L’évènement, organisé conjointement par l’Université du Yukon, le ministère de l’Environnement du Yukon et différents acteurs du milieu, a lieu depuis le début des années 2000. Cette année, la majorité des présentations auront lieu au Centre culturel Kwanlin Dün le samedi 28 mars de 9 h à 16 h. Denny Bohmer, biologiste coordonnateur du Centre de données sur la conservation des espèces du Yukon et organisateur principal du forum indique qu’« il s’agit là d’une opportunité unique de se mettre à jour sur la santé des écosystèmes au Yukon. »
Le cypripède jaune est une orchidée qui n’avait historiquement été répertoriée au Yukon que dans les monts Ogilvie. Depuis 2025, sa présence est maintenant confirmée dans le sud du Yukon.
À quoi s’attendre cette année
Des membres du Service canadien de la faune viendront présenter les résultats de leurs travaux sur la faune ailée du Yukon. On pourra notamment y entendre parler de comportements migratoires et de nidification de l’hirondelle de rivage au Yukon, de la migration de la maubèche des champs entre la Béringie et l’Argentine, ainsi que du statut précaire du bécassin roux. Cette équipe présentera aussi sur le relevé des oiseaux de rivage par écoute dans la région du versant nord du Yukon.
Quelques présentations auront aussi trait à la mesure et au suivi de l’impact des activités humaines sur l’environnement. Par exemple, Austin Zeller, de la Wildlife Conservation Society, fera une présentation sur l’impact cumulatif des activités minières sur les oiseaux nicheurs du nord de la boréalie, révélant les bénéfices de la réclamation et de la végétalisation. Aussi, Wes Moir, de l’Université de la Saskatchewan, parlera des macroinvertébrés benthiques comme indicateurs de la santé des écosystèmes aquatiques à travers les résultats de ses travaux faits en collaboration avec la Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun.
Ceux et celles ayant à cœur la connaissance, la préservation et la mise en valeur des ressources halieutiques ne seront pas en reste puisque Jonathan Lowey, de EDI, traitera d’indications de fraie du touladi dans la rivière Kathleen, alors que cette espèce est plutôt connue pour frayer en lac.
Comme dans tout bon évènement public, il y a aussi de la place pour des théories moins conventionnelles. Par exemple, cette année, une présentation sera donnée affirmant l’indigénéité d’une plante commune de la pharmacopée européenne, soit la matricaire odorante.
M. Bohmer lui-même présentera les résultats du bioblitz 2025, ainsi qu’une mise à jour de la liste des espèces du Yukon. L’inscription est suggérée, et le programme complet du forum peut être consulté sur le site du comité organisateur, au yukonu.ca/research/projects/biodiversity-working-group-annual-forum.
L’hirondelle de rivage niche souvent en colonie sur les parois le long des rivières du Yukon.
Faire de la place à la relève
Une place particulière est accordée à la relève. Que ce soit par une affiche ou une présentation formelle, plusieurs étudiantes et étudiants de l’Université du Yukon présenteront les résultats de leurs travaux. M. Bohmer insiste que l’inspiration de jeunes carrières est une composante essentielle de la mission du forum.
M. Bohmer indique qu’aucune présentation n’est prévue en français cette année. « Nous ne l’avons pas offert, car il n’y a pas eu de demande. Mais, à ma connaissance, il n’y a pas de restriction formelle donc ce serait éventuellement possible ». Les questions peuvent toutefois être acceptées et répondues dans la langue de leur choix par les francophones.
Par le passé, des avancées ont été faites quant à l’inclusion et la représentation des savoirs autochtones. Par exemple, en 2024 avec une présentation mettant en lumière la perspective dite de « double regard ».
Peu importe la perspective ou le sujet chouchou, la venue du Forum sur la biodiversité du Yukon se veut le signal de rassemblement de toute la communauté des sciences environnementales du Yukon. Place au printemps!
Lori Schroeder, en l’honneur de qui l’allocution d’ouverture est donnée cette année.
Une présentation en l’honneur de Lori Schroeder
L’allocution d’ouverture sera donnée par la Dre Isla Meyers au Gold Rush Inn le 27 mars dès 18 h 30. Dre Meyers travaille notamment à Qikiqtaruk (Île Hershell) dans le nord du Yukon et est affiliée avec l’Université de la Colombie Britannique. M. Bohmer mentionne que les travaux de cette chercheuse « peuvent aider à comprendre, prévenir et s’adapter à l’impact des changements climatiques. » Cette présentation sera donnée en l’honneur de Lori Schroeder, botaniste membre de la communauté scientifique yukonnaise décédée tragiquement en 2021. L’évènement est organisé par l’Institut des sciences du Yukon, dont elle a été coordonnatrice.
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