 heures.
Le lendemain : dans une grande casserole, porter 150 ml d’eau à ébullition. Ajouter le sucre et le jus de citron. Laissez cuire jusqu’à ce que le mélange soit sirupeux.
Ajouter les pétales et l’eau de macération. Laissez cuire une quinzaine de minutes. Le mélange devrait désormais être brun.
Ajouter le jus des deux autres citrons. Par magie, le mélange devrait reprendre de la couleur rose. Laissez cuire pendant encore au moins 30 minutes, ou jusqu’à ce qu’un test de « l’assiette froide » fonctionne (la confiture est prête quand elle coule doucement sur l’assiette froide).
Notes : D’autres recettes existent, à base de pectine. Ça facilite la « prise » de la gelée. Suivez les instructions sur l’emballage de la pectine.
Pour plus de parfum, il est possible d’intégrer quelques gouttes d’eau de rose, qu’on trouve au Yukon à l’épicerie, dans la section des produits internationaux.
Utilisez votre créativité. Si vous enlevez les pétales, vous obtiendrez de la gelée. En ajoutant d’autres baies sauvages, comme des framboises, le goût sera plus prononcé.
Bain pour les corps (ou les pieds) fatigués
– Une poignée de prêle
– Eau
Faites bouillir de l’eau, plongez-y les tiges, laissez refroidir jusqu’à ce que l’eau soit tiède. Versez le tout dans une bassine et plongez-y vos pieds endoloris pendant 15 à 30 minutes. Utile en randonnée. Si vous rentrez chez vous le soir, versez ce thé dans l’eau du bain. Utilisez cette eau en rinçage de cheveux qui peut aider à leur pousse et éliminer les pellicules.
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