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le Jeudi 22 janvier 2026 7:53 Éducation et jeunesse

Comment éduque-t-on les jeunes à l’entrepreneuriat?

Avec son entreprise, Camille Cashaback St-Laurent participe, entre autres, au marché de Noël 
francophone, ArtisaNord. — Photo : Sandra St-Laurent
Avec son entreprise, Camille Cashaback St-Laurent participe, entre autres, au marché de Noël francophone, ArtisaNord.
Photo : Sandra St-Laurent

Au Yukon, les organisations proposant un accompagnement pour les personnes souhaitant se lancer dans l’entrepreneuriat sont nombreuses. Mais qu’en est-il pour les plus jeunes?

L’Université du Yukon, Yukonstruct, l’Association franco-yukonnaise… de nombreux organismes se proposent d’accompagner les nouvelles créations d’entreprises. Les personnes entrepreneures francophones sont d’ailleurs représentées dans de nombreux domaines : thérapie, comptabilité, gastronomie ou encore tourisme. 

Néanmoins, ouvrir son entreprise ne s’improvise pas. Non seulement la somme des connaissances à maîtriser pour démarrer une telle activité peut être intimidante, mais elles sont parfois peu enseignées dans le cursus scolaire classique. À Whitehorse, les élèves de certains établissements francophones ou de programmes d’immersion en français ont bénéficié, et bénéficient encore, de belles occasions pour découvrir la création ainsi que le fonctionnement d’une entreprise.

La créativité, une porte d’entrée vers l’entrepreneuriat

En 2024, Josianne Guay, une enseignante de mathématiques du Centre scolaire secondaire Paul-Émile Mercier (CSSC Mercier), a mis en place une vraie petite entreprise avec les élèves de son club de couture. Le but? Vendre leurs créations le jour du marché de Noël francophone ArtisaNord, mais, surtout, les sensibiliser au travail nécessaire à la réussite d’un projet entrepreneurial.

« Je pense que les étudiantes et les étudiants imaginaient que ça allait être facile », raconte Josianne Guay. « Mais il s’est vite avéré que proposer quelque chose à la vente, ça nécessite du travail! » En effet, la gestion du budget a été un vrai défi : entre coûts des matières premières et fixation des prix des articles, en passant par l’organisation du stand et de sa promotion, il a fallu penser à tout!

« Non seulement on a fait des maths, mais le côté humain était vraiment présent. Il n’est pas forcément possible d’avoir le même avis lors d’un projet, les élèves ont des personnalités différentes! Il a fallu discuter, trouver des compromis, réfléchir ensemble… ça a été une belle expérience! »

Hugo Bergeron, aujourd’hui directeur du CSSC Mercier, a enseigné pendant deux ans des cours de tourisme en français à F.H.-Collins.

Photo : Maryne Dumaine

Une tradition de formation en entrepreneuriat

Directeur du CSSC Mercier, Hugo Bergeron a enseigné pendant deux ans des cours de tourisme en français à F.H.-Collins. Les élèves obtenaient non seulement une connaissance générale sur les offres en milieu touristique dans le territoire, mais apprenaient aussi à conduire une étude de marché, à trouver des statistiques pertinentes et à mettre en place un projet. Ils organisaient ensuite leur propre séjour dans des sites touristiques.

Au-delà de l’apprentissage de compétences professionnelles, Hugo Bergeron souligne l’intérêt renforcé des élèves pour le français. « Pour faire apprécier une langue, il faut être dans le concret, montrer aux élèves non seulement à quoi ça peut leur servir, mais aussi que ça peut être le fun! »

Un autre projet consistait à créer, avec du ruban adhésif, des produits que les élèves devaient ensuite promouvoir. Il fallait alors trouver un nom de marque pour les sandales ou les pochettes de voyages artisanales, organiser la campagne de communication, créer des affiches… autant d’éléments qui les préparaient à une possible future création d’entreprise.

Mais les initiatives ne s’arrêtent pas là, notamment au CSSC Mercier. Deux élèves ont créé une réelle entreprise de paysagerie pour leur cours de carrière en 10e année; un cours de droit prévu cette année abordera le droit des affaires; et le cours de 12e année « Liens avec la vie personnelle et professionnelle » propose déjà des notions sur l’entrepreneuriat ou le repreneuriat.

Un pari sur l’avenir

Le programme Capstone, qui consiste en un projet de fin d’études obligatoire pour obtenir son diplôme, est également une belle porte d’entrée vers l’entrepreneuriat pour les élèves qui se lanceront bientôt dans la vie active. Une jeune artiste a, par exemple, créé une boutique en ligne pour vendre ses produits. L’important, pour le directeur, est la réflexion derrière le projet. « Les élèves ont la chance de bénéficier de quinze semaines pour mettre en œuvre leurs projets. Il y a forcément des choses qui vont rester pour plus tard! »

Enseignant de la 9e à la 12e année au CSSC Mercier, Simon Langlois souhaite que les formations en entrepreneuriat soient encore davantage proposées dans les établissements scolaires. « Les jeunes ne sont pas forcément très exposés à l’entrepreneuriat de manière globale », souligne-t-il. « En plus du cursus scolaire, nous organisons régulièrement avec nos élèves l’aide au financement du bal des finissants ou bien de leurs voyages scolaires, ce qui leur fait aussi découvrir une forme d’entrepreneuriat. Le Yukon offre des possibilités de se lancer en affaires pour les jeunes. Il faut qu’ils puissent les saisir! »

Pari réussi en tous cas pour Camille Cashaback St-Laurent, une des élèves ayant participé au marché ArtisaNord en 2024 et en 2025. Elle a depuis créé sa propre entreprise de créations en tissu. « Dans mon entreprise, je suis chargée de tout », raconte-t-elle. « Je m’occupe des affiches, du budget, de la gestion des réseaux sociaux… Ma mère et ma sœur m’ont énormément aidée. Le processus est long et parfois stressant, mais c’est une superbe expérience et je m’améliore à chaque fois! »

Le programme Capstone

Afin de pouvoir valider leurs diplômes du secondaire, les élèves doivent être en mesure de présenter un projet Capstone. Le but est de démontrer les connaissances et compétences acquises en les appliquant à la vie réelle. Les élèves choisissent alors eux-mêmes le sujet sur lequel ils ou elles souhaiteront travailler, en se basant sur leurs centres d’intérêt ou sur leurs futures études.

Les élèves démontrent lors de la gestion de ce projet à la fois la maîtrise de leur sujet, mais aussi leur maturité et leur investissement. Le mot «  capstone  » peut se traduire en français par «  point culminant.  »

Le programme Capstone est présent partout au Canada.

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