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le Jeudi 9 octobre 2025 8:05 Éducation et jeunesse

Des cartes postales pour renouer avec le passé

Josée Fortin a animé un cours d’écriture créative dans le but d’aider les élèves à rédiger leur carte postale. Au total, une cinquantaine d’élèves ont participé au projet.  — Photo : Stéphanie P. Grenier
Josée Fortin a animé un cours d’écriture créative dans le but d’aider les élèves à rédiger leur carte postale. Au total, une cinquantaine d’élèves ont participé au projet.
Photo : Stéphanie P. Grenier

Dans le cadre du 40e anniversaire de l’École Émilie-Tremblay, la Société d’histoire francophone du Yukon (SHFY) a réalisé un projet intitulé « Des images pour notre école ». Le deuxième volet de cette initiative a consisté à rédiger et à envoyer des cartes postales à d’anciens et anciennes élèves, créées à partir de photographies numérisées de l’école prises entre 1984 et 2004.

Sylvie Binette, dorénavant ancienne bénévole à la SHFY, a mené l’ensemble du projet. « Un travail de longue haleine », dit-elle. Elle tient à remercier le travail de Madeleine Girard, qui l’a épaulée dans ce projet.

Photo : Fournie

Le projet s’est déroulé en trois étapes en septembre. Les élèves ont d’abord rencontré deux ancien·ne·s élèves, puis ont reçu un atelier d’écriture créative en deux volets animés par Josée Fortin. Lors du dernier volet, les élèves ont écrit leurs cartes.

« On a d’abord fait un remue-méninges de ce qui est différent, de ce qui est pareil, avec Émilie-Tremblay il y a très longtemps pour eux », explique Josée Fortin. « Ça a bien marché, ils ont posé plein de questions. »

Pour réaliser les cartes, les élèves ont utilisé la technique de la bulle. « C’est une technique littéraire qui est beaucoup utilisée dans le remue-méninges », précise Mme Fortin.

Sylvie Binette, qui a mené l’ensemble du projet, a recueilli au préalable les adresses de plusieurs dizaines d’anciens et anciennes élèves de l’École Émilie-Tremblay. Au total, une quarantaine de cartes ont été envoyées.

Les cartes postales ont été réalisées par l’artiste francophone Aurore Favier et traitent de plusieurs thèmes, dont les différents lieux de l’école, les différentes activités qui ont eu lieu à l’école autant artistiques, culturelles que sportives, et le personnel de soutien.

À lire aussi : La Société d’histoire francophone du Yukon redonne vie à 40 ans de souvenirs

Raviver des souvenirs

Emilie Herdes et Félix Robitaille, qui ont fréquenté l’École Émilie-Tremblay dans le passé, ont visité les classes pour partager leur expérience et leur parcours à l’école et répondre aux questions des élèves de 5e et 6e année.

« C’était intéressant de voir les questions que les élèves avaient », partage Emilie Herdes. « Pour eux, penser à comment ça se passait à l’École Émilie-Tremblay, il y a plus de 20 ans, dans mon temps, je pense que c’est difficile pour eux d’imaginer. »

« Les élèves étaient très intéressés de savoir comment c’était quand il y avait encore les élèves du secondaire », ajoute-t-elle. « Ils étaient très étonnés de savoir que l’école était beaucoup plus petite dans ce temps-là. »

« Ces rencontres leur ont permis de voir ce qui est différent, mais aussi ce qui n’a pas tellement changé parce qu’il y a des choses qui sont restées un peu semblables, même après plusieurs années. […] Des photos réapparaissent de ce temps-là et parfois ça m’aide à raviver certains souvenirs. »

Félix Robitaille fait partie des premières générations qui ont reçu leur diplôme à l’École Émilie-Tremblay. Pour l’ancien élève qui a également ses enfants scolarisés dans la même école, « ça vaut la peine de parler de l’histoire, de son vécu. »

« Je pense que la meilleure façon d’assurer la rétention à l’école, c’est de voir des gens qui ont du succès dans la communauté, qui sont passés par l’école et pour que les jeunes réalisent que le Yukon, ce n’est pas si petit et qu’il y a un avenir. »

Ces rencontres ont permis d’inspirer les élèves à la rédaction des cartes postales.

Photo : Stéphanie P. Grenier

Et après?

Les cartes postales envoyées sont accompagnées d’une carte vierge que ces personnes pourront remplir à leur tour et renvoyer à des élèves de l’école. Certaines cartes ont été envoyées à l’extérieur du Canada.

Sylvie Binette, qui prend désormais une pause de ses activités au sein de la SHFY, se dit satisfaite de l’ensemble du projet tant pour la forte participation à l’identification des personnes sur les photos d’archives que pour la réception positive des élèves envers les différentes activités proposées.

« J’espère que ce projet de numérisation peut continuer au secondaire et qu’il pourrait impliquer des jeunes qui sont curieux par la numérisation, le travail au niveau des archives, comme imprimer des photos, faire des suivis », partage-t-elle.

L’école s’attend à recevoir une réponse à ces correspondances dans les semaines et mois à venir.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

Madeleine Girard, bénévole dans le projet, a aidé Sylvie Binette à numériser les photos d’archives de l’École Émilie-Tremblay. « Un travail passionnant », rapporte-t-elle.

Photo : Sylvie Binette

Un projet minutieux

Un important travail de numérisation a été nécessaire avant de sélectionner les images utilisées pour les cartes postales.

Madeleine Girard, bénévole, a apporté son soutien. « Je veux vraiment remercier Madeleine Girard parce que, sans elle, on n’aurait pas pu réaliser tout ce qu’on a réalisé », reconnaît Sylvie Binette. « La bénévole a travaillé avec moi au moins 450 heures! »

Les deux femmes ont suivi une formation en ligne offerte par l’Institut canadien de conservation. « Nous avons aussi participé à un atelier de deux jours sur la numérisation offert par le Conseil des archives du Yukon », rapporte Mme Girard.

« La numérisation de photos exige que l’on sache préparer un plan de travail, créer des politiques, monter un manuel de ressources, développer des tableurs Excel et d’autres formulaires, et savoir-faire de la recherche », ajoute-t-elle. « Il faut aussi savoir comment sélectionner les meilleures photos, les manipuler sans les endommager, les cataloguer, les identifier, les numériser, et les entreposer. »

Ancienne infirmière, elle tient également à remercier Sylvie Binette qui lui a permis de vivre une expérience « très enrichissante et satisfaisante. »

« Je dois un gigantesque merci à Sylvie de m’avoir recrutée pour ce projet. Notre collaboration m’a permis de mieux connaître cette femme dynamique, fougueuse, chaleureuse, voyageuse, et amoureuse de la nature », confie-t-elle.

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