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le Jeudi 9 avril 2026 7:54 Premières Nations

Comment soutenir activement les Premières Nations

  Photo : Angélique Bernard
Photo : Angélique Bernard

Une formation s’est tenue le 1er avril au Centre de la francophonie à Whitehorse sur comment faire preuve de solidarité active envers les Premières Nations.

Organisée en collaboration avec l’Association franco-yukonnaise (AFY) et la firme IRP Consulting, cette activité s’inscrit dans l’engagement de la communauté francophone envers la réconciliation.

En 2020, le conseil d’administration de l’AFY a décidé d’inclure dans sa planification stratégique un axe de rapprochement avec les Premières Nations. Une stratégie de rapprochement avec les Premières Nations en a découlé et l’AFY avait le désir de se positionner comme alliée dans le contexte de la réconciliation.

Pour Isabelle Salesse, directrice générale de l’organisme, il est important que son personnel « soit formé par des personnes des Premières Nations pour savoir ça veut dire quoi exactement être un allié et comment tu deviens un allié sans reproduire des approches de colonialiste ou qui peuvent paraître colonialistes. Donc, c’est important d’être formé pour comprendre et pour agir en conséquence. » Des employé ·es de la Commission scolaire francophone du Yukon, des Essentielles, ainsi qu’un membre du conseil d’administration de l’AFY ont également participé à cette formation.

Cass Ivany et Davida Wood, de la firme IRP, ont animé l’atelier sur comment être un·e allié·e envers les Premières Nations.

Photo : Angélique Bernard

Formation pratique

Cass Ivany et Davida Wood, de la firme IRP Consulting, ont offert l’atelier. Elles ont mentionné qu’il est important de se renseigner et de réfléchir à « comment nous sommes arrivés ici? Quelle histoire se cache derrière le présent? »

Elles ont commencé l’atelier en faisant un retour sur le racisme systémique qu’elles décrivent comme « des politiques et des pratiques qui existent à travers une société ou un organisme et qui causent et soutiennent un avantage injuste pour certaines personnes et un traitement injuste ou nocif envers d’autres personnes selon la race. »

Elles ont rappelé que, selon des statistiques de 2021, 23,7 % des enfants autochtones vivaient dans la pauvreté, comparativement à 10,8 % des enfants non autochtones. L’espérance de vie projetée des personnes autochtones nées au Canada est de 77 ans, comparativement à 85 ans pour les personnes non autochtones. Seuls 8 % des enfants au Canada sont autochtones, mais ils et elles représentent 54 % des enfants vivant en foyers d’accueil. Au Yukon, ce chiffre est près de 100 %.

Cass Ivany a expliqué que l’alliance inclusive (terme privilégié pour transmettre l’idée de allyship en anglais) est « un processus continu de création de liens avec des personnes ou des groupes marginalisés fondée sur la confiance, la constance et la responsabilité. »

Pour être en mesure d’offrir un soutien aux personnes autochtones, les gens doivent être authentiques, humbles et ne pas chercher la reconnaissance. Ce soutien peut être différent selon la personne, mais le but ultime est de déconstruire les idées préconçues que les gens pourraient avoir sur les peuples autochtones et de créer des espaces pour avoir des dialogues constructifs.

Davida Wood donne un exemple concret pour démontrer comment les changements sont possibles grâce à des personnes alliées : « beaucoup de communautés vivent encore sans eau potable, à longueur d’année. La situation s’est améliorée dans les dernières années. Pas seulement parce que des personnes autochtones l’ont dénoncé, mais aussi parce que des personnes l’ont inclus comme des enjeux politiques lors des élections ». Elle cite également, au Yukon, quatre femmes non autochtones qui ont fait pression auprès du gouvernement du Yukon pour l’inclusion du volet sur l’histoire des pensionnats dans le programme scolaire yukonnais. « Être un ou une alliée, c’est se centrer sur le narratif des Premières Nations, amplifier leur travail, collaborer et donner du pouvoir aux leaders au niveau local », indiquent les formatrices.

Elles rappellent que la réconciliation est un travail de longue haleine et que nous allons sûrement nous tromper quelque part, car les erreurs font partie de l’apprentissage et de la croissance. Si cela arrive, nous devons faire preuve d’humilité, prendre la responsabilité, reconnaître qu’on s’est trompé, apprendre de nos erreurs et réparer les relations.

Et pour la suite…

L’atelier du 1er avril était limité à 25 personnes et a donc été offert à un public ciblé. Mais l’AFY prévoit d’offrir cet atelier à toute personne qui pourrait être intéressée à l’avenir.

IJL – L’Aurore boréale

Vingt-cinq personnes ont participé à l’atelier sur comment être un·e allié·e envers les Premières Nations.

Photo : Angélique Bernard

Mettre tout cela en pratique

Voici quelques exemples, proposés par les animatrices de l’atelier, de ce que nous pouvons faire pour mettre cette solidarité active en pratique :

Soutenir des entreprises autochtones.

Acheter des œuvres d’artistes autochtones du Yukon.

Participer à des groupes de lecture autochtone.

Écouter des balados sur des sujets autochtones.

Poser des questions, parler aux gens, demander des conseils.

En période d’élections, poser des questions sur les enjeux autochtones aux candidat·es.

Réfléchir à notre rôle. Continuer à créer des liens.

Continuer à se renseigner, à apprendre, à chercher des occasions d’apprentissage.

Prendre une pause et penser à nos préjugés.

Se rendre compte que la langue et les symboles que nous utilisons peuvent présenter des idées coloniales.

Se mettre à la place d’une personne autochtone.

Reconnaître et comprendre nos privilèges.

Participer aux activités culturelles et sportives autochtones.

Célébrer et partager les histoires à succès.

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