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le Jeudi 12 février 2026 7:55 Premières Nations

Tr’ondëk Hwëch’in poursuit le Yukon en Cour suprême

« Les activités minières sur notre territoire traditionnel ne peuvent se faire au détriment de nos droits et intérêts issus des traités. » Hähkè Darren Taylor, chef de Tr’ondëk Hwëch’in — Photo : Gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in
« Les activités minières sur notre territoire traditionnel ne peuvent se faire au détriment de nos droits et intérêts issus des traités. » Hähkè Darren Taylor, chef de Tr’ondëk Hwëch’in
Photo : Gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in

« Tr’ondëk Hwëch’in (TH) n’a eu d’autre choix que de déposer aujourd’hui une poursuite contre le gouvernement du Yukon (GY) devant la Cour suprême du Yukon », a annoncé le gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in par voie de communiqué.

Cette démarche vise à contester la décision du GY de modifier, « sans consultation préalable », plusieurs règlements encadrant l’exploitation minière au Yukon, notamment ceux liés à l’or alluvionnaire, au quartz et à l’utilisation des eaux.

Les modifications que conteste TH concernent la prolongation de la durée des autorisations accordées à certains exploitants miniers admissibles. Le gouvernement du Yukon affirme que cette mesure vise à résorber un « arriéré réglementaire » auquel il ferait face depuis l’an dernier.

« Le GY a pris la décision d’adopter les modifications réglementaires sans consulter TH. Nous avons appris la décision du gouvernement du Yukon le jour même où les modifications ont été apportées, soit le 29 mai 2025. Depuis, le gouvernement du Yukon continue d’ignorer nos appels répétés – ainsi que ceux d’autres Premières Nations du Yukon – à abroger ces modifications et à collaborer avec nous pour trouver une solution au prétendu “arriéré réglementaire”. »

TH soutient que ces prolongations permettent à certains projets miniers d’étendre leurs activités sur son territoire traditionnel, y compris sur des terres visées par des ententes, au-delà du cadre initial évalué en vertu de la Loi sur l’évaluation environnementale et sociale du Yukon (LEESY).

La Première Nation de la région du Klondike rappelle que les impacts de ces projets avaient été examinés il y a plus de dix ans, dans un contexte environnemental et socioéconomique très différent. Aucune prolongation n’était envisagée à l’époque, et TH estime que les conditions ont considérablement changé depuis.

« La situation dans laquelle se trouvait le gouvernement du Yukon en 2024-2025, et dans laquelle il se trouve actuellement, concernant le prétendu “arriéré réglementaire” aurait pu être entièrement évitée ou réglée », estime TH.

Selon la Première Nation, le gouvernement du Yukon aurait dû anticiper le volume accru de demandes de renouvellement, puisqu’un phénomène similaire s’était déjà produit il y a dix ans.

Plutôt que de renforcer ses capacités réglementaires, le gouvernement aurait opté pour une solution jugée « superficielle », mettant en péril l’environnement ainsi que les droits issus des traités.

« Le GY savait que l’industrie minière appuyait la modification réglementaire et savait également – ou aurait dû savoir – que ces modifications pourraient nuire à l’environnement et aux droits et intérêts de TH en vertu de l’Accord final et de l’Accord d’autonomie gouvernementale. Or, en informant TH des modifications réglementaires après leur adoption et leur divulgation à l’industrie, le GY a forcé TH à se trouver dans l’impasse, soit en acceptant les modifications et leurs effets néfastes, soit en prenant position contre l’industrie minière », souligne le communiqué.

« L’exploitation alluvionnaire est un secteur important de l’économie de Dawson et nombre de nos citoyens y travaillent. Cependant, les activités minières sur notre territoire traditionnel ne peuvent se faire au détriment de nos droits et intérêts issus des traités », a déclaré Hähkè Darren Taylor. « La conduite du GY est déshonorante et indigne de notre partenaire de traité. Elle oppose également les Premières Nations et l’industrie, ce qui nuit au processus de réconciliation au lieu de le favoriser. La décision du GY lèse le public, l’industrie et les Premières Nations, et ignore complètement le véritable problème : le manque de ressources du GY pour son système. »

Tr’ondëk Hwëch’in a déposé sa déclaration de réclamation le 28 janvier 2026. Elle conteste l’adoption jugée illégale des modifications réglementaires et réclame des dommages-intérêts importants pour le préjudice subi par la Première Nation et ses citoyen·nes.

Selon un communiqué de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in.

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